Archives pour la catégorie lieux

Une voleuse désinfectée, Nice 1884

Le 6 juillet 1884 un article du Petit Niçois montre que non seulement la peur du choléra est toujours là, mais qu’elle induit le désir de se protéger du dehors, tout comme au temps de la peste de Marseille, où on avait exécuté un voyageur qui tentait d’entrer dans le comté de Nice, voir, dans l’article « 1720, la peste aux portes de Nice », l’acte de sépulture d’Andrea Chiavassa :

« Une voleuse désinfectée — La nommée Musso Rose, ayant doublé le cap de la quarantaine et venant de Marseille, a été arrêtée à Nice, sous l’inculpation de vol. Quoique se trouvant dans un état de parfaite santé, cette voleuse a été soumise à l’Hôtel-de-Ville, par mesure de précaution, à la fumigation. »

Rappelons la définition que donne Littré de la  fumigation : « Terme de médecine. Action d’exposer à des fumées, à des vapeurs le corps ou une partie du corps. Fumigations aromatiques, sulfureuses. »

Un charivari qui tourne mal, Nice 1884

Le Petit Niçois du 1er juillet 1884 rapporte un fait divers en apparence banal, mais que le journaliste n’analyse pas dans sa profondeur.

« Tentative d’assassinat à la Magdeleine. — Dans la soirée de samedi, vers minuit, au quartier de la Magdeleine, une bande de jeunes gens faisaient un vacarme épouvantable sous les fenêtres du nommé Massa Antoine, qui s’était marié, dans la journée, avec une jeune fille du quartier.
Tout d’abord, le nouveau marié ne dit rien ; mais hier le vacarme ayant recommencé, il sortit furieux de son domicile armé d’un couteau, avec lequel il frappa le nommé Orselli Louis, qui fut atteint à la cuisse, Aux cris poussés par le blessé, le nommé Acquarone Pierre accourut à son secours. Mal lui en prit, car Massa, tournant sa fureur contre lui, lui porta un coup de couteau dans le ventre. Acquarone tomba grièvement blessé.
Après cet exploit, le coupable rentra chez lui où l’on ne tarda pas à venir l’arrêter. Le docteur Thaon, appelé en toute hâte pour donner des soins au blessé, a constaté que la blessure reçue par Acquarone était mortelle. »

Schématisons les circonstances : Massa, qui est veuf et, d’après l’état-civil se prénomme Michel, est âgé de 36 ans. Son épouse, Pauline Bonifassi, a 24 ans. Leur nuit de noces est perturbée par le tapage dû à une bande de jeunes gens. On est donc devant un typique charivari.
Rappelons la définition qu’en donne Littré : « Concert ridicule, bruyant et tumultueux de poêles, de chaudrons, de sifflets, de huées, etc. qu’on donne en certaines localités aux femmes veuves et âgées et aux veufs qui se remarient, et aussi à des personnages qui ont excité un mécontentement. »
Le veuf qui se remarie avec une jeune fille est victime du charivari par ce qu’il dérobe une épouse à une classe d’âge qui n’est pas la sienne.

Comment se protéger du choléra, Nice 1884

Bien que Koch ait découvert en 1883 le bacille du choléra, on entend à Nice se défendre efficacement contre la maladie, dont une nouvelle épidémie accable l’Europe, se souvenant qu’en 1832 la ville avait été épargnée par la terrible épidémie grâce aux mesures prises par l’administration, qui n’était pas encore française. Le Petit Niçois donne donc dans un article du 30 juin 1884 un inventaire de ce qu’on peut faire pour éviter d’être touché par le choléra :

« Mesures de précaution contre le choléra. – Il faut éviter les excès de table, de boisson de nature. Ne pas boire trop froid, ne pas manger de fruits verts, de salades, quelle que soit votre constitution
Dès que vous verrez apparaître les premiers symptômes de diarrhée, faites venir un médecin. En attendant, vous pouvez prendre 10 gouttes de laudanum dans un demi verre d’eau sucrée.
Si le mal dégénère en cholera, il est essentiel que ceux qui soignent le malade isolent les déjections et les matières fécales. Il faut tuer les ferments organiques soit avec du phénol, du sulfate de fer, du sulfate de cuivre ou simplement du sublimé corrosif, qu’on peut se procurer partout. Les déjections ne pourront pas être, autant que possible, jetées dans les garde-robe, par mesure de prudence.
Le thé très chaud, coupé par moitié avec du rhum ou du cognac, est un préservatif très usité.
Il faut encore assainir les vêtements des gens atteints par le mal, les purifier, les soumettre à des fumigations.
Le mal réside encore dans l’air respirable ; l’aération est donc indispensable. »

