Archives pour la catégorie insolite

En ballon au-dessus de Nice en 1884

Sans doute à l’occasion de l’exposition universelle qui se tient alors à Nice et pas très loin de celle-ci puisque les départs ont lieu boulevard Gambetta, des ascensions en ballon dirigeable sont proposées à un public friand d’émotions. Sous le titre « Impressions de voyage » un journaliste raconte dans Le Petit Niçois du jeudi 24 janvier 1884 ce qu’il a vu une fois monté à 250 m au-dessus de la ville. La vue grandiose de Nice entre les Alpes et la Méditerranée ne l’a pas empêché d’ailleurs de remarquer sa jolie voisine de nacelle.

« EN BALLON
IMPRESSIONS de VOYAGE
Voilà quarante-huit heures à peine que le ballon captif de MM. E. Godard et Cie est installé dans l’enclos du boulevard Gambetta, et déjà le succès de l’entreprise ne fait plus de doute pour personne. Le ballon a-t-il à peine entrepris sa première ascension qu’une deuxième fournée de voyageurs est prête pour en opérer la deuxième et ainsi de suite, et les personnes qui ont monté une première fois ont un plus grand
désir encore d’accomplir un deuxième voyage. C’est qu’en effet rien n’est pins merveilleux que le ravissant spectacle qui s’offre an voyageur dès qu’il arrive à l’altitude de deux cent cinquante mètres. J’ai eu le plaisir de jouir de ce beau panorama et je me fais un devoir d’en faire part aux lecteurs du Petit Niçois.
Or donc, hier à deux heures et demie, M, Eugène Godard m’offrit fort gracieusement de faire partie du premier voyage, j’acceptai. J’avais pour compagnons de route six étrangers, dont une dame jeune et charmante et mes confrères H. Béon, administrateur du journal l’Exposition internationale de Nice et Albert Leroy, directeur du Monde Elégant.
L’ascension se faisait sous la direction de M. Louis Godard neveu, jeune aéronaute aussi intelligent que sympathique. Lorsque tous les préparatifs furent faits, M. Louis Godard donna le signal du dé¬part et nous nous élevâmes aussitôt dans les airs.
L’ascension se fit au son de la musique, sans la moindre secousse et si ce n’était le rapetissement graduel des objets, on ne s’apercevrait pas qu’on s’élève. Peu à peu, le panorama de la ville de Nice tout entière, avec ses rues, ses magnifiques boulevards, ses jardins d’une luxuriante végétation nous apparaît dans son ensemble. A mesure que le ballon s’élève, l’horizon s’agrandit ; au premier plan ce sont les mamelons du Château, de Cimiez, de la Mantega, de Gairaut, de Saint-Philippe, qui apparaissent; ensuite le Mont-Boron, le Mont-Gros et Palicon ; plus loiu les Alpes aux cimes couvertes de neige, au nord-ouest, comme un immense mastodonte, le roc de Saint-Jeannet paraît sortir du flanc des Alpes ; au sud l’immense nap¬pe de la Méditerranée reflétant les rayons du soleil.
Si nous regardons perpendiculairement sous nos pieds, le spectacle est étrange. Les maisons ressemblent à ces petits joujoux eu bois que nous livre la Suisse ; la gare à une serre de jardin, la voie ferrée à un ruban d’acier et les Arènes à un petit gâteau de Savoie; les arbres paraissent des brins d’herbe et les hommes des habitants de Lilliput.
Après une station de vingt minutes à une hauteur de 250 mètres, M. Louis Godard donne le signal de départ et la descente commence. Pas plus qu’en montant les voyageurs n’éprouvent la moindre secousse ni le moindre malaise. Cinq minutes après nous touchions le sol et M. Godard nous distribuait une médaille commémorative. Je ne saurais mieux décrire la satisfaction que j’ai éprouvée pendant ce voyage qu’en affirmant que je ferais bientôt une nouvelle ascension et j’engage mes chers lecteurs à suivre mon exemple.
H.-G. BON. »

Une vue aérienne de Nice.

