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Un infanticide à Nice en 1885

 

C’est une fois de plus une lamentable histoire d’infanticide que relate Le Petit Niçois dans un article du 1er août 1885 en rapportant une séance de la cour d’assises des Alpes-Maritimes. On notera la partialité du journaliste qui, d’emblée, met en doute la moralité de la jeune femme.

«                          Affaire Rayna Marie
                                    Infanticide
L’audience de l’après-midi est consacrée à l’infanticide, commis dernièrement à Nice, dans une maison de la route de Turin,
La fille Rayna était domestique chez les époux Novello. Elle avait un amant, plusieurs même, paraît-il, et, dans ses sorties fréquentes, allait roucouler avec eux. Si bien qu’un beau jour elle se sentit enceinte. Elle se garda de l’avouer À ses maîtres ni à personne ; au contraire elle fit tous ses efforts pour dissimuler son état.
Vint le jour de l’accouchement. Que se passa-t-il dans la chambre de la fille Rayna ? Elle eut la force de supporter les douleurs atroces de l’enfantement sans appeler aucun secours. On ne tarda pas à trouver le corps du nouveau-né dans les cabinets.
M. le Dr Grinda fat le premier à se rendre sur les lieux.
Le témoignage qu’il apporte aux débats est des plus importants. D’après lui, la fille Rayna n’a pas dû accoucher dans le lit. Une flaque de sang qu’il a remarquée sur le sol lui fait supposer que la mort du petit être a pu être causée par imprudence.
M. le Dr Guillabert, qui a fait l’autopsie du corps, pense que l’infanticide a été commis volontairement.
M. Giraud, qui porte l’accusation, soutient naturellement avec vigueur le système de M. le Dr Guillabert. L’honorable substitut, établit eu outre la préméditation par ce fait que la fille Rayna n’avait rien préparé pour recevoir son enfant. Il met le jury en garde contre tout accès de sensiblerie ; il se borne à réclamer une pénalité mitigée.
Me Alexandre Médecin, s’acquitte de sa tâche de défenseur avec un réel talent. Les considérations qu’il fait valoir en faveur de la malheureuse fille qu’il défend, font une visible impression sur te jury.
Le verdict, rendu après une assez longue délibération, écarte la première question relative à l’infanticide volontaire.
Sur la question subsidiaire d’homicide par imprudence, la réponse du jury est affirmative.
En vertu de ce verdict la Cour condamne la fille Rayna à 2 ans de prison et à 50 francs d’amende.
La sentence est prononcée à 8 heures et demie. »

L’âne de Sospel, 1885

Dans Le Petit Niçois du 4 juillet 1885, le correspondant à Sospel du quotidien raconte un incident qui met en scène un âne à l’étrange comportement et son maître, un Italien. L’Italie n’est en effet qu’à quelques kilomètres de ce village de montagne et c’est l’occasion d’exprimer une certaine italophobie qui est permanente dans les colonnes du journal.

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Deux accidents, Nice 1885

Deux articles qui se suivent dans Le Petit Niçois du 25 juin 1885 et racontent chacun la même chose : une femme est tombée d’une voiture. Mais dans un cas le journaliste y va de sa leçon de morale car il s’agit d’une femme sans doute indépendante qui a la possibilité de boire seule ; une expression est d’ailleurs à noter :  » son liquide favori « , alors que pour un homme on aurait probablement précisé la nature du breuvage, cognac ou autre. Le récit du deuxième accident est bien différent, alors qu’il relate un événement identique ; toute possibilité d’une responsabilité quelconque de la femme est écartée et elle est réduite à la passivité d’un objet.

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Négligences, Alpes-Maritimes 1885

Les accidents survenant à de petits enfants composent une rubrique régulière et presque quotidienne du journal. Force est de constater qu’en ce temps-là les parents se comportent avec une certaine désinvolture. En témoignent deux articles parus le 17 et le 18 juin 1885 dans Le Petit Niçois.

« Un enfant écrasé. — Un accident malheureux est arrivé hier dans l’avenue Pauliani, près de la place d’Armes. Un enfant de quinze mois environ que ses parents laissaient jouer tout seul au milieu du chemin, a été renversé par une charrette dont une des roues lui a passé sur le bras. On pense que le lourd chariot à brisé facilement le bras délicat du pauvre petit. Il a été transporté à la pharmacie Faraut où les premiers :oins lui ont été donnés.
L’état du petit blessé est grave ; nous souhaitons qu’on puisse le sauver.
Nous voudrions que ce déplorable accident servît au moins d’exemple aux parents imprudents qui laissent leurs enfants sans surveillance dans les rues. »

