MAIORES NOSTRI

Un âne enragé à Menton en 1886

jmg, · Catégories: Alpes-Maritimes, épidémies

L’accident se déroule à Menton et il est relaté dans Le Petit Niçois du 14 avril 1886, alors que Pasteur vient de mettre au point en 1885 son vaccin contre la rage. On redoute cette maladie, transmise en général par les chiens, voir les articles « Deux enragés, Nice 1883 » ou bien « Un chien abattu de dix-sept coups de fusil, 1882 ». Mais ici c’est un âne qui est le vecteur du mal et les victimes de ses morsures sont expédiées chez le savant qu’on qualifie de docteur bien que, comme on le sait, Pasteur ne fût pas médecin. La fin de l’article montre qu’on est déjà sensible aux retombées de l’événement sur le tourisme.

« Notre ville vient d’envoyer deux nouveaux pensionnaires au docteur Pasteur.
Il y a quelque temps la nommée V… remarquait que son âne paraissait malade ; néanmoins elle continuait à s’en servir.
L’ayant, un matin, conduit chez un maréchal-ferrant pour lui faire poser un fer, l’âne s’élança sur sa propriétaire, la mordit et, s’étant retourné, mordit aussi le forgeron au bras.
On pansa les blessures, sans attacher autre importance à ce fait. Mais, dans la suite, voyant que cette bête dépérissait chaque jour davantage et ne voulait pas boire, on appela le vétérinaire qui fit illico abattre l’animal, l’ayant reconnu enragé.
L’autopsie confirmant les premiers doutes, les victimes viennent de partir pour Paris se rendant au laboratoire de la rue d’Ulm.
Cet accident a notablement ralenti l’ardeur cavalcadeuse de nos étrangers, notamment des Anglais, que l’on rencontrait toujours en caravane à ânes sur nos routes et nos montagnes. »

Épizooties et épiphyties dans les Alpes-Maritimes en 1885

jmg, · Catégories: Alpes-Maritimes, épidémies

Après l’épidémie de choléra de 1884, on doit se soucier des maladies épidémiques qui touchent les animaux, ainsi que l’indiquent deux articles parus dans Le Petit Niçois du 10 mars 1885, sans oublier les ravages que cause aux vignes le phylloxéra :

(suite…)

Bac or not bac, Nice 1884

jmg, · Catégories: épidémies, Nice

Qu’est-ce qui inquiète les journalistes en ce mois de juillet 1884 où on énumère en première page du Petit Niçois paru le 7 l’identité des quatorze morts que le choléra vient de faire à Toulon, c’est-à-dire à cent kilomètres de Nice ? C’est la date du baccalauréat. Le ministère a apparemment du mal à se faire entendre et la décision appartient aux candidats et à leurs examinateurs, dans une ville où règne la peur du choléra :

« Baccalauréat. — Vendredi dernier nous annoncions que par décision ministérielle, en date du 2 juillet, les examens du baccalauréat, qui devaient avoir lieu en juillet, étaient remis au mois d’octobre.
Nous venons de recevoir la visite d’un groupe de jeunes candidats aux émotions du bachot. Tout a été changé, paraît-il, et les examens auront lieu aujourd’hui même à l’Hôtel-de-Ville. Cette façon de procéder à l’égard de nos potaches nous paraît étrange et nous nous faisons l’écho de leurs justes réclamations.
Nous espérons que MM. les examinateurs qui — puisqu’ils allaient quitter hier matin notre ville — ont été surpris eux aussi, de cette nouvelle décision, voudront bien tenir compte à nos jeunes candidats, de cette volte-face imprévue.
Au dernier moment on nous affirme que les épreuves du baccalauréat sont ajournées à nouveau à une date ultérieure. Qu’y a-t-il de vrai dans cette information ? Une fois pour toutes que l’on prenne une décision, que l’on fixe une date, et qu’on ne laisse pas plus longtemps dans l’incertitude, ces jeunes élèves déjà assez incertains sur le résultat des examens qu’ils vont subir. »

Une voleuse désinfectée, Nice 1884

jmg, · Catégories: épidémies, Nice

Le 6 juillet 1884 un article du Petit Niçois montre que non seulement la peur du choléra est toujours là, mais qu’elle induit le désir de se protéger du dehors, tout comme au temps de la peste de Marseille, où on avait exécuté un voyageur qui tentait d’entrer dans le comté de Nice, voir, dans l’article « 1720, la peste aux portes de Nice », l’acte de sépulture d’Andrea Chiavassa :

« Une voleuse désinfectée — La nommée Musso Rose, ayant doublé le cap de la quarantaine et venant de Marseille, a été arrêtée à Nice, sous l’inculpation de vol. Quoique se trouvant dans un état de parfaite santé, cette voleuse a été soumise à l’Hôtel-de-Ville, par mesure de précaution, à la fumigation. »

Rappelons la définition que donne Littré de la  fumigation : « Terme de médecine. Action d’exposer à des fumées, à des vapeurs le corps ou une partie du corps. Fumigations aromatiques, sulfureuses. »

Comment se protéger du choléra, Nice 1884

jmg, · Catégories: épidémies, Nice

Bien que Koch ait découvert en 1883 le bacille du choléra, on entend à Nice se défendre efficacement contre la maladie, dont une nouvelle épidémie accable l’Europe, se souvenant qu’en 1832 la ville avait été épargnée par la terrible épidémie grâce aux mesures prises par l’administration, qui n’était pas encore française. Le Petit Niçois donne donc dans un article du 30 juin 1884 un inventaire de ce qu’on peut faire pour éviter d’être touché par le choléra :

