Archives pour la catégorie Nice

Tombée dans le Paillon, Nice 1883

Nice s’est édifiée sur la rive gauche du Paillon, un fleuve côtier long de 36 km aux allures de torrent qui descend des Alpes et vient se jeter dans la Méditerranée. Ce Paillon étant sujet à des crues soudaines et dévastatrices, un guetteur muni d’un cheval était posté en amont de la ville. Quand l’eau menaçait de grossir, il dévalait la rive au galop en criant « Pailloun ven », c’est-à-dire « le Paillon arrive », pour que les innombrables lavandières travaillant dans le lit du fleuve remontent en toute hâte. Mais ces femmes et les enfants qui les accompagnaient pouvaient être victimes d’autres accidents, comme le relate un article du Petit Niçois le 18 janvier 1883 :

« Tombée dans le Paillon. – Hier, vers 3 heures l’après-midi, une petite fille de sept à huit ans a failli se noyer en traversant le Paillon.
C’est près du pont Garibaldi, sur une planche extrêmement étroite que la pauvre enfant voulait traverser le torrent pour aller rejoindre sa mère, une blanchisseuse. Au milieu de ce pont trop primitif, le pied vint à lui manquer et elle tomba dans le Paillon grossi par les dernières pluies. L’eau entraînait la malheureuse ; les blanchisseuses poussées des cris d’effroi et n’osaient lui porter secours. Par bonheur, un courageux citoyen se jeta à l’eau et parvint à retirer la petite fille, trempée jusqu’aux os. On la couvrit immédiatement de vêtements bien chauds que toutes les blanchisseuses s’offrirent à donner.
La pauvre petite a été transportée chez elle où, grâce aux soins qui lui ont été donnés, elle est maintenant hors de tout danger.
 ce propos, nous devons signaler le danger qu’il y a à laisser traverser le Paillon sur ces passerelles branlantes, mal assujetties, qui sont formées d’une seule planche parfois si étroite que le pied en déborde. Là-dessus passent les blanchisseuses chargées de faix très lourds et suivies de leur petite famille. C’est pourquoi des accidents comme celui d’hier sont inévitables tant qu’on n’établira point de passerelles plus larges et plus solides. »

À partir de 1868 commence une série de travaux qui s’achèveront en 1972 avec la couverture complète du Paillon dans son parcours urbain.

Lavandières sur les bords du Paillon au début du XXe siècle.

L’ordre règne à Nice, 1882-1883

À la fin du XIXe siècle la douceur de la vie à Nice séduit une riche clientèle qui vient y passer la mauvaise saison, mais l’argent qui circule attire aussi une faune dont les autorités municipales aimeraient se débarrasser car sa présence ternit l’image impeccable qu’on voudrait donner de la cité. Le meilleur moyen de l’éliminer semble de charger la police de cette tâche. Par exemple les mendiants sont d’habitude interpellés individuellement, mais le 31 décembre 1882 on peut lire dans le Petit Niçois le compte rendu d’une opération de grande envergure : Continue la lecture

Objets trouvés, Nice 1882

On épargnera au lecteur le lieu commun de l’« inventaire à la Prévert » que n’est vraiment pas la liste suivante publiée dans le Petit Niçois du 31 décembre 1882, car elle donne un aperçu très cohérent de ce que les gens transportaient sur eux, bien différent de ce qu’on trouverait aujourd’hui :

« Objets trouvés. – Liste des objets trouvés et déposés au commissariat central de police, du 1er au 31 décembre inclusivement, et non encore réclamés :
Un carnet contenant différentes notes.
Un fichu en soie noire.
Une boîte renfermant une médaille italienne.
Un canif.
Une épingle en or.
Deux parapluies en soie.
Trois camisoles de femme.
Un couvert en argent portant des initiales.
Une tabatière en argent.
Un grand éventail.
Une boucle d’oreille en or.
Trois couvertures de cheval.
Un sac de voyage contenant divers objets.
Trois porte-monnaie.
Une canne première en argent.
Un paquet contenant un canevas pour pantoufles.
Trois mouchoirs blancs.
Un portefeuille contenant différentes notes.
Plusieurs déclarations de chiens trouvés.
Plusieurs clés.
Une ombrelle en soie paquet de bonbons.
Une montre en or. »

Une remarque s’impose d’ailleurs : la plupart de ces objets dénotent le fait d’avoir été perdus par des personnes plutôt aisées, voire bourgeoises ; les pauvres quant à eux n’ont rien à perdre.