Erreur de train, Monaco 1883

Dans le Petit Niçois du 8 décembre 1883 on découvre que tout le monde n’est pas encore familier avec les voyages en train : Continue la lecture

Les marrons qui tuent, Nice 1883

Le Petit Niçois du 20 novembre 1883 donne à lire le récit d’un accident peu banal :

« Asphyxie en plein air.— Hier à midi, une marchande de marrons établie sur le boulevard du Pont-Neuf s’affaissa soudain sur son étalage. On vint à elle et on constata que la fumée se dégageant de son fourneau l’avait à demi asphyxiée.
Des agents de police l’ont mise en voiture et conduite à son domicile, rue Saint-Joseph, 6, où elle est entourée de soins qui aideront vite à sa guérison. »

La Marchande de Marrons gravée par Beauvarlet d’après Greuze. Gallica=Bnf

Un étrange visiteur, Nice 1883

Un article paru dans Le Petit Niçois du mardi 17 juillet 1883 nous rappelle qu’en ce temps-là les bouchers abattent eux-mêmes les bêtes dont ils proposent des morceaux à leurs clients. Ils continuent ainsi la tradition déjà vue au XVIIIe siècle dans « Un ancêtre, Pierre Alles,1750-1811 ». Cet article montre aussi que, sous le nom de bœuf, c’est bien cet animal qui est vendu et non pas de la vieille vache laitière. De plus rencontrer un bœuf échappé dans la rue n’est pas un phénomène si rare, puisque on l’a déjà raconté dans « Un bœuf sur le trottoir ». Enfin, on est en été et les portes sont partout laissées ouvertes, ce qui explique la facilité avec laquelle le bovin entre dans les différents commerces. Continue la lecture

Un accident mystérieux, Monaco 1883

Le jeudi 15 février 1883 les lecteurs du Petit Niçois découvrent un récit qui va du vaudeville au roman policier en passant par la tragédie : Continue la lecture

Tué par une chèvre, Alpes-Maritimes 1883

Tragique et insolite à la fois, la mort de ce jeune ouvrier sur un chantier au pied des montagnes dans les Alpes-Maritimes, telle que la raconte le Petit Niçois du 13 février 1883 : Continue la lecture

Un nageur ambitieux, Nice 1882

L’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, n’est qu’à 1300 mètres de la côte. Le Masque de Fer y a été incarcéré au XVIIe siècle. Mais l’atteindre à la nage doit quand même être un exploit sportif. C’est pourtant le rêve qu’a fait ce malheureux échappé de l’hôpital psychiatrique inauguré en 1867 près du vénérable couvent de Saint-Pons, d’où il tirait son nom. On peut lire le court récit de cette escapade dans le Petit Niçois du 17 novembre 1882. Continue la lecture

Fausse alerte, Nice 1882

On n’a pas attendu le téléphone pour mal se conduire comme le suggère un article du Petit Niçois paru le mercredi 11 octobre 1882 :

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Un cadavre mangé par des chats

Le Petit Niçois du 7 octobre 1882 rapporte une horrible histoire. Elle rappelle une anecdote déjà évoquée sur ce blog, où l’animal était différent, http://maioresnostri.eu/2016/03/un-lapin-ronge-un-enfant-herault-1870.html:

« Un cadavre mangé par des chats. — Ces jours derniers, une jeune nourrice, née à Perinaldo, et qui venait de Nice où on lui avait confié un enfant en bas-âge, a été arrêtée à Vintimille. Voici pourquoi :
Quelques jours après son arrivée à Vintimille, le pauvre petit qu’elle nourrissait vint à mourir. La nourrice ne donna aucun avis aux autorités pour l’acte de décès : elle ferma sa chambre et partit, abandonnant le petit cadavre.
Elle ne revint qu’après trois jours. Alors un horrible spectacle s’offrit à elle. Sur le petit corps, déjà en état de putréfaction, étaient accroupis de gros chats ; ils avaient dévoré le crâne et une partie du visage.
La justice apprit le fait, et ordonna immédiatement l’arrestation de la nourrice qui payera chèrement la faute d’avoir abandonné le petit cadavre et de n’avoir pas prévenu l’état civil, comme c’était son devoir.»

La colère des dieux, Alpes-Maritimes 1882

L’énoncé du fait divers rejoint parfois le récit mythologique : figure éternelle du forgeron, solitude du héros, simplicité du décor, symétrie du feu de la forge et de l’éclair, image extraordinaire de l’enclume tordue par la foudre, tout concourt à rapprocher cet article paru dans le Petit Niçois le 9 septembre 1882 d’un archaïque épisode poétique.

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