Archives pour la catégorie mariage

Un charivari dans les Alpes-Maritimes en 1886

« Concert ridicule, bruyant et tumultueux de poêles, de chaudrons, de sifflets, de huées, etc. qu’on donne en certaines localités aux femmes veuves et âgées et aux veufs qui se remarient [..] » Telle est la définition que Littré donne du charivari. À la fin du XIXe siècle cette coutume sévit encore et on l’a déjà évoquée dans un article, « Un charivari qui tourne mal, Nice 1884 ». Mais à la différence de ce dernier cas, dans les incidents que relate Le Petit Niçois du 1er mars 1886, les mariés ont à peu près le même âge :

Continue la lecture

Quand la bigamie tourne au vaudeville

Feydeau disait : « Quand je fais une pièce, je cherche, parmi mes personnages, quels sont ceux qui ne doivent pas se rencontrer et ce sont ceux-là que je mets le plus tôt possible en présence. » Ce genre de rencontre malencontreuse s’est produit dans l’affaire que relate Le Petit Niçois du 28 décembre 1885 :

« Un bigame. – On raconte qu’en 1881, un sieur Joseph Vial, cuisinier, épousait à Cbâteldon (Puy-de-Dôme) une femme de chambre, nommée Marie Grangeon.
Vial paraissait rangé, travailleur ; mais une année auparavant, le 6 novembre 1883, il avait pris pour femme, en légitime mariage, une Italienne, du nom de Catarina Basso, qu’il avait connue à Nice.
Vial avait rangé sa vie d’une façon charmante. Tandis que sa seconde femme suivait les cours de l’École d’accouchement à Clermont, il venait passer l’hiver à Nice, auprès de sa première compagne.
Cette année-ci, Marie Grangeon voulut suivre son mari dans le Midi. Il était facile de prévoir ce qui est arrivé : Marie et Catarina se sont trouvées en présence ; toutes deux se sont prévalues de certains papiers, et, sur une lettre écrite par l’Italienne à Châteldon pour avoir des renseignements, ordre a été donné par le parquet de Thiers d’arrêter à Nice cet époux en partie double. »

Carnet rose, Nice 1884

Un entrefilet paru dans Le Petit Niçois du 29 décembre 1884 annonce un mariage mondain que peu de romanciers oseraient imaginer :

« Mariage. – On annonce comme devant avoir lieu prochainement un mariage qui doit unir deux vieilles familles niçoises : celui du vicomte Charles Giletta de Saint-Joseph avec Mlle Vera Lacroix, fille de M. Albert Lacroix, banquier. »

Le mariage aura lieu le 2 février 1885. C’est le maire de Nice, Alfred Borriglione, qui le célèbre, alors que d’ordinaire la tâche est confiée à un adjoint. Un coup d’œil dans l’état-civil apprend que la jeune épouse est née le 10 avril 1863 et qu’en fait de « vieilles familles niçoises » sa mère est originaire de Moscou, ce qui explique d’ailleurs le prénom de Vera. On ose à peine imaginer les raisons de cette union, le banquier donnant sa fille à un aristocrate qui a un blason à redorer…

Un charivari qui tourne mal, Nice 1884

Le Petit Niçois du 1er juillet 1884 rapporte un fait divers en apparence banal, mais que le journaliste n’analyse pas dans sa profondeur.

« Tentative d’assassinat à la Magdeleine. — Dans la soirée de samedi, vers minuit, au quartier de la Magdeleine, une bande de jeunes gens faisaient un vacarme épouvantable sous les fenêtres du nommé Massa Antoine, qui s’était marié, dans la journée, avec une jeune fille du quartier.
Tout d’abord, le nouveau marié ne dit rien ; mais hier le vacarme ayant recommencé, il sortit furieux de son domicile armé d’un couteau, avec lequel il frappa le nommé Orselli Louis, qui fut atteint à la cuisse, Aux cris poussés par le blessé, le nommé Acquarone Pierre accourut à son secours. Mal lui en prit, car Massa, tournant sa fureur contre lui, lui porta un coup de couteau dans le ventre. Acquarone tomba grièvement blessé.
Après cet exploit, le coupable rentra chez lui où l’on ne tarda pas à venir l’arrêter. Le docteur Thaon, appelé en toute hâte pour donner des soins au blessé, a constaté que la blessure reçue par Acquarone était mortelle. »