Enfants à céder, Nice 1882

La Côte d’Azur n’est pas un paradis pour tout le monde, comme en témoigne un article du Petit Niçois le jeudi 30 novembre 1882 :

« On offre un ou deux petits enfants. — Voici un avis que l’on nous prie de publier. Comme on le verra, il est assez rare, heureusement, que des journaux aient à publier des offres semblables :
Un pauvre ménage, réduit à la plus extrême misère, — le mari ne travaille pas depuis très longtemps, et la femme est souffrante, — ayant quatre enfants à nourrir : un de 7 ans, un autre de 4 ans, et les deux derniers, jumeaux, âgés de 10 mois à peine, donnerait volontiers à quel¬que personne qui serait en mesure de les bien élever, un ou même deux de ses enfants. On comprend quel sacrifice ferait ainsi cette mère, surtout ; mais elle s’y voit obligée, car il lui est absolument impossible de nourrir ses quatre enfants.
S’adresser A Mme Millavaca Teresa, boulevard Risso, maison Weil. »

Un nageur ambitieux, Nice 1882

L’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, n’est qu’à 1300 mètres de la côte. Le Masque de Fer y a été incarcéré au XVIIe siècle. Mais l’atteindre à la nage doit quand même être un exploit sportif. C’est pourtant le rêve qu’a fait ce malheureux échappé de l’hôpital psychiatrique inauguré en 1867 près du vénérable couvent de Saint-Pons, d’où il tirait son nom. On peut lire le court récit de cette escapade dans le Petit Niçois du 17 novembre 1882. Continue la lecture

Il n’y a pas qu’à Paris

En cette fin du XIXe siècle, le passant solitaire à Paris a la terreur d’être agressé par des voyous –auxquels on donnera bientôt le nom d’Apaches – qui, pour le dévaliser, emploieront peut-être la technique dite « coup du père François ». Mais cette pratique est apparemment connue aussi à Nice, comme en témoigne un article du Petit Niçois paru le 4 novembre 1882 :

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Écrasé par le tramway

Le Petit Niçois du 30 octobre 1882 relate un fait divers dont on mesurera à la fois l’absurdité et l’horreur en voyant la photo qui montre ce qu’était un tramway en ce temps-là.

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Tapage nocturne à Nice en 1882

En ce temps-là on n’aimait déjà pas le bruit, la différence avec notre époque est que les autorités cherchaient à en protéger les honnêtes gens. On peut le constater dans un article du Petit Niçois paru le 19 octobre 1882, un article parmi beaucoup d’autres sur ce sujet :

« Tapageurs. – Hier soir, vers onze heures, deux braillards, qui paraissaient pris de vin, ont fait un tel tapage dans la rue Masséna qu’ils ont éveillé les paisibles dormeurs de ce quartier. Un rassemblement s’est formé autour des deux individus ; les agents de police sont accourus et en ont arrêté un ; le second a pu prendre la fuite. »

Un vol de voiture à Nice en 1882

Le Petit Niçois du 17 octobre 1882 rapporte un fait divers plutôt mouvementé :

« Une femme qui enlève une voiture. – Hier, une voiture conduite par une femme parcourait à fond de train la rue Gioffredo ; derrière, le cocher courait à toutes jambes pour la rattraper ; il y parvint enfin et monta d’un saut sur la voiture ; par malheur, son poids la fit chavirer ; le cocher reçut quelques contusions dans sa chute, mais il put néanmoins appliquer un grand coup de poing sur la tête de la femme qui conduisait le véhicule et qui, paraît-il, n’était montée sur le siège que pour tenter d’enlever la voiture.
Cette femme, sans souci du coup qu’elle avait reçu, partit promptement pour ne pas en recevoir d’autres et le cocher repris possession de sa voiture, que l’on eut assez de peine à remettre sur ses quatre roues. On constata que le pauvre cheval été blessé. Cette scène avait occasionné un grand rassemblement dans la rue Gioffredo. »

Nice, une tranche de vie en 1882

Le Petit Niçois du dimanche 15 octobre 1882 dans sa rubrique des faits  divers locaux montre à la façon d’un kaléidoscope la variété de la vie niçoise à la fin du XIXe siècle, en allant des princes aux gens les plus simples et en passant par les pèlerins, le poisson avarié, les amoureux et un escroc :

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