Archives pour la catégorie Nice

Les marrons qui tuent, Nice 1883

Le Petit Niçois du 20 novembre 1883 donne à lire le récit d’un accident peu banal :

« Asphyxie en plein air.— Hier à midi, une marchande de marrons établie sur le boulevard du Pont-Neuf s’affaissa soudain sur son étalage. On vint à elle et on constata que la fumée se dégageant de son fourneau l’avait à demi asphyxiée.
Des agents de police l’ont mise en voiture et conduite à son domicile, rue Saint-Joseph, 6, où elle est entourée de soins qui aideront vite à sa guérison. »

La Marchande de Marrons gravée par Beauvarlet d’après Greuze. Gallica=Bnf

Tentative de suicide, Nice 1883

Parmi les innombrables suicides que rapporte le Petit Niçois, celui dont il offre le récit de la tentative le 7 octobre 1883 se signale par le lieu qu’a choisi la victime, le promontoire de Rauba-Capeù, qui sépare la Promenade des Anglais du port de Nice. Son nom,  qui veut dire « vole chapeau » est une allusion au vent violent qui souffle souvent en cet endroit.

« Une tentative de suicide a eu lieu hier, et heureusement n’a pas réussi au gré de la pauvre désespérée qui en a été l’héroïne.
Une jeune fille habitant rue du Marché s’est jetée dans la mer du haut des rochers de Rauba-Capeù. On l’a secourue assez vite pour la sauver. On nous raconte qu’avant de tenter de mettre fin à ses jours par ce moyen, celte malheureuse avait cherché à s’empoisonner et n’avait pu y réussir. Espérons que les souffrances causées par cette double tentative de suicide la détourneront de son noir dessein.
La cause de son désespoir serait un chagrin d’amour. »

Rauba-Capeù sur une carte postale ancienne.

Une femme étranglée devant ses enfants, Nice 1883

Dans Le Petit Niçois du jeudi 27 septembre 1883 les lecteurs peuvent découvrir le récit d’un horrible drame : Continue la lecture

Accident du travail, Nice 1883

Quoi de plus banal qu’un ouvrier qui tombe d’un échafaudage ? Ce genre d’accident est malheureusement très fréquent. Mais ce qui est étonnant et significatif d’une époque est l’âge de la victime du fait divers que rapporte Le Petit Niçois du 9 septembre 1883 :

« Chute. – Vendredi, à 6 heures du matin, le nommé Joseph Rulfo, âgé de 78 ans, maçon, qui était occupé à crépir la cage de l’escalier d’une maison du quartier de Saint-Etienne, a perdu l’équilibre et est tombé du deuxième étage dans le vide.
Il a reçu, dans sa chute, une assez grave blessure à la tête ; on a dû le transporter à l’hôpital. »

Deux enragés, Nice 1883

Deux articles qui se suivent dans le Petit Niçois du 30 août 1883. Est-ce le fruit du hasard ou de l’humour d’un maquettiste facétieux ? On ne saurait le dire, mais ils évoquent tous les deux des cas de rage, le premier au figuré, le second au sens propre car l’hydrophobie est l’ancien nom de cette maladie contre laquelle Pasteur créera son vaccin deux ans plus tard.

« Un mendiant ivrogne. — Hier matin, un chiffonnier nommé Simon Jérôme, causait un véritable scandale dans la rue Colona d’Istria. Cet homme, ivre, était à moitié nu, et entrait de porte en porte pour demander l’aumône. L’agent de police Seylier vint pour l’arrêter, mais le chiffonnier se révolta, prit la chaîne et la montre de l’agent qu’il brisa et chercha à fuir.
Quelques personnes aidèrent l’agent à contenir ce furieux. Un autre agent de police étant survenu, on se mit en devoir de conduire l’ivrogne au violon. Pendant le trajet, Simon Jérôme, repris d’une furie de résistance, se jeta sur l’agent Roussel, le mordit à la main droite, lui déchira le gilet et chercha à briser sa montre comme il l’avait fait de celle de son camarade.
On eut toutes les peines du monde à coffrer cet individu, mais enfin on y parvint »

« Un chien abattu. — Hier matin, à 10 heures, un chien qui errait aux environs de ia Gare donnait quelques signes d’hydrophobie. Par précaution on appela des ouvriers qui travaillaient dans la cour de la Gare, qui eurent bientôt fait d’abattre la bête menaçante. »

On peut se poser des questions sur la façon dont le chien a été abattu, car ces ouvriers qu’on mobilise en plein travail n’avaient sûrement pas d’armes : on imagine l’acharnement des pelles et des pioches sur l’animal.

