Archives pour la catégorie Alpes-Maritimes

Épaves en Méditerranée, 1885

La Méditerranée peut être très belle certes, mais il arrive aussi qu’elle charrie de bien horribles reliques ainsi que le rapporte Le Petit Niçois du 21 septembre 1885 :

« Épaves. – L’autre jour, les marins montant le vaisseau le Suffren ont aperçu un cadavre flottant dans les eaux du Golfe-Juan. L’amiral commandant la flotte a fait recueillir ce corps, qui a été amené à terre enveloppé dans une toile.
Les constatations légales ont été faites par M. le docteur Raymond, accompagné des commissaires de police d’Antibes et de Vallauris.
Tout d’abord on croyait à une victime de la Ville-de-Malaga, mais il a été reconnu que la mort remontait à environ trois mois.
Il y a trois jours, un bœuf, provenant de ce naufrage est venu échouer à Juan-les-Pins ; la municipalité d’Antibes l’a fait brûler immédiatement, à l’aide de pétrole et de fagots de bois. »

Le Ville-de-Malaga est un bateau à vapeur qui a fait naufrage entre Gênes et Nice le 7 septembre 1885. Une cinquantaine de personnes ont été victimes de la catastrophe, ainsi que 110 bœufs que le navire emportait dans ses cales. On soupçonne le mauvais arrimage de ces animaux d’être la cause du naufrage.

Un squelette sous le boulevard, Menton 1885

Dans Le Petit Niçois du 25 août 1885 on peut lire la macabre trouvaille que font des terrassiers à Menton sur le boulevard de Garavan qui, « long de 3 kilomètres, bordé de poivriers et de caroubiers, conduit de la frontière à la vieille ville » (d’après le site officiel de la ville). Les derniers mots de l’article montrent bien que le journaliste subodore l’appartenance archéologique des restes humains qu’on a découverts, mais apparemment leur examen n’ira pas plus loin. Voir sur ce blog « C’était avant l’INRAP, Nice 1884, NICE 1884″.

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Horrible découverte, Cannes 1885

Les faits sont horribles, certes, mais on ne peut qu’être étonné par l’abondance de détails propres à satisfaire une certaine curiosité que donne le journaliste dans cet article du Petit Niçois le 13 août 1885 :

«                                                 CANNES
Viol suivi d’assassinat.
– Un crime horrible vient d’être commis à Cannes. Une petite fille de onze ans a été assassinée, et l’enquête a établi qu’elle avait dû subir les derniers outrages avant sa mort.
Cette petite fille nommée Catherine Schiano, demeurait avec ses parents rue du Pré, à Cannes. Samedi, elle était sortie à 7 heures pour porter un paquet de linge à sa sœur aînée qui lavait au pont Grand-Val.
La grande sœur l’attendait. Mais ne la voyant pas arriver, elle vint à sa rencontre : elle trouva le linge près du portail de la villa Geoffray.
Elle appela sa sœur, la chercha aux environs mais en vain. La famille alla avertir la police de cette disparition. Les recherches des parents et de la police sur le bord de la mer et dans les environs de l’endroit où la petite Catherine avait laissé le paquet de linge, restèrent sans résultat tout le samedi, tout le dimanche, et le lundi dans la matinée et dans l’après-midi.
Mardi seulement, vers 6 heures da soir, deux passants, sentant une forte odeur de pourriture, se sont approchés d’un fourré d’acacias et ont trouvé le cadavre que les vers commençaient à ronger.
La pauvre enfant était étendue à terre, le visage déchiré au pied d’un mur hérissé de morceaux de verre, dans un fourré de petits acacias, vers le talus du chemin de fer, à cent mètres à peine du pont en bois du Riou, boulevard du Midi.
Le corps a été gardé toute la nuit par la gendarmerie et la police, en attendant la descente du parquet de Grasse et l’autopsie du médecin.
Le parquet de Grasse est arrivé dans la soirée. L’autopsie faite par M. le docteur Roustan a démontré qu’il y a eu viol perpétré sur l’enfant, qui a été ensuite étouffée et jetée par-dessus le mur. La mort paraît remonter à trois jours.
Le misérable auteur de ce crime est activement recherché. »

Le pont du Riou à Cannes en 1907.

