Archives pour la catégorie Alpes-Maritimes

Tué par une chèvre, Alpes-Maritimes 1883

Tragique et insolite à la fois, la mort de ce jeune ouvrier sur un chantier au pied des montagnes dans les Alpes-Maritimes, telle que la raconte le Petit Niçois du 13 février 1883 : Continue la lecture

Conserver le gibier en 1881

C’est la saison de la chasse et quand le chasseur a bien rempli sa gibecière un problème se pose à lui : de quelle façon conserver le gibier ? On est en 1881 ; heureusement le Petit Niçois du 17 octobre donne des conseils avisés sur la question :

« Pour conserver le gibier. — Plusieurs moyens sont préconisés pour conserver le gibier, voici les principaux :
On recommande d’introduire des morceaux de charbons.de bois dans l’abdomen du gibier à ia place des intestins ; quoique le charbon soit un désinfectant nous doutons qu’il soit efficace pour ce cas.
En enveloppant le gibier, dans des plantes fraîches, des orties de l’herbe on empêche l’accès de la température extérieure et on retarde sa décomposition.
Voici un procédé beaucoup meilleur :
On place simplement les pièces à. conserver, lièvres, lapins, perdrix, cailles, etc., dans un tonneau rempli d’avoine, de blé, d’orge ou de millet en ayant soin que les pièces ne se touchent pas et qu’elles soient éloignées des bords et du fond du tonneau.
On peut ainsi dans un moment de chasse abondante conserver des provisions pour les jours de malchance. »

Bon appétit !

Scène de retour de chasse dans les Maures vers 1900
photographiée par Luce, Archives Départementales des Alpes-Maritimes.

Dévouement d’une servante, Cannes 1883

Les domestiques, plus nombreux que les ouvriers, constituent au XIXe siècle un innombrable prolétariat dont les romanciers – Flaubert, les Goncourt, Maupassant – ont souvent raconté le destin. Mais il arrive aussi que les faits divers aillent plus loin que l’imagination des écrivains, comme on peut le lire dans cet article du Petit Niçois paru lundi 12 février 1883 : Continue la lecture

Un accident domestique en 1882

Il y a toujours eu des accidents domestiques et leur nature change suivant les avancées du progrès, comme le suggère un article du Petit Niçois paru samedi 25 novembre 1882 :

« Du danger des lampes à pétrole. – Notre correspondant de Roqiebillière nous écrit :
Aujourd’hui ont eu lieu, à Roquebillière, les obsèques de la demoiselle Corniglion Anne-Marie, à peine âgée de 18 ans, victime, il y a peu de jours, d’un bien malheureux accident.
Cette jeune fille, domestique chez la veuve F…, voulant éteindre une lampe à pétrole, mit feu, on ne sait comment, au récipient, qui éclata, projetant sur la malheureuse le liquide enflammé.
En un instant elle fut enveloppée de flammes ; aux cris poussés par la pauvrette, les secours arrivèrent aussitôt.
Néanmoins, malgré les soins prodigués, elle ne put survivre aux brûlures reçues.
Les habitants, s’associant à la douleur de la famille, ont voulu accompagner jusqu’à sa dernière demeure l’infortunée, qui jouissait de la sympathie générale. »

Affiche de Jule Chéret, Gallicz-BnF

Découverte et identification d’un squelette, Alpes-Maritimes 1882

Le 25 octobre 1882, le Petit Niçois rapporte un de ces faits divers qui renseignent mieux sur une société que les grands faits historiques :

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Suicide par le pétrole, Cagnes-sur-Mer 1882

Le 11 juin 1963 à Saïgon un moine bouddhiste vietnamien se fait arroser d’essence par ses acolytes et craque une allumette. D’autres bonzes l’imiteront par la suite. Mais ils ne sont pas les premiers à choisir cette façon spectaculaire de tirer sa révérence : voici ce qu’on peut lire dans le Petit Niçois du 6 octobre 1882 :

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La colère des dieux, Alpes-Maritimes 1882

L’énoncé du fait divers rejoint parfois le récit mythologique : figure éternelle du forgeron, solitude du héros, simplicité du décor, symétrie du feu de la forge et de l’éclair, image extraordinaire de l’enclume tordue par la foudre, tout concourt à rapprocher cet article paru dans le Petit Niçois le 9 septembre 1882 d’un archaïque épisode poétique.

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Des souvenirs pour les touristes, Menton 1882

On a beau dire, les boutiques de souvenirs made in China qu’on trouve actuellement sur les sites touristiques ont au moins une utilité, qui est de détourner les visiteurs de se servir eux-mêmes, comme le suggère un article du Petit Niçois paru le 13 septembre 1882.

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Mauvais goût

Dans cet article qui paraît vendredi 1er septembre 1882, le journaliste du Petit Niçois a l’air de croire à des farces de très mauvais goût commises par des jeunes gens, mais, à y réfléchir, n’aurait-on pas plutôt ici l’expression d’une solidarité de classe d’âge ?

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Violences faites aux femmes, Alpes-Maritimes 1882

Ce blog évoquait récemment un triste fait divers où une femme recevait des coups devant un public approbateur, voir « Scène de bal, Nice 1882 ». Ces violences sont endémiques, comme le montrent deux articles parus le même jour, dimanche 9 juillet 1882, dans Le Petit Niçois. Le premier évoque une tentative de meurtre qui a lieu dans un quartier résidentiel de Nice, le second relate un homicide commis à Cannes.

« Un crime abominable a été commis hier vers 8 heures du soir, dans l’avenue Villermont.
Un homme a donné trois coups de couteau à sa femme, nous ne savons encore pour quel motif.
Cette malheureuse, dont l’état est très grave, a été enlevée difficilement des mains de ce forcené qni voulait l’achever. La victime a été transportée à la pharmacie Guilasci, avenue de la Gare, où elle a reçu les premiers soins, puis à l’hôpital Saint-Roch.
Le coupable a été arrêté et conduit sous bonne escorte en prison. »

« Tuée à coups de battoir. — Une dépêche que nous recevons de Cannes, nous raconte un drame qui vient de se passer dans cette ville :
Le nommé Ferrand, cocher, ancien conducteur des voitures d’Antibes, ayant surpris sa femme en flagrant délit d’adultère, l’a tuée, en l’assommant à coups de battoir, instrument dont se .servent les blanchisseuses.
Après avoir consommé son crime, le coupable s’est rendu de lui-même à la justice ».

On trouve encore des précisions dans le numéro suivant, le 10 juillet, où on apprend notamment que le premier des deux crimes est dû aussi à la jalousie, ce qui en ce temps-là valait des circonstances atténuantes devant les Assises.

« L’attentat de l’avenue Villermont. — L’auteur de l’attentat criminel de l’avenue Villermont, raconté dans notre numéro d’hier, se nomme Ruffi Antoine. C’est un journalier d’origine italienne, âgé de 36 ans, qui venait de Vallauris. C’est avec un poinçon de cordonnier qu’il a porté à sa femme les coups qui lui ont fait à la tête les blessures graves dont nous avons parlé.
La jalousie est le mobile du crime.
On assure que cette femme avait quitté depuis quelque temps le domicile conjugal pour se livrer à la débauche. »

« Le drame de Cannes. — De nouveaux renseignements nous sont donnés au sujet, du drame qui s’est passé à Cannes et que nous racontions hier.
Après l’attentat, la femme Ferrand a été transportée en son domicile où elle fut soignée par le docteur Lange, qui aurait constaté qu’elle avait reçu cinq coups sur la tête et un à l’annulaire de la main gauche. »