Archives pour la catégorie Ceyras

#ChallengeAZ 2016 H comme Hôpital

En parcourant les registres de Ceyras, un village du nord de l’Hérault où, j’ai de nombreux ancêtres dès le XVIIe siècle, liés aussi au souvenir de mon arrière-grand-mère, j’ai été étonné de voir souvent apparaître le mot hôpital, que j’ai retrouvé de façon récurrente dans d’autres paroisses du futur département de l’Hérault. Qu’étaient donc ces hôpitaux qu’on rencontrait dans des villages de 500 à 1000 habitants ? Continue la lecture

#ChallengeAZ 2015 On a tué le boulanger

L’intérêt des registres paroissiaux est souvent de parler d’autre chose que d’état-civil et d’offrir ces mentions insolites qui donnent quelques aperçus de ce qu’a pu être la vie réelle de nos aïeux. Par exemple ce véritable fait divers qui s’est déroulé à Ceyras, aujourd’hui dans l’Hérault, un village de cinq cents habitants au XVIIIe siècle : Continue la lecture

Un enfant trouvé devant la porte du maire en 1745

Un de ces actes de baptême, fréquents dans les registres paroissiaux, qui évoquent l’enfant trouvé, donc abandonné à sa naissance ou peu après celle-ci ; il a été établi à Ceyras, aujourd’hui dans l’Hérault, en 1745. Continue la lecture

Trois frère et sœurs enterrés le même jour

« 3 enfants morts (4, 6 et 8 ans) en 1 mois en 1891 pour un couple breton … Quelle horreur … Grippe ? », ce tweet rempli d’émotion est dû à @baladedaurelie, qui consacre ensuite un article à ce lamentable événement : « Généathème : Histoire insolite mais horriblement triste .. ». On peut trouver encore pire, par exemple avec les quatre lignes de cet acte de sépulture du village de Ceyras en Languedoc :

Continue la lecture

Baignade tragique en 1727

Nouvelle halte à Ceyras (Hérault) pour la lecture d’un drame : un acte de sépulture évoque la mort accidentelle de deux jeunes frères. Continue la lecture

Un suicide en 1718 ?

Probablement plus rare sous l’Ancien Régime que de nos jours et interdit par le christianisme, le suicide a rarement laissé  des traces dans les registres paroissiaux. Il arrive cependant qu’on soit amené à se poser la question de sa présence en lisant certains actes, par exemple celui-ci, trouvé dans les registres de Ceyras, village de l’Hérault déjà évoqué sur ce blog :

Continue la lecture

Mourir SDF au XVIIIème siècle

Trois actes de sépulture trouvés au hasard de recherches sur mes ancêtres de Ceyras, village du Languedoc, aujourd’hui dans l’arrondissement de Lodève au nord du département de l’Hérault ; trois actes qui dans leur brièveté recèlent un certain tragique.

Continue la lecture

Pierre Viguier, ermite

Jérémie BOURILLON, auteur d’un blog d’initiation à la généalogie, Généalogie facile,  propose d’illustrer l’intérêt de cette discipline en racontant une trouvaille qu’on aura faite, qui « peut être la découverte d’un ancêtre connu, une ascendance royale, un ancêtre qui à marqué l’histoire, un ancêtre noble, un médaillé de Ste Hélène, un ancêtre condamné, un ancêtre avec un métier rare, un mariage improbable, un mort pour la France, une filiation avec Charlemagne…. » N’ayant ni souverain ni noble dans mes ancêtres, mais trop de morts pour la France, je vais plutôt raconter ma rencontre avec le métier insolite de l’un d’entre eux, mais est-ce vraiment un métier ?
Je n’ai connu qu’un seul de mes bisaïeux, mon arrière-grand-mère Marthe qui avait pour nom de jeune fille Viguier. Elle était née à Saint-André-de-Sangonis dans l’Hérault. Mais sa famille venait de Ceyras, un petit village du même département, dans l’arrondissement de Lodève. Or, en cherchant des Viguier dans les registres paroissiaux de Ceyras, j’ai eu la surprise de tomber sur l’acte de sépulture suivant, daté du 20 décembre 1780, dont je respecte l’orthographe :