Le revolver du couvent, Nice 1883

Ces religieuses niçoises ont trouvé un moyen radical mais bien peu canonique de dissuader d’éventuels cambrioleurs de s’en prendre à leurs biens, c’est ce que relate Le Petit Niçois dans un article du 29 août 1883 :

« Le revolver du Couvent — Le Phare du Littoral publiait, hier matin, sous ce titre, une lettre de M. A. Togna, dans laquelle le signataire proteste contre des coups de revolver qui sont tirés, presque chaque soir, dans le jardin de la maison mi-hôtel et mi-couvent des dames Augustines, rue Notre-Dame. Il paraît que la supérieure, interrogée à ce sujet, a répondu que l’on veut ainsi prévenir les voleurs que la maison est bien gardée.
Dimanche dernier, raconte M. A. Togna, vers dix heures du soir, une balle de revolver gros calibre, partie du couvent, traversait la persienne d’une fenêtre située au troisième étage de la maison Lambert, brisait la vitre, perçait les rideaux et venait se loger dans la muraille de l’alcôve, à cinquante centimètres au-dessus du lit, effrayant fort le locataire.
On voit que si bon ordre n’est mis à cela, les bonnes sœurs effrayeront tant les voleurs, qu’elles finiront par causer quelque grave accident.
Mais nous espérons qu’une mesure sera prise pour faire cesser ce jeu. En attendant, la police a ouvert, sur ce fait, une enquête dont les résultats ne tarderont pas à nous être connus. »

Un étrange visiteur, Nice 1883

Un article paru dans Le Petit Niçois du mardi 17 juillet 1883 nous rappelle qu’en ce temps-là les bouchers abattent eux-mêmes les bêtes dont ils proposent des morceaux à leurs clients. Ils continuent ainsi la tradition déjà vue au XVIIIe siècle dans « Un ancêtre, Pierre Alles,1750-1811 ». Cet article montre aussi que, sous le nom de bœuf, c’est bien cet animal qui est vendu et non pas de la vieille vache laitière. De plus rencontrer un bœuf échappé dans la rue n’est pas un phénomène si rare, puisque on l’a déjà raconté dans « Un bœuf sur le trottoir ». Enfin, on est en été et les portes sont partout laissées ouvertes, ce qui explique la facilité avec laquelle le bovin entre dans les différents commerces. Continue la lecture

Un miracle, Nice 1883

Le Petit Niçois se proclame républicain. Il s’ensuit qu’il est aussi antichrétien et participe à la propagande antireligieuse de la fin du XIXe siècle, mais en employant un ton modéré et en se moquant plutôt qu’en attaquant. On l’a vu dans l’article sur « La panique du Jésus ». Aussi ne manque-t-il pas l’occasion de ridiculiser ces femmes qui reviennent d’un pélerinage à Notre-Dame de Laghet dans un article du 10 juillet 1883 ; ce pélerinage – nous le savons de source directe et familiale – était l’occasion d’une promenade estivale à quatorze kilomètres de Nice et d’un pique-nique : Continue la lecture

Un troisième téléphone à Nice en 1883

On n’arrête pas le progrès : en 1876 Alexander Graham Bell dépose le brevet qui crée officiellement le téléphone ; en 1879 l’invention se répand en France ; et le jeudi 14 juin 1883 Le Petit Niçois nous apprend qu’une entreprise de la ville vient de se doter de ce système, qui serait le troisième à Nice. À noter qu’il s’agit encore de liaisons point à point et que, d’un poste d’appel, on ne peut joindre que le seul correspondant auquel le câble vous relie.

« Téléphones. – Un troisième téléphone a été établi hier à. Nice.
C’est la Société générale de transports qui l’a fait établir pour mettre en communication ses bureaux de la rue Gubernatis avec ses remises situées au quartier Riquier.
On sait qu’il existait déjà deux téléphones dans notre ville : l’un entre la Caisse de Crédit et la Villa de M. Sicard à Saint-Jean ; l’autre entre le Théâtre Français et le café de la Maison Dorée. »

Hippophagie, Nice 1883

Faire passer de la viande de cheval pour celle d’un autre animal, cela vous rappelle sûrement un scandale récent autour de plats industriels, mais le procédé n’est pas nouveau, comme en témoigne Le Petit Niçois dans un article du 28 mai 1883. À noter, le rôle joué par ces « deux employés d’octroi », qui ne veillent pas aux portes de Nice mais inspectent les boucheries. Continue la lecture