Archives pour la catégorie Nice

Chasse au chat, Nice 1886

C’est l’activité que découvre le lecteur du Petit Niçois le 24 octobre 1886. Pourquoi une telle chasse ? Il se pourrait bien qu’elle ait un but utilitaire, comme le suggère le journaliste en parlant de gibelotte et comme le confirmera un autre article qui paraîtra au mois de décembre, voir « Du minet au menu » :

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L’ordre règne à Nice en 1886

Depuis les vendeurs de journaux jusqu’aux chiens errants en passant par les vagabonds, les ivrognes et les prostituées, tous ceux qui contreviennent à l’ordre public sont passés en revue dans cette série d’articles qui se suivent sans interruption dans Le Petit Niçois du 20 octobre 1886. Un rappel : le Sénat est une vieille prison niçoise ; quant au ciapacan, littéralement « l’attrape chien », c’est l’organisme chargé d’éliminer les chiens indésirables.

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Des pilleurs de tronc à Nice en 1886

Saint-Barthélemy est une des paroisses rurales de Nice. Son église a été bâtie en 1555 par les Capucins du monastère de Saint-Pons et c’est l’un des moines qui sert de curé à la paroisse. Celui qui exerce cette fonction en 1886 est le héros d’une aventure que relate Le Petit Niçois du 12 octobre :

« Vol dans une église. – Depuis quelque temps déjà, des individus aux allures suspectes, aux figures louches rôdaient dans les environs de l’église Saint-Barthélemy, Ils avaient été remarqués par des habitants du quartier qui en parlèrent an père Gaëtan, moine chargé de la garde de l’église, lui exprimant la crainte que ce ne fût des malfaiteurs méditant de dévaliser son église.
Le moine, mis en éveil part ces avis, se levait le matin de très bonne heure et s’installait dans un coin sombre de la tribune d’où, tout en lisant son bréviaire, il surveillait l’intérieur du lieu saint.
Il était hier matin à son poste d’observation lorsqu’il entendit le bruit sec que produit un morceau de fer violemment brisé. Il fouilla immédiatement l’église du regard et aperçut, dissimulé derrière un pilier, un individu en train de fracturer le tronc placé en cet endroit.
Le moine quitta aussitôt ses sandales, descendit sans bruit un petit escalier conduisant au dehors, puis rentra dans l’église par la grande porte. Sous le tambour, il trouva un second individu faisant le guet et l’interpella aussitôt, lui demandant ce qu’il faisait en ce lieu. L’individu, — un jeune homme de 18 ans — balbutia une réponse embarrassée et le moine lui posait déjà la main sur l’épaule pour l’empêcher de s’enfuir lorsque le premier malfaiteur — celui qui opérait à l’intérieur — intervint, repoussa le père Gaëtan, trop vieux et trop faible pour résister, et s’enfuit ainsi que son camarade.
Le père Gaëtan s’en fût alors prévenir les gardes-champêtres du quartier auxquels il donna le signalement des deux voleurs. Les gardes se mirent aussitôt en campagne et furent assez heureux pour arrêter, avenue de la Gare prolongée, les nommés Fontana Alphonse, âgé de 21 ans, né à Pavie et Franza Joseph, âgé de 18 ans, né à Coni, dont le signalement répondait exactement à celui donné par le moine de St-Barthélemy. Ils les mirent aussitôt en état d’arrestation et les conduisirent chez M. le commissaire du quartier qui les interrogea, et devant lequel ils avouèrent les faits à eux reprochés, déclarant en outre que la somme volée à l’église s’élevait au chiffre modeste de quinze centimes.
Devant ces aveux, leur internement au Sénat a été ordonné. »

Rappelons que le Sénat est une ancienne prison de Nice, voir sur Youtube L’histoire de la prison et du sénat dans le Vieux-Nice au 17e siècle.
Sur les pratiques des pilleurs de tronc, qui n’étaient pas rares, lire l’article « Vol à la glu, Nice 1889« .

L’église Saint-Barthélemy

Quand la mer se retire, Nice 1886

Quand on plonge, mieux vaut s’assurer que la profondeur de l’eau est suffisante. C’est ce qu’a oublié ce baigneur. La scène, rapportée par Le Petit Niçois du 28 juillet 1886, se déroule aux bains Georges, un établissement situé à Nice, quai des Etats-Unis, anciennement quai du Midi . Il est vrai qu’on est encore au début des bains de mer et qu’on manque d’une certaine expérience.

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La foule protège un voleur, Nice 1886

Un début d’insurrection à Nice, c’est ce que rapporte Le Petit Niçois du 22 mai 1886 : la foule prend parti pour un jeune homme qui a dérobé une botte d’oignons. La raison de cette révolte est que ce soit un employé de l’octroi, cette impopulaire douane intérieure qui procède à l’arrestation :

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Presse à sensation, 1886

Le Petit Niçois du 19 avril 1886 rapporte une séance du tribunal correctionnel où on juge une affaire qui, aujourd’hui encore, donne à réfléchir : il arriverait que la presse à sensation invente elle-même les événements susceptibles de frapper l’imagination du public.