« L’an mil sept cent quatre vingt et le vingtieme decembre j’ai enseveli dans le cimetiere de cette parroisse (sic) Pierre Viguier hermite de la chapelle St Pierre, decedé le meme jour, agé d’environ soixante douze ans, muni des sacrements de l’Eglise. Presens les soussignés avec moy prieur curé de Ceyras. »

Un ermite dans la famille ! Ce Pierre Viguier, baptisé le 12 juillet 1706, sans que le jour exact de sa naissance soit connu, est en effet le frère cadet de Michel Viguier, lui-même ancêtre direct à la sixième génération de mon arrière-grand-mère; je suis donc moi-même un lointain neveu de cet ermite !

Michel VIGUIER 1666-1733 épouse en 1696 Marie DURAND 1676-1735
                                      |
            ———————————-      
            |                                                      |
Michel VIGUIER 1703-       Pierre VIGUIER 1706-1780, ermite
            |
Joachim VIGUIER 1735-
            |
Pierre VIGUIER ca 1763-1833
            |
Victor VIGUIER 1802-1879
            |
Michel VIGUIER 1850-1882
            |
Marthe VIGUIER 1878-1959 mon arrière-grand-mère

Il ne restait plus qu’à trouver l’ermitage où résidait cet oncle inattendu, ainsi que la chapelle Saint-Pierre. Un voyage dans le Languedoc pour raisons généalogiques m’en donna l’occasion. Je dus d’abord repérer l’endroit sur la carte de l’IGN, car ni Google Maps, ni Google Earth n’existaient au début de ce siècle. Les bâtiments de l’ermitage étaient en ruine à l’époque, mais M. Lacroix, maire de Ceyras, me confia qu’ils allaient être restaurés, ce qui a été effectivement accompli depuis.
L’ermitage Saint-Pierre, entouré de rouge,
sur la carte de Cassini
L’ermitage et la chapelle sont situés près d’un gué qui permettait le passage de la rivière locale, la Lergue. On aperçoit encore à côté de l’ermitage une tour de guet qui faisait partie du système de surveillance du Château des Guilhem à Clermont-l’Hérault. Le nom complet du sanctuaire est chapelle Saint-Pierre-de-Léneyrac, alors que la carte de Cassini mentionne Saint-Pierre de Dignerac, mais il s’agit d’une erreur. La chapelle a probablement été édifiée aux alentours de l’an mil. C’est, paraît-il, un exemple de chapelle préromane de tradition wisigothique. Elle possède une nef unique terminée par un chevet plat quadrangulaire. 
Entre vignes et garrigue, la tour et l’ermitage Saint-Pierre
À côté se trouve une petite maison flanquée d’un terrain entouré de murs. C’est sans doute dans cette maison qu’habitait l’ermite. Le « clos » attenant était sûrement un jardin potager entretenu par ses soins qui devait lui fournir une grande partie de sa subsistance. Il s’agit en fait d’un cas assez fréquent au XVIIIème siècle : l’ermite, censé se consacrer à la prière et à la méditation, avait pour fonction de garder et d’entretenir une chapelle. Sa solitude devait être relative, car les champs de blé alentour – remplacés par la vigne au XIXème siècle – et la proximité d’un gué faisaient de cet ermitage un lieu de passage.
Près de la chapelle, les ruines de la maison
de l’ermite et son jardin
Trouver ce genre de profession dans une généalogie est vraiment une heureuse surprise, qui récompense des heures passées à dépouiller des registres. Mais il existe bien d’autres motifs pour pratiquer, comme le montre l’article « Les 7 raisons qui me motivent à faire de la généalogie, et vous quelles sont les vôtres ? » du blog de Jérémie BOURILLON.