Archives pour la catégorie Ban de la Roche

#ChallengeAZ 2016 T comme Thon

Parmi ses ancêtres, on peut rencontrer des morues, voire des maquereaux. Il est plus rare de trouver des Thon. C’est pourtant le patronyme de quelques-uns de mes ascendants alsaciens dans les villages du Ban de la Roche, aujourd’hui dans le Bas-Rhin, au début du XVIIe siècle. Continue la lecture

Mourir au Ban de la Roche en 1676

Je continue la lecture des actes de sépulture de la paroisse protestante de Rothau vers la fin du XVIIe siècle, entreprise dans un précédent article. Ces actes ont le mérite d’être très détaillés et de révéler un peu la vie de ce petit pays qu’était le Ban de la Roche où catholiques, protestants et anabaptistes vivaient en paix, s’entraidant quand un incendie éclatait – c’était dans leur loi – ou quand de courageux militaires venaient les piller. Continue la lecture

Mourir au Ban de la Roche en 1675

Une demi-douzaine de villages en Alsace centrale, dans le Bas-Rhin, tout près de l’actuel département des Vosges, composent le Ban de la Roche, ainsi nommé à cause du château de la Roche détruit au XVIe siècle. Cette mini-région se signale par l’hétérogénéité de sa population : aux autochtones germanophones sont venus se joindre des Lorrains qui parlent un dialecte français et, vers la fin du XVIIe siècle, des Suisses, chassés du canton de Berne parce qu’ils sont anabaptistes, s’installent comme fermiers sur les hauteurs environnantes. Tous ces gens sont parmi mes ancêtres, ce qui m’a amené à découvrir les registres de la paroisse protestante de Rothau, qui desservait les autres villages de l’endroit. Les actes de décès en particulier sont plus détaillés que les actes catholiques et je me propose d’en livrer la transcription de quelques années. Ils sont en français et, chose rare, le pasteur écrivait de façon lisible. Continue la lecture

Une descendance nombreuse

Un acte de sépulture qui donne en même temps des détails sur la biographie du défunt, chose assez rare ; c’est le cas de celui-ci, établi en 1778 dans la paroisse protestante de Waldersbach, aujourd’hui dans le Bas-Rhin, dont dépendait le village de Belmont, par le plus célèbre des pasteurs alsaciens. Continue la lecture

#ChallengeAZ 2015 S comme Sorcier

Pratiquer la généalogie, c’est être confronté sans cesse à des évènements plutôt sinsitres, accidents et morts prématurées. Mais je crois avoir touché le fond de l’horreur le jour où j’ai découvert qu’un de mes ancêtres à la douzième génération avait été brûlé vif comme sorcier. Continue la lecture

Les mariés étaient en prison

Le registre de la paroisse protestante de Rothau dans le Bas-Rhin présente en 1671 un acte de mariage étonnant, rédigé en français et non en allemand, car Rothau fait partie de l’ancienne seigneurie du Ban de la Roche, qui parlait un dialecte français, le welche :

« Le 14 jour de mars Didier fils de Didier Morré de Vilderspach et Catherine fille de Hainsel Schmid Doyen de Valterspach pour leur paillardise ont été menez de prison en l’Église de Rote pour apres y avoir fait une pénitence publicque estre espousez avec honte pourtant sur leurs testes des bocquets d’estrain. Ils ont donc estez en ce jour là conjoints par mariage. » (Archives Départementales du Bas-Rhin, Rothau, BMS, 1638-1675, 3 E 414/1)

Rote est le nom de Rothau en welche. Didier a vingt-trois ans et Catherine en a vingt-et-un. On apprend qu’ils ont été mis en prison « pour leur paillardise ». Qu’ont-ils fait au juste ? Ils ne devaient pas être les seuls au XVIIème siècle à anticiper sur la nuit de noces, même chez les protestants. Ont-ils manqué de discrétion ? Ont-ils dépassé les limites communément admises ? On aimerait savoir de quelle manière. Combien de temps sont-ils restés en prison ?
On apprend ensuite qu’on les a menés à l’église – en fait le temple protestant . Quelle a été à ce moment l’attitude des villageois ? Ont-ils subi des quolibets ? À l’église ils ont été astreints à « une pénitence publique » : sans doute des prières et une récitation de formules humiliantes pour eux. Le plus curieux est que pendant la cérémonie ils portaient sur la tête « des bocquets d’estrain », c’est-à-dire des bouquets de paille. Cette coiffure est bien sûr faite pour manifester leur « paillardise ».
Il faut noter aussi qu’aucun des deux amants n’est natif de Rothau et qu’ils venaient chacun d’un village différent, Didier de Wildersbach et Catherine de Waldersbach. Où se rencontraient-ils ? On peut supposer qu’ils ont été incarcérés à Rothau parce que c’était le centre administratif de la seigneurie.
Les témoins du mariage – s’il y en avait – ne sont jamais mentionnés dans cette série d’actes. Le nom de Catherine Schmid apparaît parfois avec d’autres actes dans sa traduction française Mareschal. Elle et son époux forcé Didier Morré sont mes ancêtres à la onzième génération.