« L’Affaire Ardin

Ardin — c’est lui qui le déclare — est colporteur de son état. À ce titre il voyage. L’espace, le grand air sont pour lui les éléments nécessaires à son existence… vagabonde. À ce titre aussi, ne pas s’arrêter à Avignon serait manquer à tous principes de géographie élémentaires.
Avignon ! vingt minutes d’arrêt !
Ardin y reste trois jours. Il apprend que c’est la ville des Papes — il l’ignorait sans doute — et de là , à imaginer un placard à sensation, il n’y a qu’un pas. Ce pas, il l’a franchi. Il a publié une feuille volante qu’il a criée, hurlée dans toutes les villes depuis Avignon jusqu’à Nice — Nice incluse, bien entendu.
Il faut croire que notre police est moins tolérante que celles de nos voisines, car un inspecteur entendant brailler à tue-tête sous les arcades de la place Masséna :
Demandez explosion du Vatican. La mort du Pape Léon XIII, dix centimes ! deux sous ! s’approcha du dit Ardin, et l’engagea à moins brailler et surtout à circuler.
Ardin protesta si vigoureusement et se démena si bien qu’un substitut du procureur de la République, attiré par le bruit, ordonna son immédiate arrestation.
Andin, passant de la théorie à la,pratique, distribua quelques coups de poings, de non moins nombreux coups de pied aux agents qui le conduisaient au violon. C’est donc sous la double inculpation de rébellion aux agents et d’escroquerie que nous avons eu le plaisir de voir, hier, cet intéressant industriel.
Sa défense est bien simple, et il la présente non sans un certain aplomb : il a vendu son « canard », il croyait en avoir le droit ; tant pis pour ceux qui s’y sont laissés « pincer ».
M. Thibaut, substitut du procureur de la République, n’est pas de cet avis. Il l’est si peu, qu’il appuie son argumentation de divers arrêts de la cour de cassation, flétrissant et condamnant les vulgaires escrocs qui, au moyen que nous venons d’indiquer, trompent le public.
Le Tribunal, partage absolument cet avis, et faisant application de la loi, condamne Henri Ardin, à deux mois d’emprisonnement.
Le Vatican n’a pas sauté, Léon XIII n’est pas mort, notre colporteur pourra s’en convaincre soixante jours durant.
Nous n’aurions certainement pas autant insisté sur cette affaire, s’il n’y avait à en tirer une conséquence qui nous intéresse tous : des vendeurs de journaux de Nice publient et crient (sous la direction d’un journaliste étranger, nous assure-t-on), des feuilles dites à sensation. Un jour. c’est le Casino de Monte-Carlo, qui a fait explosion ; le lendemain, c’est une famille entière qui s’est suicidée ; le surlendemain, c’est la mort d’un de nos personnages politiques, etc., etc.
Eh bien ! il est excellent qu’on sache, une fois pour toutes, que ceux qui se livrent à ce singulier négoce, sont de vulgaires escrocs, et qu’ils tombent sous le coup de la loi.
Espérons qu’ils se le tiendront pour dit. »

Un enfant trouvé

En ce temps-là on ne fait plus comme au XVIIIe siècle : on n’abandonne plus les nouveau-nés indésirables à la porte des églises et des couvents ; on choisit l’hôpital. Le Petit Niçois du 21 janvier 1886 rapporte une affaire semblable où un enfant a été déposé devant un établissement public :

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Tué à 6 ans par un cheval

Buffon disait : « Le cheval est la plus noble conquête que l’homme ait jamais faite. » C’est en fait un animal dangereux, cause de nombreux accidents, comme celui de mon trisaïeul tué par un coup de sabot en 1882, voir l’article « Mourir d’un coup de pied de cheval ». Le 19 janvier 1886, c’est la mort d’un enfant de six ans qui est relatée par Le Petit Niçois :

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Nana sous les verrous

Émile Zola a publié Nana, un de ses chefs-d’œuvre, en 1880. Il est bien possible que ce prénom, porté par l’héroïne d’un article paru le 14 janvier 1886 dans Le Petit Niçois, indique qu’il s’agit d’une prostituée :

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Quand la bigamie tourne au vaudeville

Feydeau disait : « Quand je fais une pièce, je cherche, parmi mes personnages, quels sont ceux qui ne doivent pas se rencontrer et ce sont ceux-là que je mets le plus tôt possible en présence. » Ce genre de rencontre malencontreuse s’est produit dans l’affaire que relate Le Petit Niçois du 28 décembre 1885 :

« Un bigame. – On raconte qu’en 1881, un sieur Joseph Vial, cuisinier, épousait à Cbâteldon (Puy-de-Dôme) une femme de chambre, nommée Marie Grangeon.
Vial paraissait rangé, travailleur ; mais une année auparavant, le 6 novembre 1883, il avait pris pour femme, en légitime mariage, une Italienne, du nom de Catarina Basso, qu’il avait connue à Nice.
Vial avait rangé sa vie d’une façon charmante. Tandis que sa seconde femme suivait les cours de l’École d’accouchement à Clermont, il venait passer l’hiver à Nice, auprès de sa première compagne.
Cette année-ci, Marie Grangeon voulut suivre son mari dans le Midi. Il était facile de prévoir ce qui est arrivé : Marie et Catarina se sont trouvées en présence ; toutes deux se sont prévalues de certains papiers, et, sur une lettre écrite par l’Italienne à Châteldon pour avoir des renseignements, ordre a été donné par le parquet de Thiers d’arrêter à Nice cet époux en partie double. »