Archives pour la catégorie Nice

Comment se protéger du choléra, Nice 1884

Bien que Koch ait découvert en 1883 le bacille du choléra, on entend à Nice se défendre efficacement contre la maladie, dont une nouvelle épidémie accable l’Europe, se souvenant qu’en 1832 la ville avait été épargnée par la terrible épidémie grâce aux mesures prises par l’administration, qui n’était pas encore française. Le Petit Niçois donne donc dans un article du 30 juin 1884 un inventaire de ce qu’on peut faire pour éviter d’être touché par le choléra :

« Mesures de précaution contre le choléra. – Il faut éviter les excès de table, de boisson de nature. Ne pas boire trop froid, ne pas manger de fruits verts, de salades, quelle que soit votre constitution
Dès que vous verrez apparaître les premiers symptômes de diarrhée, faites venir un médecin. En attendant, vous pouvez prendre 10 gouttes de laudanum dans un demi verre d’eau sucrée.
Si le mal dégénère en cholera, il est essentiel que ceux qui soignent le malade isolent les déjections et les matières fécales. Il faut tuer les ferments organiques soit avec du phénol, du sulfate de fer, du sulfate de cuivre ou simplement du sublimé corrosif, qu’on peut se procurer partout. Les déjections ne pourront pas être, autant que possible, jetées dans les garde-robe, par mesure de prudence.
Le thé très chaud, coupé par moitié avec du rhum ou du cognac, est un préservatif très usité.
Il faut encore assainir les vêtements des gens atteints par le mal, les purifier, les soumettre à des fumigations.
Le mal réside encore dans l’air respirable ; l’aération est donc indispensable. »

On remarquera que, de façon empirique, on préconise certaines mesures qui sont réalistes, à côté de certains conseils, par exemple dans la dernière phrase, qui attestent que la théorie des miasmes a encore cours.

De plus le commerce essaie de profiter de la situation et y va se ses publicités dans le même numéro du  Petit Journal :

Fanatisme catholique, Nice 1884

Quand on évoque la loi de 1905, on a tendance à oublier que le fanatisme catholique se manifestait souvent et parfois sous des formes exacerbées, comme dans cet incident que relate le Petit Niçois du vendredi 20 juin 1884. La procession dont il est question est celle de la Fête Dieu qui se célébrait un jeudi soixante jour après Pâques.

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Des scaphandriers à Nice en 1884

À cette époque beaucoup de lecteurs ignorent probablement ce qu’est un scaphandrier et, sans photo, le seul moyen qui s’offre au journaliste est la description, comme celle-ci, qui est un article du Petit Niçois du 19 mai 1884 :

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Un percepteur grincheux, Nice 1884

À l’époque de Courteline, la critique d’une administration publique et des petits tracas qu’elle impose au citoyen n’a rien d’insolite. Mais Le Petit Niçois dans un article du 15 mai 1884 va plus loin et assigne à d’obscures intentions antirépublicaines le comportement d’un fonctionnaire qui souhaiterait ainsi rendre impopulaire le régime qu’il représente :

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Arrêté pour des artichauts

En cette fin du XIXe siècle, on a l’arrestation facile et on ne se prive pas de mettre sous les verrous le premier pauvre hère chez qui on pourra trouver quelque chose à reprocher, ainsi qu’en témoigne un article paru dans Le Petit Niçois du 1er mai 1884 :

« Arrestation – Ce matin, vers 1 heure, le nommé Fourcy Charles, âgé de 23 ans, terrassier, qui a été trouvé porteur d’un vase d’œillets et de plusieurs artichauts, objets dont il n’a pu justifier la provenance, a été pris en état d’arrestation. »

Quiproquo, Nice 1884

Le Petit Niçois du 8 avril 1884 rapporte comment une scène de comédie peut cacher un drame : Continue la lecture

Harcèlement de rue, Nice 1884

Le harcèlement de rue ne date pas d’aujourd’hui, en témoigne cet article qu’on peut lire dans Le Petit Niçois du 31 mai 1884 :

« Un galant brutal — Avant-hier à deux heures de l’après-midi, deux marchandes de poisson, la mère et la fille, cette dernière dans une situation intéressante, longeaient le quai du port, lorsqu’un individu, ouvrier italien, s’approchant, donna à l’une d’elles à la plus jeune une accolade en l’accompagnant d’une expression grossière.
Indignée de ce procédé peu convenable, la jeune femme appliqua sur la joue de ce grossier audacieux un magistral soufflet. Passant de la tendresse à la colère, cet individu brisa d’un coup de pied la corbeille que portaient les deux marchandes et allait se livrer sur elles à des voies de fait sans l’arrivée de deux citoyens les nommés B… et C…, qui intervinrent et administrèrent une bonne correction à ce grossier personnage, correction que vint interrompre malheureusement l’arrivée d’un sergent de ville à la vue duquel ce Don Juan en blouse prit la fuite. »

Marchandes de poisson à Nice au début du XXe siècle sur une carte postale ancienne.

Se débarrasser des pianos, Nice 1884

Le problème du bruit se pose déjà au XIXe siècle, comme le montre un article paru dans Le Petit Niçois du 22 mai 1884. Heureusement, dans le cas évoqué, d’astucieux ouvriers trouvent une solution :

« Un moyen pour se débarrasser du voisinage des pianos. — Les pianos sont parfois bien incommodants. Le matin, en vous éveillant, vous entendez tapoter sur le clavecin ; à midi, lorsque vous savourez votre moka, vous entendez encore votre voisine d’en face qui s’évertue à faire de la musique, sans paraître se douter qu’elle vous incommode profondément, le soir, en vous couchant, la gamme sempiternelle se fait entendre encore.
Voici un moyen radical pour faire taire l’instrument agaçant.
Des ouvriers travaillant dans un atelier donnant sur la cour d’une maison de notre ville, fatigués des études incessantes de leur voisine la pianiste, se donnèrent un beau jour le mot, et, quand l’instrument se fit entendre, il se mirent tous en chœur à siffler comme un aveugle qui joue désespérément de la clarinette. Ils firent un tel tapage, que leur concert inattendu incommoda au dernier des points la belle pianiste, qui crut bon de transporter son piano dans une pièce donnant sur la rue.
Là, elle peut monter et descendre ses gammes à son aise, sans ennuyer les ouvriers, qui, heureux de leur stratagème, ont repris gaiement leur travail. »

Un adultère à Nice en 1884

1884. C’est la grande époque du vaudeville, avec ses amants dans le placard. Et pourtant, dans la vie réelle, l’adultère est un délit passible du tribunal correctionnel. Par exemple dans ce laconique article du Petit Niçois paru le 13 mai 1884 :

Un internement abusif, Nice 1884

Le Petit Niçois du samedi 11 mai 1884 raconte comment une pauvre femme qui ne commettait pas d’autre délit que d’être « atteinte d’idiotisme » va se retrouver expédiée dans un hôpital psychiatrique parce qu’elle avait la malencontreuse habitude de prendre l’air « sur le seuil d’une maison », à une époque où, d’ailleurs, les habitants sortaient des chaises devant chez eux le soir pour prendre le frais :

« Une malheureuse, atteinte d’idiotisme, se tenait habituellement sur le seuil d’une maison dans la rue Palermo.
Cette pauvre femme a été conduite provisoirement au poste ; mais nous croyons que par les soins de la police elle sera amenée dans une maison de santé. »