Archives pour la catégorie décès

Suicide à la gare de Toulon en 1884

Dans les années 1880 la presse aime bien décrire les suicides en donnant force détails sur leur déroulement. Il est plus rare de lire comment l’idée de mettre fin à ses jours a pu naître et mûrir chez un homme. C’est pourtant ce qu’on trouve dans Le Petit Niçois du jeudi 6 mars 1884. On pourra cependant s’étonner que personne n’ait cherché à aider le malheureux.

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Il s’endort en conduisant, Alpes-Maritimes 1884

Le Petit Niçois du mercredi 13 février 1884 rapporte un accident peu banal :

« Accidents. — Un très grave accident s’est produit lundi soir sur la route du Var.
M. Robert, commissaire de police du 4me arrondissement, était prévenu le soir vers 5 heures, par un garde-champêtre, qu’un cadavre gisait au milieu de la route du Var. Le docteur Guillabert, immédiatement mandé, se rendit sur les lieux avec M. Robert pour procéder aux constatations médico-légales.
L’identité du cadavre fut bientôt établie. C’est le nommé Pietro Bona, âgé d’environ 40 ans, sujet italien, au service de M. Honoré Teisseire, fabricant à La Colle, canton de Vence. déplacer
On eut bientôt la preuve que Bona avait été victime d’une imprudence. Quelques instants auparavant il avait été vu sur la route assis sur la charrette qu’il avait l’habitude de conduire. Il se laissait aller à la somnolence. Il s’était sans doute endormi et était tombé de son véhicule. Une des roues lui a passé sur le corps au- dessus des reins, broyé les côtes et la colonne vertébrale.
Le cheval qui traînait la charrette, connaissant parfaitement son chemin, a continué sa marche et il est rentré tout seul à la Colle.
Après les constatations d’usage, le cadavre a été transporté à la Morgue. »

La Colle-sur-Loup

Tir manqué, mais suicide réussi, Cannes 1883

Les lecteurs du Petit Niçois ont dû réfléchir à la fatalité en découvrant cet article dans leur journal du 17 décembre 1883 : Continue la lecture

Encore un accident de la route, Roquebrune 1883

Encore un accident de voiture : à qui en revient la faute ? Au cheval, bien sûr, comme peuvent le découvrir les lecteurs du Petit Niçois le mercredi 14 novembre 1883 : Continue la lecture

Tentative de suicide, Nice 1883

Parmi les innombrables suicides que rapporte le Petit Niçois, celui dont il offre le récit de la tentative le 7 octobre 1883 se signale par le lieu qu’a choisi la victime, le promontoire de Rauba-Capeù, qui sépare la Promenade des Anglais du port de Nice. Son nom,  qui veut dire « vole chapeau » est une allusion au vent violent qui souffle souvent en cet endroit.

« Une tentative de suicide a eu lieu hier, et heureusement n’a pas réussi au gré de la pauvre désespérée qui en a été l’héroïne.
Une jeune fille habitant rue du Marché s’est jetée dans la mer du haut des rochers de Rauba-Capeù. On l’a secourue assez vite pour la sauver. On nous raconte qu’avant de tenter de mettre fin à ses jours par ce moyen, celte malheureuse avait cherché à s’empoisonner et n’avait pu y réussir. Espérons que les souffrances causées par cette double tentative de suicide la détourneront de son noir dessein.
La cause de son désespoir serait un chagrin d’amour. »

Rauba-Capeù sur une carte postale ancienne.

Une femme étranglée devant ses enfants, Nice 1883

Dans Le Petit Niçois du jeudi 27 septembre 1883 les lecteurs peuvent découvrir le récit d’un horrible drame : Continue la lecture

Un accident de voiture en 1883, Alpes-Maritimes

Le 31 juillet 1883, les lecteurs du Petit Niçois peuvent lire le récit d’un accident qu’on aurait certainement pu éviter :

« Un grave accident est arrivé hier sur la route de Nice à Monaco.
M. Charles Kellermann et Mme C. A. avaient pris à Monaco la voiture n° 43 pour venir à Nice. Arrivés près de la gare de la Turbie, ils rencontrèrent une autre voiture qui suivait la même direction. Comme cela arrive trop souvent, les deux conducteurs cherchaient à se dépasser et une sorte de course s’engagea. Ce jeu devait avoir une triste issue !
Les chevaux de la voiture où se trouvaient M: Kellermann et Mme C. A. s’emballèrent et vinrent se jeter sur le parapet du pont Saint-Laurent.
Un des chevaux fut précipité au fond de l’escarpement ; il s’est tué sur le coup. L’autre cheval a été retenu par le parapet, mais le choc a été si violent qu’il a une épaule enfoncée.
Le cocher a été blessé assez gravement à la jambe. Quant aux deux voyageurs, ils en ont été quittes pour la peur. La voiture est en pièces.
Ce que nous ne devons pas passer sous silence, c’est la conduite blâmable du conducteur de l’autre voiture, lequel a continué sa route vers Nice, sans donner aucun secours aux malheureuses victimes de cet accident. M. Kellermann et sa compagne ont dû regagner Monaco à pied. »

La Turbie sur une carte postale ancienne.

Deux morts ordinaires, Alpes-Maritimes 1883

Deux morts sans lien aucun, mais dont le rapprochement fortuit dans deux articles contigus du Petit Niçois paru le 13 avril 1883 invite à s’interroger sur ce qu’a pu être l’existence de certains êtres, bien loin des images de luxe tranquille attachées à la Côte d’Azur : Continue la lecture

La marmite qui tue, Alpes-Maritimes 1883

Le Petit Niçois du 12 avril 1883 rend compte des séances de la cour d’assises et le fait divers qui occupe l’une d’entre elles n’est pas sans rappeler à nouveau les romans naturalistes de l’époque dont on retrouve bien des éléments : l’ivrognerie du mari, la mésentente conjugale, la singularité de l’épouse, l’implication des enfants dans les drames des adultes et une violence qu’on ne contrôle plus. L’histoire se déroule à une vingtaine de kilomètres de Nice, dans un village qui compte alors un peu plus de 300 habitants : Continue la lecture

Encore le feu, Nice 1883

La mode du réalisme qui domine la littérature de ce temps-là conduit les journalistes à donner les détails les plus crus notamment quand ils relatent un suicide, aussi pour satisfaire la curiosité des lecteurs. On s’en rend compte en lisant le récit suivant dans le Petit Niçois du 2 mars 1883 :

« Affreux suicide — Une jeune fille de notre ville s’est suicidée d’une façon terrible.
Cette malheureuse était âgée de 17 ans à peine. Elle était employée dans un magasin de mercerie de la rue de la Préfecture. Mercredi, elle se rendit dans la banlieue de Nice, et là, cherchant un endroit écarté où l’on ne pût la déranger dans ses horribles préparatifs, elle enduisit ses vêtements de pétrole. Elle en but même une certaine quantité. Puis elle mit le feu à sa robe.
En un moment, elle était entourée par les flammes. Un passant, qui aperçut le feu, accourut et se précipita sur l’infortunée pour essayer de la sauver. Ramenée chez elle, elle y est morte dans d’affreuses souffrances.
On ignore les causes de ce suicide que l’on attribue cependant à des peines d’amour. »

Le suicide par le feu est déjà évoqué sur ce blogue dans Suicide par le pétrole, Cagnes-sur-Mer 1882.