Archives pour la catégorie Nice

Une escroquerie à Nice en 1885

Victor Hugo vient de mourir, le 22 mai 1885, et Le Petit Niçois du lendemain consacre sa une au portrait de ce très médiatisé poète, dont Leconte de Lisle disait qu’il était « bête comme l’Himalaya ». Mais, plus intéressant que l’éloge dithyrambique du saint patron de la IIIe République que le quotidien, radical et favorable au régime, lui consacre ensuite sur une page et demi – il n’en a que quatre – est le récit d’une audience du tribunal correctionnel où est jugée une escroquerie qui donne idée des gens douteux attirés par la richesse de certaines classes sociales sur la Côte d’Azur.

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Encore des infanticides, Nice 1885

Deux nouveau-nés assassinés, l’un jeté dans le fleuve qui traverse Nice, l’autre jeté dans les lieux d’aisance, ce sont les horreurs que racontent deux articles consécutifs du Petit Niçois le 19 mai 1885.

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Poignardé dans la rue, Nice 1885

Une bagarre qui finit à coups de couteau, c’est un fait divers presque quotidien en cette fin du XIXe siècle. Mais celui que relate un article du Petit Niçois le 3 mai 1885 n’est pas sans rappeler des événements contemporains :

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Un nouveau-né coupé en morceaux, Nice 1885

Découper un corps en morceaux est une pratique assez courante chez les assassins, mais elle est plutôt rare quand la victime est un nouveau-né comme dans le crime que rapporte Le Petit Niçois du vendredi 24 avril 1885. Il faut noter aussi l’efficacité de la police niçoise, puisque moins de vingt-quatre heures lui ont été nécessaires pour découvrir l’auteur du forfait dont l’identité n’est cependant pas révélée :

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Il assomme son fils, Nice 1885

Un article paru le 3 avril 1885 dans Le Petit Niçois: il se passe de commentaires en présentant une violence presque caricaturale et nous révèle la légèreté avec laquelle le journaliste suit des sources qui se réduisent à des on-dit.

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Le journal fait la morale, Nice 1885

Comment raconter deux anecdotes peu flatteuses sur les cochers sans se mettre à dos leur corporation, c’est le problème qu’a résolu un journaliste du Petit Niçois le 27 mars 1885, d’abord en attribuant leur dénonciation à un lecteur supposé dont le nom n’est pas cité, ensuite en chantant l’éloge des cochers en général, enfin en se présentant comme gardien de la morale publique.

« Les cochers. – Un correspondant étranger, hôte d’hiver de la ville de Nice, nous fait part de ses plaintes contre certains cochers qui ne peuvent être, nous le savons par expérience, que l’exception dans la corporation.
Il s’agit de l’attitude inconvenante d’un cocher qu’il a vu apostrophant en termes fort peu corrects les dames qu’il rencontrait seules sur nos promenades ; un autre se livrait à cette fantaisie d’un goût douteux de s’arrêter et de se ranger le long d’un trottoir, alors qu’il conduisait un monsieur, parce qu’une dame, croyant sa voiture libre, lui avait fait signe. La dame s’avança pour prendre place dans le véhicule et se trouva nez à nez avec le premier occupant. On voit quelles méprises fâcheuses et quels désagréments peuvent entraîner de semblables procédés.
Cette façon d’agir n’est heureusement pas celle de tous les membres de la corporation des cochers, qui compte dans ses rangs une très grande quantité d’hommes soucieux d’exercer leur profession avec convenance et pour la plus grande satisfaction de ceux qui ont recours à leurs services. Ces habitudes sont particulières à quelques individus seulement, et il est utile de les signaler et d’appeler sur elles une répression sérieuse, afin que le bon renom de notre ville n’arrive pas à être compromis par la faute de quelques-uns, au plus grand préjudice de tous.
Que l’on veille donc à ce que ces faits ne se reproduisent pas ; les cochers polis, complaisants, — c’est la grande majorité, — sont les premiers à réclamer la séparation du bon grain de l’ivraie, comprenant qu’ils ne manqueront pas de s’en trouver bien. »

Un fiacre à Nice au début du XXème siècle.

Le saint, la reine et le feld-maréchal, Nice 1885

Le Petit Niçois, journal créé par le maire de Nice Alfred Borriglione et organe de la municipalité, tient régulièrement la chronique des visiteurs plus ou moins illustres qui viennent passer une partie de l’hiver au soleil de la Côte d’Azur. Le numéro du 21 mars 1885 atteint ainsi des sommets dans l’art de la publicité avec trois courts articles. Continue la lecture

1885 : 50 téléphones à Nice !

Un article du Petit Niçois paru le 6 mars 1885 annonce qu’Adolphe Cochery, ministre des Postes et Télégraphes, portefeuille qu’il est le premier à détenir, vient d’accorder à la ville de Nice la possibilité d’avoir un central téléphonique qui permettra à 50 abonnés de jouir de ce nouveau moyen de communication, alors que les édiles en réclamaient 200. On aura mieux conscience du bond en avant réalisé si on relit l’article « Un troisième téléphone à Nice en 1883 ».

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Un infanticide à Menton en 1885

Le 16 janvier 1885 on peut lire dans Le Petit Niçois le récit d’un triste fait divers :

«                                                Menton
Le cadavre d’un enfant nouveau-né a été découvert, hier, vers neuf heures du matin, dans la cour d’une maison de la rue du Palmier, par Mme Otto, qui habitait cette maison avec ses trois filles.
M. le commissaire de police, que cette dame avait fait prévenir, s’est immédiatement rendu sur les lieux, assisté des docteurs Farina et Réal.
Vers trois heures d’après-midi, M. le procureur de la république et M. le juge d’instruction, avertis à Nice par télégramme, sont arrivés et se sont rendus au domicile de la famille Otto, accompagnés de M. le commissaire de police, du juge de paix et du lieutenant de gendarmerie, pour procéder aux constatations d’usage.
Cela fait, le cadavre a été transporté au cimetière, dans la salle destinée aux autopsies.
De l’avis des docteurs, l’enfant est né viable, à terme, et sa mort remonte à une dizaine de jours.
La justice est probablement sur la voie des coupables, et des arrestations ne tarderont pas à être opérées. »

Carnet rose, Nice 1884

Un entrefilet paru dans Le Petit Niçois du 29 décembre 1884 annonce un mariage mondain que peu de romanciers oseraient imaginer :

« Mariage. – On annonce comme devant avoir lieu prochainement un mariage qui doit unir deux vieilles familles niçoises : celui du vicomte Charles Giletta de Saint-Joseph avec Mlle Vera Lacroix, fille de M. Albert Lacroix, banquier. »

Le mariage aura lieu le 2 février 1885. C’est le maire de Nice, Alfred Borriglione, qui le célèbre, alors que d’ordinaire la tâche est confiée à un adjoint. Un coup d’œil dans l’état-civil apprend que la jeune épouse est née le 10 avril 1863 et qu’en fait de « vieilles familles niçoises » sa mère est originaire de Moscou, ce qui explique d’ailleurs le prénom de Vera. On ose à peine imaginer les raisons de cette union, le banquier donnant sa fille à un aristocrate qui a un blason à redorer…