Archives pour la catégorie misère

Il campe Boulevard de Cimiez, Nice 1884

Cimiez, un des plus beaux quartiers de Nice, l’antique Cemenelum, la cité fondéepar les Romains pour concurrencer sa voisine, la grecque Nikaia, n’est plus en cette fin du XIXème siècle, qu’un coin de campagne que touche à peine l’extension de la nouvelle ville, car on commence à y édifier de luxueuses villas. Preuve d’une ruralité qui dure encore : il y a des gardes champêtres et non des gardiens de la paix. C’est sur une des artères principales, le Boulevard de Cimiez, qu’un pauvre hère a choisi de dormir, en cette fin d’automne où le froid humide rend la nuit plus dure pour les miséreux, ainsi que le relate un article du Petit Niçois le 7 décembre 1884 :

« Endormi. — Les nuits sont froides et l’on gèle sur la grande route. Les gardes champêtres Camous et Ramoin ont trouvé avant-hier, sur le grand boulevard de Cimiez, le nommé Vial Honoré, âgé de 17 ans, endormi près d’un grand feu allumé. A côté du dormeur il y avait un paquet de linges dont Vial n’a pu justifier la provenance. C’est pourquoi il a été mis en état d’arrestation. »

Cimiez sur une carte postale de 1905. On aperçoit au fond l’hôtel Regina,
construit en 1896 en haut du Boulevard de Cimiez.

 

Deux enragés, Nice 1883

Deux articles qui se suivent dans le Petit Niçois du 30 août 1883. Est-ce le fruit du hasard ou de l’humour d’un maquettiste facétieux ? On ne saurait le dire, mais ils évoquent tous les deux des cas de rage, le premier au figuré, le second au sens propre car l’hydrophobie est l’ancien nom de cette maladie contre laquelle Pasteur créera son vaccin deux ans plus tard.

« Un mendiant ivrogne. — Hier matin, un chiffonnier nommé Simon Jérôme, causait un véritable scandale dans la rue Colona d’Istria. Cet homme, ivre, était à moitié nu, et entrait de porte en porte pour demander l’aumône. L’agent de police Seylier vint pour l’arrêter, mais le chiffonnier se révolta, prit la chaîne et la montre de l’agent qu’il brisa et chercha à fuir.
Quelques personnes aidèrent l’agent à contenir ce furieux. Un autre agent de police étant survenu, on se mit en devoir de conduire l’ivrogne au violon. Pendant le trajet, Simon Jérôme, repris d’une furie de résistance, se jeta sur l’agent Roussel, le mordit à la main droite, lui déchira le gilet et chercha à briser sa montre comme il l’avait fait de celle de son camarade.
On eut toutes les peines du monde à coffrer cet individu, mais enfin on y parvint »

« Un chien abattu. — Hier matin, à 10 heures, un chien qui errait aux environs de ia Gare donnait quelques signes d’hydrophobie. Par précaution on appela des ouvriers qui travaillaient dans la cour de la Gare, qui eurent bientôt fait d’abattre la bête menaçante. »

On peut se poser des questions sur la façon dont le chien a été abattu, car ces ouvriers qu’on mobilise en plein travail n’avaient sûrement pas d’armes : on imagine l’acharnement des pelles et des pioches sur l’animal.

Enfants à céder, Nice 1882

La Côte d’Azur n’est pas un paradis pour tout le monde, comme en témoigne un article du Petit Niçois le jeudi 30 novembre 1882 :

« On offre un ou deux petits enfants. — Voici un avis que l’on nous prie de publier. Comme on le verra, il est assez rare, heureusement, que des journaux aient à publier des offres semblables :
Un pauvre ménage, réduit à la plus extrême misère, — le mari ne travaille pas depuis très longtemps, et la femme est souffrante, — ayant quatre enfants à nourrir : un de 7 ans, un autre de 4 ans, et les deux derniers, jumeaux, âgés de 10 mois à peine, donnerait volontiers à quel¬que personne qui serait en mesure de les bien élever, un ou même deux de ses enfants. On comprend quel sacrifice ferait ainsi cette mère, surtout ; mais elle s’y voit obligée, car il lui est absolument impossible de nourrir ses quatre enfants.
S’adresser A Mme Millavaca Teresa, boulevard Risso, maison Weil. »

Prolétariat, Nice 1882

Voici un article paru le lundi 11 septembre 1882 dans le Petit Niçois. Difficile d’être à la fois plus vague et plus précis :

« Arrestations — La police a arrêté hier matin, à 4 heures, les individus ci-après désignés qui ont été trouvés couchés dans une baraque située rue de l’Escarène :
Labbé Hiquette, 20 ans, maçon ;
Rocca David, 18 ans, maçon ;
Fossatti, Gaétan, 16 ans, menuisier ;
Lamberti, 18 ans, maçon ;
Ravel Joseph, 17 ans, maçon. »

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Misère, Alpes-Maritimes 1882

Trois articles parus dans le même numéro du Petit Niçois lundi 29 mai 1882 qui laissent entrevoir la condition des classes les plus modestes sur une Cote d’Azur hospitalière aux plus riches. Les faits évoqués dans les deux premiers se déroulent à Nice.

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Mendicité, Nice 1881

Trois lignes qui laissent pantois, celles qu’on peut lire dans Le Petit Niçois du 15 décembre 1881. L’article se passe de commentaires.

Divers faits divers, Nice 1881

Quatre courts articles qui se suivent dans Le Petit Niçois du jeudi 27 octobre 1881. Ils donnent par petites touches – à l’instar des tableaux impressionnistes de la même époque – une idée de quelques aspects de la vie à Nice en ce temps-là, une vie qui a été très dure pour certains.

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Un marchand de sommeil à Nice en 1881

L’exploitation de la misère ne date pas d’aujourd’hui, comme le montre un article du Petit Niçois paru le 17 septembre 1881, Continue la lecture