On remarquera que, de façon empirique, on préconise certaines mesures qui sont réalistes, à côté de certains conseils, par exemple dans la dernière phrase, qui attestent que la théorie des miasmes a encore cours.

De plus le commerce essaie de profiter de la situation et y va se ses publicités dans le même numéro du  Petit Journal :

Un enfant maltraité, Cannes 1884

Le Petit Niçois du 23 juin 1884 raconte l’histoire d’un jeune fugueur qui se passe de commentaire :

« Dimanche dans la soirée, le jeune François Chaix, âgé d’environ douze ans, de Saint-Martin-Lantosque, a été trouvé par le concierge de l’hôtel du Louvre, abandonné et pleurant sur la voie publique.
Cet enfant, qui est orphelin, a déclaré qu’il était resté plusieurs années avec ses parents nourriciers, mais qu’il avait dû les quitter à cause des privations et des mauvais traitements de toutes sortes qu’ils lui faisaient subir.
Il a été recueilli par les soins de la police. »

Fanatisme catholique, Nice 1884

Quand on évoque la loi de 1905, on a tendance à oublier que le fanatisme catholique se manifestait souvent et parfois sous des formes exacerbées, comme dans cet incident que relate le Petit Niçois du vendredi 20 juin 1884. La procession dont il est question est celle de la Fête Dieu qui se célébrait un jeudi soixante jour après Pâques.

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Des scaphandriers à Nice en 1884

À cette époque beaucoup de lecteurs ignorent probablement ce qu’est un scaphandrier et, sans photo, le seul moyen qui s’offre au journaliste est la description, comme celle-ci, qui est un article du Petit Niçois du 19 mai 1884 :

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Un percepteur grincheux, Nice 1884

À l’époque de Courteline, la critique d’une administration publique et des petits tracas qu’elle impose au citoyen n’a rien d’insolite. Mais Le Petit Niçois dans un article du 15 mai 1884 va plus loin et assigne à d’obscures intentions antirépublicaines le comportement d’un fonctionnaire qui souhaiterait ainsi rendre impopulaire le régime qu’il représente :

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Alerte au phylloxéra, Grasse 1884

Dans les années 1870- 1880 le phylloxéra, redoutable parasite de la vigne, investit la majeure partie du vignoble français, provoquant la ruine de nombreux viticulteurs ainsi parfois que leur révolte. Le Petit Niçois du 5 mai 1884 dénonce l’arrivée de l’insecte dans les Alpes-Maritimes :

« Phylloxéra. – Le Commerce de Grasse donne une mauvaise nouvelle pour nos vignobles. La présence du phylloxéra a été constatée au quartier des Aspres, près de Grasse dans les plantiers de divers propriétaires. Les taches y sont très étendues et invasion a pris un caractère de gravité des plus fâcheux. Il est à craindre, en outre, que de ce point le maudit puceron ne gagne bientôt les riches vignobles de la plaine de Saint-Antoine. Aux propriétaires de redoubler de vigilance. »

Arrêté pour des artichauts

En cette fin du XIXe siècle, on a l’arrestation facile et on ne se prive pas de mettre sous les verrous le premier pauvre hère chez qui on pourra trouver quelque chose à reprocher, ainsi qu’en témoigne un article paru dans Le Petit Niçois du 1er mai 1884 :

« Arrestation – Ce matin, vers 1 heure, le nommé Fourcy Charles, âgé de 23 ans, terrassier, qui a été trouvé porteur d’un vase d’œillets et de plusieurs artichauts, objets dont il n’a pu justifier la provenance, a été pris en état d’arrestation. »

Quiproquo, Nice 1884

Le Petit Niçois du 8 avril 1884 rapporte comment une scène de comédie peut cacher un drame : Continue la lecture