« Mesures de précaution contre le choléra. – Il faut éviter les excès de table, de boisson de nature. Ne pas boire trop froid, ne pas manger de fruits verts, de salades, quelle que soit votre constitution
Dès que vous verrez apparaître les premiers symptômes de diarrhée, faites venir un médecin. En attendant, vous pouvez prendre 10 gouttes de laudanum dans un demi verre d’eau sucrée.
Si le mal dégénère en cholera, il est essentiel que ceux qui soignent le malade isolent les déjections et les matières fécales. Il faut tuer les ferments organiques soit avec du phénol, du sulfate de fer, du sulfate de cuivre ou simplement du sublimé corrosif, qu’on peut se procurer partout. Les déjections ne pourront pas être, autant que possible, jetées dans les garde-robe, par mesure de prudence.
Le thé très chaud, coupé par moitié avec du rhum ou du cognac, est un préservatif très usité.
Il faut encore assainir les vêtements des gens atteints par le mal, les purifier, les soumettre à des fumigations.
Le mal réside encore dans l’air respirable ; l’aération est donc indispensable. »

On remarquera que, de façon empirique, on préconise certaines mesures qui sont réalistes, à côté de certains conseils, par exemple dans la dernière phrase, qui attestent que la théorie des miasmes a encore cours.

De plus le commerce essaie de profiter de la situation et y va se ses publicités dans le même numéro du  Petit Journal :

#ChallengeAZ 2016 C comme Cimetière des Bossus

jmg, · Catégories: challengeAZ, épidémies, Franche-Comté

J’ai beaucoup d’ancêtres du côté maternel dans cette petite région de la Franche-Comté qu’on appelle la Franche Montagne, entre rivière du Doubs et frontière suisse, notamment au Russey, un village que le malheur frappe comme ses voisins au début du XVIIe siècle. En effet, outre l’invasion des Français et des Suédois, il vit dans la menace de la peste. (suite…)

Une épidémie en Languedoc, 1770

jmg, · Catégories: épidémies, Languedoc, presse

Les Annonces, Affiches et Avis divers de Montpellier du 7 mai 1770 font état d’une épidémie qui décime au même moment Saint-Jean-de-Védas, un village dont le territoire est limitrophe de celui de Montpellier : (suite…)

Choléra à Pfaffenheim en 1855

jmg, · Catégories: Alsace, décès, épidémies

La recherche généalogique permet parfois de saisir des phénomènes démographiques, le plus évident étant la mortalité infantile sous l’Ancien Régime. Mais il arrive qu’on rencontre des événements plus ponctuels. Ainsi en parcourant les actes de décès établis à Pfaffenheim, un village viticole du Haut-Rhin, on est surpris par le très grand nombre de morts enregistrées en 1855. (suite…)

#ChallengeAZ 2015 N comme Negro

jmg, · Catégories: aïeux, challengeAZ, épidémies, Nice

Sous d’autres cieux il se serait appelé Lenoir ou Schwarz, mais Pietro Negro, mon Sosa 5122, a vu le jour à Nice le 13 octobre 1595 et on l’a baptisé  le même jour à la cathédrale Sainte-Réparate. (suite…)

Épidémie chez les enfants de Sète en 1683

jmg, · Catégories: enfants, épidémies, Sète
Sous l’Ancien Régime la mortalité infantile atteint des pourcentages effroyables : un enfant sur deux n’atteint pas l’âge de dix ans. Cette mort de l’enfant est si banale qu’il est rare d’en trouver la cause précise. Cependant un acte de sépulture établi à Sète en 1683 déclare exceptionnellement pourquoi des enfants sont morts.

« L’an de grâce 1683 les enfants de
Vincent, de Flavien et de la
fille de Pierre Long
ont été ensevelis dans le cimetière
de la paroisse de Sain-Louis
morts de la petite rougeole en foi de
ce ai signé »

Dans sa brièveté cet acte appelle quelques remarques, surtout sur ses lacunes : le vicaire Bousquet, dont on reconnaît la belle écriture n’a pas précisé le jour et le mois des obsèques. Il n’a pas noté non plus les prénoms des enfants ; ce sont ceux des parents qui tiennent lieu d’identité ; ne figure pas plus dans l’acte l’âge des petits défunts. Au fait, combien étaient-ils ? Ce n’est pas écrit ; trois au moins, mais rien n’indique qu’ils n’aient pas été plus nombreux.

Par contre la cause de ces décès est nommée : c’est la petite rougeole.

Le caractère contagieux de cette maladie infantile est déjà connu en cette fin du XVIIe siècle et le Dictionnaire de l’Académie française la définit ainsi en 1694 : “Sorte de maladie épidémique, qui vient communément aux enfans, & cause des rougeurs au visage, & par tout le corps.” (1694) Quant à l’expression de “petite rougeole”, souvent employée, elle ne désigne pas une forme particulière de l’affection, mais s’emploie simplement en fonction de l’âge des patients, comme l’écrit un traité de pédiatrie du XXe siècle : “La rougeole que l’on a qualifiée de petite rougeole chez les enfants du deuxième âge, à cause de sa remarquable bénignité,est comme la plupart des autres infections, fort grave chez le nourrisson.” (Dr G.Variot Traité pratique des maladies des enfants du premier âge 1921)

Quoi qu’il en soit, la rougeole aura été fatale à ces petits Sétois et on peut aussi se demander si le prêtre, en nommant la maladie, n’a pas voulu signaler d’une façon ou d’une autre le danger d’épidémie.