Archives pour la catégorie insolite

Un ancien de Waterloo

Peymeinade est un village du pays de Grasse qui, en 1886, compte 515 habitants. Le 25 janvier de cette année-là on y porte en terre deux vieillards presque centenaires dont le mari a combattu à Waterloo, comme le relate un article paru dans Le Petit Niçois du 26 janvier 1886 :

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Il trouve un dentier dans la rue

Dans la rubrique «  Actes de probité » Le Petit Niçois du 1er décembre 1885 rapporte le geste effectivement honnête d’un jeune garçon qui a dû être surpris par sa trouvaille :

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Du pain au cigare

Nice et la Corse sont toutes les deux françaises en 1885 et la douane qui inspecte les marchandises débarquées dans le port de Nice est une douane intérieure analogue à l’octroi. Or ses fonctionnaires détectent parfois de curieux trafics, ainsi que le relate Le Petit Niçois du 2 novembre 1885 :

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Une mauvaise farce, Nice 1885

Comment expliquer le geste absurde que rapporte Le Petit Niçois du 10 juin 1885? Est-ce que la qualité de courtisane de son auteur l’affranchit de toutes les règles? L’alcool, que l’article n’évoque pas, contribue-t-il à la libérer de toute inhibition?

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Des faits divers en plein été, Nice 1884

« Stultorum cavea mundus est », « le monde est une cage remplie d’insensés », disait Campanella. C’est bien l’impresssion qu’on a en lisant ces quatre articles parus à la suite dans Le Petit Niçois du 16 juillet 1884 :

« Suicide. — Hier vers 7 1/2 du matin, la nommée Camatte Catherine, âgée de 40 ans, concierge de la maison Bouchon, rue Cassini, n°22, étant allée chez son propriétaire qui demeure rue Dellile, n°7, au 4ème étage a profité du moment où celui-ci et sa famille étaient encore couchés pour entrer au salon et se précipiter par la fenêtre dans la rue.
La mort a été instantanée. Des rensei¬gnements recueillis, il résulta que cette malheureuse ne jouissait pas de la plénitude de ses facultés mentales. »

« Ivresse et bruit. — La nuit passée vers minuit, le nommé Bouttau Paul, a été arrêté pour ivresse, bruit, tapage nocturne et rébellion envers les gardiens de la paix. »

« Insolences prussiennes. — Avant-hier, vers sept heures du soir, le nommé Helmuck Antoine, photographe sujet allemand, a occasionné un certain désordre et rassemblement sur la place Saint-Dominique en criant : A bas la France ! Vive la Prusse ! À bas la police !
La foule s’assembla et allait faire un mauvais parti à cet individu, lorsque deux agents de la paix arrivèrent et mirent en lieu sûr cet insulteur qui paie l’hospitalité généreuse que la France lui offre par des gros mots et des injures.
Quand donc ces voleurs de pendules comprendront-ils qu’ils doivent le respect à la nation qui les abrite et les nourrit. »

« Accident. — Avant-hier, à 7 heures du soir, le nommé Rossi Joseph, sacristain à l’église de la Confrérie des Pénitents bleus, sise place Garibaldi, a jeté d’une maison n° 17, rue de Villefranche-Vieille, une paillasse remplie de paille de maïs, qui est tombée sur la nommée Croce Catherine, âgée de onze ans, et l’a culbutée par terre.
Dans sa chute, cette jeune fille a eu la jambe droite cassée.
Procès-verbal a été immédiatement dressé contre l’auteur de cet accident. »

Se débarrasser des pianos, Nice 1884

Le problème du bruit se pose déjà au XIXe siècle, comme le montre un article paru dans Le Petit Niçois du 22 mai 1884. Heureusement, dans le cas évoqué, d’astucieux ouvriers trouvent une solution :

« Un moyen pour se débarrasser du voisinage des pianos. — Les pianos sont parfois bien incommodants. Le matin, en vous éveillant, vous entendez tapoter sur le clavecin ; à midi, lorsque vous savourez votre moka, vous entendez encore votre voisine d’en face qui s’évertue à faire de la musique, sans paraître se douter qu’elle vous incommode profondément, le soir, en vous couchant, la gamme sempiternelle se fait entendre encore.
Voici un moyen radical pour faire taire l’instrument agaçant.
Des ouvriers travaillant dans un atelier donnant sur la cour d’une maison de notre ville, fatigués des études incessantes de leur voisine la pianiste, se donnèrent un beau jour le mot, et, quand l’instrument se fit entendre, il se mirent tous en chœur à siffler comme un aveugle qui joue désespérément de la clarinette. Ils firent un tel tapage, que leur concert inattendu incommoda au dernier des points la belle pianiste, qui crut bon de transporter son piano dans une pièce donnant sur la rue.
Là, elle peut monter et descendre ses gammes à son aise, sans ennuyer les ouvriers, qui, heureux de leur stratagème, ont repris gaiement leur travail. »

Une sortie de prison trop bien arrosée, Nice 1884

On peut lire dans Le Petit Niçois du 11 avril 1884 :

