Archives pour la catégorie Nice

Un infanticide à Nice en 1884

Les infanticides, qu’on rencontre de temps en temps, sont généralement le fait de pauvres filles qui se sentent obligées de se débarrasser de leur progéniture poussées par la misère ou par la honte. Mais, le mardi 8 avril 1884, le crime relaté dans un article du Petit Niçois a des caractéristiques inverses :

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Encore des pubs, Nice 1884

Tout au long du mois de janvier 1884, Le Petit Niçois publie sur sa quatrième et dernière page des publicités pour un magasin de confection – on ne disait pas encore prêt à porter – à succursales multiples, La Belle Jardinière, dont la première boutique avait ouvert à Paris en 1824 et dont les dernières ont fermé au début des années 1970.

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En ballon au-dessus de Nice en 1884

Sans doute à l’occasion de l’exposition universelle qui se tient alors à Nice et pas très loin de celle-ci puisque les départs ont lieu boulevard Gambetta, des ascensions en ballon dirigeable sont proposées à un public friand d’émotions. Sous le titre « Impressions de voyage » un journaliste raconte dans Le Petit Niçois du jeudi 24 janvier 1884 ce qu’il a vu une fois monté à 250 m au-dessus de la ville. La vue grandiose de Nice entre les Alpes et la Méditerranée ne l’a pas empêché d’ailleurs de remarquer sa jolie voisine de nacelle.

« EN BALLON
IMPRESSIONS de VOYAGE
Voilà quarante-huit heures à peine que le ballon captif de MM. E. Godard et Cie est installé dans l’enclos du boulevard Gambetta, et déjà le succès de l’entreprise ne fait plus de doute pour personne. Le ballon a-t-il à peine entrepris sa première ascension qu’une deuxième fournée de voyageurs est prête pour en opérer la deuxième et ainsi de suite, et les personnes qui ont monté une première fois ont un plus grand
désir encore d’accomplir un deuxième voyage. C’est qu’en effet rien n’est pins merveilleux que le ravissant spectacle qui s’offre an voyageur dès qu’il arrive à l’altitude de deux cent cinquante mètres. J’ai eu le plaisir de jouir de ce beau panorama et je me fais un devoir d’en faire part aux lecteurs du Petit Niçois.
Or donc, hier à deux heures et demie, M, Eugène Godard m’offrit fort gracieusement de faire partie du premier voyage, j’acceptai. J’avais pour compagnons de route six étrangers, dont une dame jeune et charmante et mes confrères H. Béon, administrateur du journal l’Exposition internationale de Nice et Albert Leroy, directeur du Monde Elégant.
L’ascension se faisait sous la direction de M. Louis Godard neveu, jeune aéronaute aussi intelligent que sympathique. Lorsque tous les préparatifs furent faits, M. Louis Godard donna le signal du dé¬part et nous nous élevâmes aussitôt dans les airs.
L’ascension se fit au son de la musique, sans la moindre secousse et si ce n’était le rapetissement graduel des objets, on ne s’apercevrait pas qu’on s’élève. Peu à peu, le panorama de la ville de Nice tout entière, avec ses rues, ses magnifiques boulevards, ses jardins d’une luxuriante végétation nous apparaît dans son ensemble. A mesure que le ballon s’élève, l’horizon s’agrandit ; au premier plan ce sont les mamelons du Château, de Cimiez, de la Mantega, de Gairaut, de Saint-Philippe, qui apparaissent; ensuite le Mont-Boron, le Mont-Gros et Palicon ; plus loiu les Alpes aux cimes couvertes de neige, au nord-ouest, comme un immense mastodonte, le roc de Saint-Jeannet paraît sortir du flanc des Alpes ; au sud l’immense nap¬pe de la Méditerranée reflétant les rayons du soleil.
Si nous regardons perpendiculairement sous nos pieds, le spectacle est étrange. Les maisons ressemblent à ces petits joujoux eu bois que nous livre la Suisse ; la gare à une serre de jardin, la voie ferrée à un ruban d’acier et les Arènes à un petit gâteau de Savoie; les arbres paraissent des brins d’herbe et les hommes des habitants de Lilliput.
Après une station de vingt minutes à une hauteur de 250 mètres, M. Louis Godard donne le signal de départ et la descente commence. Pas plus qu’en montant les voyageurs n’éprouvent la moindre secousse ni le moindre malaise. Cinq minutes après nous touchions le sol et M. Godard nous distribuait une médaille commémorative. Je ne saurais mieux décrire la satisfaction que j’ai éprouvée pendant ce voyage qu’en affirmant que je ferais bientôt une nouvelle ascension et j’engage mes chers lecteurs à suivre mon exemple.
H.-G. BON. »

Une vue aérienne de Nice.

