Archives pour la catégorie accidents

Tué par les pois chiches, Uzès 1896

L’Éclair, un quotidien de Montpellier, relate dans son numéro du 1er janvier 1896 un banal accident du travail comme il y en a tant, survenu dans le Gard, mais son intérêt est de révéler des traits d’une époque : Continue la lecture

Trampolino tragique, Montpellier 1771

Un triste accident relaté par les Annonces, affiches et avis divers de Montpellier dans leur numéro du 9 septembre 1771 et qui se passe de commentaire :

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Il se tue en tombant du clocher, Nice 1723

Un acte de sépulture daté de 1723 trouvé dans les registres de Sainte-Réparate, la cathédrale de Nice, qui relate un accident du travail apparemment banal, mais soulève quelques problèmes, à commencer par sa longueur, car il occupe quatre lignes alors que les actes du même registre, qui concernent tous des décès,sont expédiés en une seule ligne. Continue la lecture

Deux soldats espagnols tués par la foudre, Nice 1744

Le 13 avril 1744, une armée espagnole occupe Nice ; le lendemain même un accident assez rare frappe deux de ses soldats : Continue la lecture

#ChallengeAZ 2015 Le clocher s’effondre sur les fidèles : cent morts.

Toujours à l’affût de mentions insolites, j’ai été assez surpris de rencontrer celle-ci dans les registres paroissiaux de Gignac, bourgade de l’Hérault où vécurent quelques uns de mes ancêtres : « Le huitième du mois de décembre [1738] sont cent tous ceux qui moururent sous la ruine de la chute du clocher ; dans l’original à la fin du registre de 1738. » Continue la lecture

Accident de la circulation en 1780

Dans le registres de la paroisse Sainte-Hélène de Nice, un acte de sépulture évoque un fait divers qui amène, dans sa tragique simplicité, à quelques réflexions : Continue la lecture

Baignade tragique en 1727

Nouvelle halte à Ceyras (Hérault) pour la lecture d’un drame : un acte de sépulture évoque la mort accidentelle de deux jeunes frères. Continue la lecture

Un suicide en 1718 ?

Probablement plus rare sous l’Ancien Régime que de nos jours et interdit par le christianisme, le suicide a rarement laissé  des traces dans les registres paroissiaux. Il arrive cependant qu’on soit amené à se poser la question de sa présence en lisant certains actes, par exemple celui-ci, trouvé dans les registres de Ceyras, village de l’Hérault déjà évoqué sur ce blog :

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Un mort dans le ruisseau, 1766

Un acte de sépulture trouvé dans les registres de Saint-André-de-Sangonis, dans l’Hérault à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Montpellier révèle un drame campagnard et surtout amène à se poser des questions.

« L’an que dessus [1766] et le vingt-quatre novembre a été enterré Antoine
Pascal trouvé le jour d’hier mort dans le ruisseau de Rives Prés
vis-à-vis la métairie de sieur Leotard enterré après les formalités
faites en tel cas par la justice âgé d’environ soixante-cinq ans
présents les soussignés »

On peut évidemment se demander quelle est la cause de cette mort : noyade ? Antoine Pascal a-t-il essayé de traverser le ruisseau à gué ? Était-il en train de pêcher ? Se livrait-il à une activité quelconque sur la berge ? A-t-il été pris d’un malaise qui aurait entraîné sa chute dans le cours d’eau ?  Ou bien a-t-il été assassiné ? Quelles conclusions la justice de l’époque a-t-elle pu tirer ?
Saint-André de Sangonis et sa région sur la carte de Cassini.
On peut y voir le ruisseau de Rives Prés, qui traverse Saint-André
et se jette dans le fleuve Hérault qui traverse la carte du nord au sud.
Clermont de Lodève s’appelle aujourd’hui Clermont-l’Hérault.
Remarquer le curieux rapprochement de toponymes « Ste-Brigite Suce« .

Asphyxié en nettoyant un puits, Nice 1795

Un acte de décès établi à Nice en 1795 relate une de ces tragédies qui introduisent l’horreur dans des occupations banales et qu’on classe dans la rubrique des accidents du travail.

    « Aujourd’hui vingt-six ventôse an trois de la République
    une et indivisible à trois heures de relevée nous
    Gaëtan Lanciarès officier public soussigné
    savoir faisons que d’après le procès-verbal qui
    nous a été transmis cet après-midi dressé par
    le citoyen Negrin juge de paix de la sixième &
    septième section de cette commune en date de ce
    jour résulte avoir été trouvé hors la porte
    République dans la maison du citoyen Guide
    proche d’un puits un cadavre qu’ayant fait
    demander plusieurs personnes afin de nous
    déclarer s’ils avaient connaissance de son nom,
    de la cause de sa mort les mêmes auraient
    dit que ledit cadavre s’appelle Joseph
    Rasteu dit Carmeo maître maçon époux de
    Rose âgé de quarante et un ans natif & domicilié
    en cette commune & que la cause de sa mort
    était parvenue de ce que en nettoyant un
    puits les mauvaises odeurs qui tramandoient
    les eaux du même l’avaient suffoqué & ayant
    fait tout le possible pour le tirer dudit
    puits, ce qui leur aurait réussi
    lorsque était déjà mort. De quoi tout
    avons dressé le présent acte pour constater
    la mort du susdit. Fait à la maison
    commune de Nice le jour, mois, & an ci-dessus.
                             Lanciares Officier Public »

Cet acte enregistre le rapport d’un juge de paix sur un accident survenu le jour même, 16 mars 1795 : un maçon entreprend de nettoyer un puits ; il est asphyxié par des émanations ; les gens du quartier s’aperçoivent de son malaise et le tirent hors du puits ; mais quand ils y parviennent le malheureux est déjà mort.
Un puits à Nice au XIXème siècle,
S. Reynolds Hole Nice and her neighbours

Ce genre d’accident est encore fréquent de nos jours et un site d’information algérien, Algérie1.com, rapporte un drame semblable survenu le 12 septembre 2014 : « Bouira : 4 membres d’une même famille périssent asphyxiés dans un puits. »
Par ailleurs on trouve un mot insolite dans cet acte : « les mauvaises odeurs qui tramandaient ». Ce verbe « tramander » ne figure dans aucun dictionnaire. L’officier public a fabriqué un mot à partir du verbe niçois mandà, qui signifie « envoyer, exhaler » et du préfixe italo-latin tra– « à travers » pour désigner les émanations qui s’exhalaient du puits.

Enfin Joseph Rasteu était marié depuis 1781 avec une certaine Rose Pastor. Or, au moment du drame, celle-ci attend un enfant qui naîtra quatre mois plus tard, le 10 juillet 1795 et recevra le prénom de Jean César.

L’acte de baptême de Jean César Rasteu,
« filius postumius Josephi »,
cathédrale Sainte-Réparate de Nice.