Pénurie, Alpes-Maritimes 1885

On nous annonce de possibles pénuries d’électricité l’hiver prochain. Au XIXe siècle sévissent déjà des pénuries, bien plus modestes certes, mais tout aussi pénibles, comme le raconte Le Petit Niçois du 4 juin 1885 :

«                       SOSPEL
On nous écrit de Sospel :
Un fait singulier est arrivé à Sospel.
Il y a quelques jours, on a fait le tour de la ville et on est resté plus de 3 heures sans pouvoir trouver des allumettes.
Débitants de tabacs, épiciers, tout le monde en était dépourvu.
Ce fait a eu ses conséquences : Bichette est morte parce que faute d’allumettes on n’a pu lui faire à temps l’infusion qui pouvait la sauver.
Pauvre chienne, va ! »

Des sauveteurs pas très malins, Alpes-Maritimes 1885

Le Petit Niçois du 29 mai 1885 raconte l’ingénieuse tentative de sauvetage d’un malheureux en train de se noyer :

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Trois suicides, Alpes-Maritimes 1885

Avec plus de 5000 suicides annuels, la France des années 1880 connaît pour ce triste phénomène un taux de fréquence tout à fait comparable aux 9000 suicides annuels de la France contemporaine. Mais, alors que les médias actuels font à peine allusion quand un train est retardé parce qu’il a écrasé un malheureux, les quotidiens de la fin du XIXe siècle détaillent chaque suicide avec un luxe de détails. Le Petit Niçois du 22 mai 1885 raconte ainsi par le menu comment trois de ces tragédies se sont déroulées :

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Deux drames à Villefranche, Alpes-Maritimes 1885

Le Petit Niçois du 21 mai 1885 propose à ses lecteurs deux articles qui ont pour point commun de concerner Villefranche-sur-Mer. Leur répartition dans le journal amène une réflexion sur la perception du fait divers : le premier, qui rapporte un horrible accident, est placé dans la  » Chronique locale », alors que l’autre, proche du vaudeville, va dans la  » Chronique régionale ».

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Deux noyés, Alpes-Martimes 1885

Le nom d’Isola évoque aujourd’hui une station de ski fameuse, mais c’est d’abord un très ancien village dans la vallée de la Tinée, qui a subi à différentes époques les mêmes crues qu’on a vues récemment dans celle de la Vésubie voisine. Le 19 mai 1885 Le Petit Niçois rapporte un mince fait divers qui est une tragédie pour deux familles de Saint-Etienne, une bourgade en amont d’Isola. Mais l’important est ici la naïveté avec laquelle le journaliste dévoile les ficelles de son travail car il écrit de seconde main et avoue lui-même qu’il rapporte ce que lui a communiqué un correspondant d’Isola :

                                                « ISOLA
On nous écrit d’Isola :
Un bien triste accident a mis en émoi la population de St-Etienne. Deux garçons de 15 à 16 ans, fils uniques de deux malheureuses familles, sont tombés dans la Tinée et emportés par le courant à 4 kilomètres environ du lieu du sinistre.
Le soir de l’accident, leurs familles ne les voyant pas rentrer et ne sachant ce qu’ils étaient devenus, les cherchèrent chez les parents, amis et voisins ; mais elles furent bientôt obligées de rentrer chez elles et d’attendre le jour.
Enfin, on découvrit leurs cadavres rejetés par la rivière.
On ignore comment cet accident est arrivé. On suppose que, tout en s’amusant, tes victimes ont voulu traverser une passerelle improvisée et que pris de vertiges ils se sont entraînés l’un l’autre dans la rivière. »

La Tinée en aval d’Isola.

 

Vol de troupeau, Alpes-Maritimes 1885

Dans Le Petit Niçois du 23 avril 1885, on peut lire le récit d’un vol qui évoquerait peut-être l’univers de Virgile ou celui de Jean Giono. Mais les bergers qu’on rencontre chez ces deux écrivains étaient honnêtes…

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Profanation de cimetière en 1885, Villefranche-sur-Mer

Saccager des tombes se fait depuis longtemps, comme en atteste cet article du Petit Niçois qui, le 20 mars 1885, relate des faits survenus dans le cimetière de Villefranche-sur-Mer. On ne s’interrogera pas plus que le journaliste sur les causes du méfait, mais, comme d’habitude ce doit être la rage de s’en prendre aux défunts faute de ne pouvoir le faire aux vivants.

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