Extorsion de signature, Nice 1884

En ce mois de janvier 1884 la Cour d’Assises de Nice juge une affaire qui rappelle davantage le vaudeville que les crimes habituels devant cette instance. Le Petit Niçois du 9 janvier en donne un récir complet :

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Une image en première page, Nice 1884

Pour la première fois de son histoire, qui a commencé en 1881, Le Petit Niçois paraît, le mardi 8 janvier 1884, avec une image en première page. Jusqu’alors les seules illustrations qu’on trouvait dans le quotidien étaient, sur la quatrième et dernière page, celle des publicités présentant des vêtements masculins à la mode. Il faut dire que l’événement est de taille : on vient d’inaugurer « l’Exposition internationale, agricole, industrielle, et artistique » de Nice. Continue la lecture

Des pubs, Nice 1883

En 1883 la publicité est déjà envahissante et investit tout espace disponible : affiches sur les murs, hommes-sandwiches sur les trottoirs, jusqu’à la rubrique des faits divers dans les journaux quotidiens, où des « publicités rédactionnelles », comme on appelle pudiquement les pubs qui se camouflent en articles rédigés, envahissent la rubrique des faits divers. Continue la lecture

Les marrons qui tuent, Nice 1883

Le Petit Niçois du 20 novembre 1883 donne à lire le récit d’un accident peu banal :

« Asphyxie en plein air.— Hier à midi, une marchande de marrons établie sur le boulevard du Pont-Neuf s’affaissa soudain sur son étalage. On vint à elle et on constata que la fumée se dégageant de son fourneau l’avait à demi asphyxiée.
Des agents de police l’ont mise en voiture et conduite à son domicile, rue Saint-Joseph, 6, où elle est entourée de soins qui aideront vite à sa guérison. »

La Marchande de Marrons gravée par Beauvarlet d’après Greuze. Gallica=Bnf

Tentative de suicide, Nice 1883

Parmi les innombrables suicides que rapporte le Petit Niçois, celui dont il offre le récit de la tentative le 7 octobre 1883 se signale par le lieu qu’a choisi la victime, le promontoire de Rauba-Capeù, qui sépare la Promenade des Anglais du port de Nice. Son nom,  qui veut dire « vole chapeau » est une allusion au vent violent qui souffle souvent en cet endroit.

« Une tentative de suicide a eu lieu hier, et heureusement n’a pas réussi au gré de la pauvre désespérée qui en a été l’héroïne.
Une jeune fille habitant rue du Marché s’est jetée dans la mer du haut des rochers de Rauba-Capeù. On l’a secourue assez vite pour la sauver. On nous raconte qu’avant de tenter de mettre fin à ses jours par ce moyen, celte malheureuse avait cherché à s’empoisonner et n’avait pu y réussir. Espérons que les souffrances causées par cette double tentative de suicide la détourneront de son noir dessein.
La cause de son désespoir serait un chagrin d’amour. »

Rauba-Capeù sur une carte postale ancienne.

Une femme étranglée devant ses enfants, Nice 1883

Dans Le Petit Niçois du jeudi 27 septembre 1883 les lecteurs peuvent découvrir le récit d’un horrible drame : Continue la lecture

Accident du travail, Nice 1883

Quoi de plus banal qu’un ouvrier qui tombe d’un échafaudage ? Ce genre d’accident est malheureusement très fréquent. Mais ce qui est étonnant et significatif d’une époque est l’âge de la victime du fait divers que rapporte Le Petit Niçois du 9 septembre 1883 :

« Chute. – Vendredi, à 6 heures du matin, le nommé Joseph Rulfo, âgé de 78 ans, maçon, qui était occupé à crépir la cage de l’escalier d’une maison du quartier de Saint-Etienne, a perdu l’équilibre et est tombé du deuxième étage dans le vide.
Il a reçu, dans sa chute, une assez grave blessure à la tête ; on a dû le transporter à l’hôpital. »