Schématisons les circonstances : Massa, qui est veuf et, d’après l’état-civil se prénomme Michel, est âgé de 36 ans. Son épouse, Pauline Bonifassi, a 24 ans. Leur nuit de noces est perturbée par le tapage dû à une bande de jeunes gens. On est donc devant un typique charivari.
Rappelons la définition qu’en donne Littré : « Concert ridicule, bruyant et tumultueux de poêles, de chaudrons, de sifflets, de huées, etc. qu’on donne en certaines localités aux femmes veuves et âgées et aux veufs qui se remarient, et aussi à des personnages qui ont excité un mécontentement. »
Le veuf qui se remarie avec une jeune fille est victime du charivari par ce qu’il dérobe une épouse à une classe d’âge qui n’est pas la sienne.

Un adultère à Nice en 1884

1884. C’est la grande époque du vaudeville, avec ses amants dans le placard. Et pourtant, dans la vie réelle, l’adultère est un délit passible du tribunal correctionnel. Par exemple dans ce laconique article du Petit Niçois paru le 13 mai 1884 :

Une femme battue, Nice 1881

On n’oserait plus aujourd’hui écrire un article comme celui qui est paru dans Le Petit Niçois du 11 octobre 1881, même si, malheureusement, des faits semblables sont encore courants. Mais on emploierait pas certaines de ses expressions.

Continue la lecture

#ChallengeAZ 2016 S comme Symétrie

Le 2 mars 1851, qui est un dimanche, on célèbre un double mariage dans le village de Wuenheim (Haut-Rhin), un clocher au milieu des vignes à 5 km de Guebwiller, avec presque mille habitants : Continue la lecture

Mariage pour tous en 1787

Le Journal de la généralité de Montpellier  succède aux Annonces, affiches et avis divers de Montpellier dont il reprend la maquette et les différentes rubriques. Dans son numéro du samedi 4 août 1787, il relate un événement étonnant qui n’a pas eu lieu en Languedoc, mais en Saintonge et qui serait digne de figurer parmi les contes libertins de ce temps-là : Continue la lecture

#ChallengeAZ 2015 W comme Wagner

Qu’on se rassure, je ne vais pas parler de ce musicien saxon qui nous a laissé des opéras aux grâces et à la légèreté de semi-remorque, mais de mon Sosa 945, autrement dit ma septième arrière-grand-mère, qui s’appelait Anne Wagner. Si on devait traduire ce patronyme, cela donnerait Charron ou Carron. À vrai dire on n’a que très peu d’éléments sur elle, tout juste un acte de mariage établi dans la paroisse protestante de Rothau, qui appartient aujourd’hui au Bas-Rhin : le 10 juin 1679 elle épouse un certain Nicolas Banzet natif de Solbach à quelques kilomètres de là, qui est nommé Colas Louz dans l’acte où on lui donne le patronyme de son beau-père. Le document, qui est en français, dit qu’elle est « de Oberrotweil en Breisgau » ; elle vient donc du Pays de Bade, sur l’autre rive du Rhin, exactement du Kaiserstuhl, un minuscule massif volcanique qui est presque au bord du Rhin. Pourquoi est-elle venue en Alsace ? Encore un mystère lié à la généalogie.

AM Banzet Nicolas x Wagner Anne 1679 Rothau

#ChallengeAZ 2015 Un divorce en 1794

La première loi qui institue le divorce en France date du 20 septembre 1792 et c’est le 29 du même mois que l’armée française occupe Nice, y important le code juridique de la République. Un acte d’état-civil dressé le 4 août 1794 – six jours avant la chute de Robespierre – montre comment la nouvelle procédure a pu s’appliquer. Continue la lecture