« GRASSE
Un terrible accident, dû encore à l’imprudence des parents, est arrivé à Grasse.
La dame Pastorelli, dont le mari, boucher est absent pour les besoins de son commerce, après avoir habillé son enfant, âgé de 26 mois, avait allumé le feu pour préparer le café, puis était descendue au rez-de-chaussée pour ouvrir le magasin et prendre un peu de lait. Lorsqu’elle rentra dans son appartement au bout de quelques minutes, un spectacle épouvantable s’offrit à ses yeux. Son enfant gisait à terre, entouré de flammes et se tordant dans d’horribles souffrances. Le pauvre petit, pendant l’absence si courte de sa mère, s’était approché du feu; un charbon, une étincelle l’a sans doute atteint et a mis le feu à ses légers vêtements. La mère, étreignant son enfant, réussit à éteindre les flammes; mais il était trop tard ! Le corps du petit être est couvert d’affreuses brûlures qui font craindre un dénouement fatal. La famille est dans le désespoir. »

Mœurs conjugales, Alpes-Maritimes 1885

Pas toujours facile d’être marié en ce temps-là. Deux articles du Petit Niçois parus coup sur coup le 15 et le 16 juin 1885 montrent comment il est dur d’évoluer entre violences domestiques et rigueur des lois. Le premier se déroule à Nice, tandis que le second évoque le proche « arrière-pays ».

« Entre beau-père et gendre. — Un drame de famille s’est passé hier soir dans une maison des environs de la rue Centrale.
Durant le dîner, une discussion survint entre le mari et la femme. Des paroles fort vives furent échangées, et le mari, un nommé Toussaint, irrité, donna un soufflet à sa moitié.
Le père de celle-ci, qui se trouvait là, prit parti pour sa fille, et la dispute s’éleva alors entre les deux hommes. Le beau-père, qui est fort et robuste, s’arma d’un lourd bâton et en assena un coup violent sur la tête de son gendre qui tomba baigné dans son sang.
La blessure de Toussaint est grave : il a été transporté à l’hôpital où tous les soins nécessaires lui sont donnés. »

« Adultère. — On a amené hier, à 1 heure, à la prison de Nice an couple qui a été arrêté à Roquebillière en flagrant délit d’adultère. L’homme s’appelle Cornillon et la femme Otto. Ils comparaîtront sous peu devant notre Tribunal. »

Relâche

Au 18e siècle Nice  à été épargnée  par la peste.

Au 19e elle a résisté au choléra .

Au 21e ce modeste blog est victime

Chasse au chien, Alpes-Maritimes 1885

1885, c’est l’année où Pasteur met au point son vaccin contre la rage. Mais en attendant, la terrible maladie continue ses menaces et, pour se protéger, on en est réduit à éliminer les animaux qui sont atteints comme en témoigne cet article du Petit Niçois paru le 19 mars 1885 :

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Une pauvre folle, Nice 1884

Le 6 décembre 1884 on peut lire dans Le Petit Niçois un nouvel internement en hôpital psychiatrique, on serait tenté de dire une nouvelle arrestation arbitraire. En effet on n’y trouve aucune allusion à un quelconque examen médical, ni à quelque comportement de la jeune femme qui pourrait justifier son enfermement : on lui reproche seulement « d’errer », autrement dit de marcher sans but.

« Une pauvre folle. — Avant hier, la police a interné à l’hospice des aliénés de St-Pons, une jeune folle, la nommée Gastaldi Marie, qui, ayant perdu la raison, errait au quartier du Var. »

Ce blog a déjà publié des articles sur le même sujet, « Un internement abusif, Nice 1884 » et « Une folle, Nice 1884 ».

Laïcité à Cannes en 1884

Un très court article du Petit Niçois du 16 juin 1884 montre déjà les tendances qui aboutiront à la fameuse loi de 1905. Il faut rappeler que ce quotidien est radical et anticlérical.

« CANNES
Un arrêté du maire de Cannes, en date du 5 juin dernier, interdit toutes les manifestations extérieures du culte et notamment les processions sur la voie publique. »

Chiens errants, Cannes 1884

La chasse aux chiens errants bat son plein à Nice depuis deux ans, voir  l’article  » Tableau de chasse, Nice 1882″ qui définit ce qu’est le Ciapacan. Mais, apparemment, ces mesures ne suffisent pas et Le Petit Niçois du 13 juin 1884 contient carrément des menaces contre les propriétaires de chiens. On remarquera que l’auteur de l’article vise les femmes.

« Chiens errants. — Gardez bien vos chiens, Mesdames, veillez sur vos carlins ! Le Ciapacan ne plaisante pas et se montre impitoyable. Les rafles sont fructueuses et sa charrette est toujours bondée. Avant-hier, 60 chiens, bouledogues, épagneuls grouillaient dans un bahut à deux roues. Plusieurs ont été tués.
Mesdames, encore une fois, gardez bien vos toutous. »