Archives pour la catégorie meurtres

Attentat à la bombe à Nice en 1889 : un mort

Le jeudi 12 septembre 1889, Le Petit Nicois relate dans un article une curieuse explosion qui a eu lieu la veille :

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Violée et tuée sur le canal, Frontignan 1770

Les Annonces, affiches et avis divers de Montpellier racontent le 9 juillet 1770 un triste événement qu’on saisira mieux si on le transpose de nos jours dans un wagon de RER, depuis le bateau où il a eu lieu : Continue la lecture

Une fillette homicide, Montpellier 1770 (fin)

Dès le 3 septembre les Annonces, affiches et avis divers publient la décision de la cour d’appel dans cette affaire la jeune meurtrière de treize ans a été condamnée à la prison à vie :

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Une fillette homicide, Montpellier 1770 (suite)

L’affaire n’en reste pas là et dès, le 12 août de la même année, les Annonces, affiches et avis divers rendent compte de la décision de justice prise à son encontre : Continue la lecture

Une fillette homicide, Montpellier 1770

L’enfant meurtrier est une figure assez rare, néanmoins récurrente, en particulier dans les pays anglo-saxons ; les Annonces, affiches et avis divers, hebdomadaire montpelliérain déjà présenté ici, rapporte un cas dans son numéro du 23 juillet 1770. Nous avons transcrit l’article tel qu’il est, respectant l’habitude qui remonte au XVIIe siècle d’écrire les mots considérés comme importants avec une majuscule. Il suit le récit d’une triple noyade dans le Lez, en effet les différents faits divers ne sont pas présentés dans des pavés bien séparés comme dans les journaux plus modernes, mais se suivent tous dans un seul article intitulé « Nouvelles intéressantes ». Continue la lecture

#ChallengeAZ 2015 I comme Infanticide

Tout généalogiste qui a parcouru des registres du XVIIIe siècle le sait : en ce temps-là un enfant sur deux n’atteignait pas l’âge de dix ans. Les actes de sépulture de ces petits êtres sont si nombreux qu’on n’y prête plus attention. Continue la lecture

#ChallengeAZ 2015 On a tué le boulanger

L’intérêt des registres paroissiaux est souvent de parler d’autre chose que d’état-civil et d’offrir ces mentions insolites qui donnent quelques aperçus de ce qu’a pu être la vie réelle de nos aïeux. Par exemple ce véritable fait divers qui s’est déroulé à Ceyras, aujourd’hui dans l’Hérault, un village de cinq cents habitants au XVIIIe siècle : Continue la lecture

Alerte aux Camisards

Les registres de la paroisse Saint-Joseph de Sète pour les années 1677 à 1721 contiennent un texte curieux, qui n’est pas un acte : Continue la lecture

Un soldat français abattu à Nice en 1795

Les armées d’occupation rencontrent souvent une opposition violente qu’on appelle terrorisme ou résistance suivant le côté où on se place. Bien avant la Wehrmacht ou l’U.S.Army, l’armée française a connu cette situation dans le Comté de Nice qu’elle a envahi en 1792.

« Aujourd’hui douze Messidor an trois de la République
une et indivisible à trois heures de relevée par devant
nous Charles Giraud officier public soussigné, après
le procès-verbal à nous envoyé par le Citoyen Gilli
juge de paix de la quatrième et cinquième section
de cette Commune, d’un assassinat qui s’est commis
le dix du courant au Vallon de Clues quartier de
St-Barthélémy sur la personne d’Antoine Martin
Gilibert âgé d’environ trente ans, natif de Chasterdon
district de Thiers, département du Puy-de-Dôme,
canonnier auxiliare dans la cent dix-septième
demi-brigade, par lequel il apparaît que ledit

juge de paix accompagné du Citoyen Risser
officier de santé de cette Commune qui après avoir
visité ledit cadavre a trouvé qu’il avait été tué
par un coup de balle qui lui emporta le cerveau
et le Citoyen Jean Quardalli canonnier dans la susdite
demi-brigade qui a été examiné a déclaré être
avec ledit Antoine Martin Gilibert lorsqu’il fut assassiné
et qu’au moment qu’il tomba mort il s’échappa, avoir
ensuite interrogé plusieurs personnes du quartier qui ont
tous déclaré ignorer comment s’était commis cet
assassinat de quoi tout nous avons dressé acte pour
servir et valoir et constater le décès dudit
Antoine Martin Gilibert. Fait à la Maison Commune
de Nice le jour, mois et an que dessus »