« Ivresse. — Le nommé Chapez Jean a été arrêté hier dans la rue de la Condamine pour ivresse et scandale. Cet individu était sorti le matin même de la maison d’arrêt. C’est pour fêter sa délivrance qu’il s’est mis dans l’état qui a amené son arrestation ! »

En ballon au-dessus de Nice en 1884

Sans doute à l’occasion de l’exposition universelle qui se tient alors à Nice et pas très loin de celle-ci puisque les départs ont lieu boulevard Gambetta, des ascensions en ballon dirigeable sont proposées à un public friand d’émotions. Sous le titre « Impressions de voyage » un journaliste raconte dans Le Petit Niçois du jeudi 24 janvier 1884 ce qu’il a vu une fois monté à 250 m au-dessus de la ville. La vue grandiose de Nice entre les Alpes et la Méditerranée ne l’a pas empêché d’ailleurs de remarquer sa jolie voisine de nacelle.

« EN BALLON
IMPRESSIONS de VOYAGE
Voilà quarante-huit heures à peine que le ballon captif de MM. E. Godard et Cie est installé dans l’enclos du boulevard Gambetta, et déjà le succès de l’entreprise ne fait plus de doute pour personne. Le ballon a-t-il à peine entrepris sa première ascension qu’une deuxième fournée de voyageurs est prête pour en opérer la deuxième et ainsi de suite, et les personnes qui ont monté une première fois ont un plus grand
désir encore d’accomplir un deuxième voyage. C’est qu’en effet rien n’est pins merveilleux que le ravissant spectacle qui s’offre an voyageur dès qu’il arrive à l’altitude de deux cent cinquante mètres. J’ai eu le plaisir de jouir de ce beau panorama et je me fais un devoir d’en faire part aux lecteurs du Petit Niçois.
Or donc, hier à deux heures et demie, M, Eugène Godard m’offrit fort gracieusement de faire partie du premier voyage, j’acceptai. J’avais pour compagnons de route six étrangers, dont une dame jeune et charmante et mes confrères H. Béon, administrateur du journal l’Exposition internationale de Nice et Albert Leroy, directeur du Monde Elégant.
L’ascension se faisait sous la direction de M. Louis Godard neveu, jeune aéronaute aussi intelligent que sympathique. Lorsque tous les préparatifs furent faits, M. Louis Godard donna le signal du dé¬part et nous nous élevâmes aussitôt dans les airs.
L’ascension se fit au son de la musique, sans la moindre secousse et si ce n’était le rapetissement graduel des objets, on ne s’apercevrait pas qu’on s’élève. Peu à peu, le panorama de la ville de Nice tout entière, avec ses rues, ses magnifiques boulevards, ses jardins d’une luxuriante végétation nous apparaît dans son ensemble. A mesure que le ballon s’élève, l’horizon s’agrandit ; au premier plan ce sont les mamelons du Château, de Cimiez, de la Mantega, de Gairaut, de Saint-Philippe, qui apparaissent; ensuite le Mont-Boron, le Mont-Gros et Palicon ; plus loiu les Alpes aux cimes couvertes de neige, au nord-ouest, comme un immense mastodonte, le roc de Saint-Jeannet paraît sortir du flanc des Alpes ; au sud l’immense nap¬pe de la Méditerranée reflétant les rayons du soleil.
Si nous regardons perpendiculairement sous nos pieds, le spectacle est étrange. Les maisons ressemblent à ces petits joujoux eu bois que nous livre la Suisse ; la gare à une serre de jardin, la voie ferrée à un ruban d’acier et les Arènes à un petit gâteau de Savoie; les arbres paraissent des brins d’herbe et les hommes des habitants de Lilliput.
Après une station de vingt minutes à une hauteur de 250 mètres, M. Louis Godard donne le signal de départ et la descente commence. Pas plus qu’en montant les voyageurs n’éprouvent la moindre secousse ni le moindre malaise. Cinq minutes après nous touchions le sol et M. Godard nous distribuait une médaille commémorative. Je ne saurais mieux décrire la satisfaction que j’ai éprouvée pendant ce voyage qu’en affirmant que je ferais bientôt une nouvelle ascension et j’engage mes chers lecteurs à suivre mon exemple.
H.-G. BON. »

Une vue aérienne de Nice.

Erreur de train, Monaco 1883

Dans le Petit Niçois du 8 décembre 1883 on découvre que tout le monde n’est pas encore familier avec les voyages en train : Continue la lecture

Les marrons qui tuent, Nice 1883

Le Petit Niçois du 20 novembre 1883 donne à lire le récit d’un accident peu banal :

« Asphyxie en plein air.— Hier à midi, une marchande de marrons établie sur le boulevard du Pont-Neuf s’affaissa soudain sur son étalage. On vint à elle et on constata que la fumée se dégageant de son fourneau l’avait à demi asphyxiée.
Des agents de police l’ont mise en voiture et conduite à son domicile, rue Saint-Joseph, 6, où elle est entourée de soins qui aideront vite à sa guérison. »

La Marchande de Marrons gravée par Beauvarlet d’après Greuze. Gallica=Bnf