Reformuler les faits est facile : le 28 juin 1795, deux artilleurs français déambulent dans la campagne niçoise. Ils ne sont pas en patrouille, puisqu’ils ne sont que deux. Se promènent-ils ? Sont-ils en maraude à l’affût de quelque chose à voler, voire à manger, car ils sont mal nourris ? Ou bien vont-ils simplement prendre leur service ? En effet ces militaires ne sont pas encasernés mais logent en ville.
Un coup de feu, et l’un d’eux tombe, une partie du crâne emportée par le projectile. Le deuxième prend ses jambes à son cou. La victime est Antoine Martin Gilibert, originaire de Châteldon dans le Puy-de-Dôme. Le toponyme a été probablement mal entendu et mal orthographié dans l’acte d’état-civil, mais il est garanti par l’acte de sépulture établi à l’église paroissiale de Saint-Barthélémy :

« 28. Antonius Martinus Gilibert e loco Chateldon miles et an. 35 »
« 28 (juin 1795) Antoine Martin Gilibert du lieu de Châteldon, soldat et âgé de 35 ans. »

Son nom, tel qu’il apparaît dans son acte de baptême, est Martin Gilbert, auquel il a sans doute ajouté lui-même le prénom Antoine quand il s’est enrôlé. Fils d’un vigneron auvergnat, il est né et a été baptisé le 19 juin 1761.
Le meurtre a lieu à la campagne, même si le territoire est bel est bien celui de Nice : Saint-Barthélémy est une paroisse rurale et nos ancêtres qui y vivent sont qualifiés de contadini, « paysans », dans les registres. Nous avons d’ailleurs évoqué ce quartier dans l’article « Mourir à trois ans, 1818« . Mais c’est une campagne très peuplée et le coup de feu a dû être entendu par pas mal de gens. Par contre, quand le juge de paix mène son enquête, il ne peut relever aucun témoignage. L’omertà règne sans doute dans cette période violente.

Le vallon et le monastère de Saint-Barthélémy
par Hercule Trachel, XIXème siècle

 En 1795, les troupes françaises stationnées à Nice sont encore celles qui ont envahi le comté en 1792. C’est elles que Bonaparte va emmener en Italie l’année d’après. Pour l’instant elles survivent en pillant la région. Leurs exactions suscitent un mouvement de résistance, celui des Barbets, qui affrontent les Français tantôt seuls, tantôt aux côtés des austro-piémontais. Nous les avons évoqués dans un autre article, « Une fillette assassinée à Nice en 1795« , qui raconte une vengeance exercée sur un capitaine des Barbets en tuant sa fille le 12 avril 1795, deux mois et demi avant l’assassinat – ou l’exécution ? – de cet occupant français .

Tué d’un coup de quille à Sète en 1679

La vie de nos ancêtres n’ignorait pas la violence au quotidien, comme en atteste un acte de sépulture rédigé en 1679 dans la paroisse St-Joseph de Sète :

« Vidal Berau maître maçon a été assommé d’un coup de quille
le 24 février 1679 dans la maison de Jean Bosc habitant de ce
lieu a été enseveli dans le cimetière de la paroisse de St-Joseph présents
Simon Goudard et François Goudard habitants signé avec moi vicaire. »

Un meurtre brutal, dont la cause n’est pas précisée. Au vu des circonstances on peut écarter l’hypothèse d’un crime crapuleux. On penserait plutôt à une querelle mettant au prises des adversaires avinés. L’un d’entre eux, pris de fureur, s’empare de la première arme à sa portée, en l’occurrence une quille, et s’en sert pour fracasser la tête de son antagoniste.
Ce fait divers nous donne aussi quelques renseignements sur la vie à Sète en cette fin du XVIIème siècle.

D’abord il témoigne de la pratique du jeu de quilles, effectivement très ancienne ; et en ce mois de février les quilles doivent être rangées dans un coin de la maison.

Il est d’ailleurs possible que la victime, Vidal Berau, soit un locataire de ce Jean Bosc. La ville de Sète, fondée en 1666, est alors en pleine construction et la présence d’un maître maçon venu d’un endroit voisin n’a rien d’insolite.

Il faut enfin noter que l’inhumation a lieu le jour même de la mort de Vidal Berau : celui-ci a été « assommé » le 24 février et les actes de baptême qui précèdent et suivent cet acte de sépulture sont tous deux datés aussi du 24 février.

Un des deux témoins de l’acte, Simon Goudard, est lieutenant de justice ; quant au second, François Goudard, c’est mon Sosa 2086, mon ancêtre à la 12ème génération. Ce natif de Bouzigues, au bord de l’étang de Thau sur la rive sud duquel on a créé Sète, a été un des premiers habitants du nouveau port dont il est devenu procureur judiciaire ; preuve que la justice n’est pas restée étrangère à cette affaire.