MAIORES NOSTRI

Une langouste contestable, Nice 1887

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Le Petit Niçois du 22 août 1887 offre un article qu’on pourrait ranger avec ceux assez fréquents qui évoquent des querelles entre femmes, souvent de petite vertu. Celui-là a la particularité d’être presque un document sociologique sur les deux femmes mises en scène :

« À la Poissonnerie. – Une scène tragi-comique s’est déroulée hier vers 18 h. 1/2 du matin à la halle aux poissons. Une dame se présente à une marchande et lui demande une langouste très fraîche.. Comme. l’acheteuse a peur des antennes du crustacé, elle n’ose pas le toucher pour l’examiner. Elle paie et emporte la langouste dans un panier soigneusement fermé. Mais, en arrivant chez elle un des membres de sa famille croit s’apercevoir que le crustacé n’est pas précisément de la première fraîcheur et exhale même certaine odeur suis generis.
La dame devient alors furieuse, rapporte la langouste à là marchande et veut se faire.rendre. l’argent déboursé. La poissonnière refuse, une altercation s’en suit et le différend est porté devant un agent de police qui passait. Ce fonctionnaire réussit à grand peine à faire reprendre a la. marchande le poisson à la fraîcheur douteuse. Mais cette dernière n’a pu s’accommoder longtemps de cet arrangement forcé. Cédant à son caractère emporté, elle a pris à parti la dame et l’a achevée d’injures.
Celle-ci, terrifiée sous le flot du vocabulaire poissard que lui lançait à la tête la dame de la halle a dû recourir une seconde fois à l’intervention de la police, pour calmer sa trop irascible adversaire. »

Les deux protagonistes du fait divers incarnent chacune un type social.
La marchande se caractérise par son truculent langage et par l’honnêteté très relative qui ne l’empêche pas de vendre une langouste à la fraîcheur douteuse. Un adjectif la résume :  » poissard « , en assonance avec poissonnière, Il signifie, pour Littré, « qui imite le langage et les mœurs du plus bas peuple. »
La cliente représente au contraire la femme bourgeoise qui s’est créée au XIXe siècle. Elle a entre autre tache celle de veiller aux repas de sa famille. Et plus la condition de celle-ci est supposé être haute, plus les compétences exigées sont élevées. La dame doit être capable de reconnaître une langouste fraîche comme son mari de découper un gigot.

Une enfant martyre, Nice 1887

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Le 2 août 1887 Le Petit Niçois rapporte un cas de maltraitance sur enfant. C’est bien le terme d’enfant qui est employé dans l’article bien que la jeune victime ait 16 ans, mais il faut rappeler que la puberté était beaucoup plus tardive au XIXe siècle qu’aujourd’hui. Les supplices infligés par la mère à son enfant font penser à des pratiques SM. L’écriture de l’article mérite quelques remarques. D’abord la phrase « toutes deux sont d’origine italienne »; il est évident que si la mère est d’origine italienne, sa fille le sera aussi. Si le journaliste insiste aussi lourdement, c’est qu’il participe à l’italophobie assez générale à Nice en ce temps-là.

« Une mère dénaturée. – Certains faits sont tellement contre nature, tellement révoltants que l’on ne saurait jamais assez sévèrement les qualifier. De ce nombre est celui dont nous avons à entretenir aujourd’hui nos lecteurs.
Dans la rue Chauvain, habite avec sa fille une dame C… qui exploite un petit commerce. La mère est âgée de 40 ans environ, la fille a 16 ans à peine. Toutes deux sont d’origine italienne. Or, il paraît que cette mère dénaturée fait subir à sa fille des traitements tels que les voisins indignés ont dû intervenir à diverses reprises pour protéger la pauvre enfant. Une des principales distractions de la dame C… est paraît-il d’attacher sa fille les bras en croix, au pied de son lit, et de la battre ensuite comme plâtre à coups de soulier ; d’autres fois, elle lui lie les mains derrière le dos, l’attache à sa bascule ou à un pilier et lui fait passer la nuit dans cette position.
Attirés par les gémissements de l’enfant, les voisins, nous le disions tantôt, ont dû plusieurs fois intervenir pour faire cesser ces barbares traitements, mais la mère ne se corrigeant pas et redoublant au contraire de sévérité, plainte a été portée à la police qui a sévi comme elle le devait. La dame C… a été arrêtée avant-hier soir et, après une nuit passée violon, elle a été déférée hier matin au Parquet. »

Le vaudeville tourne mal, Nice 1887

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Le Petit Niçois du 30 juillet 1887 rapporte une situation qui prêterait à sourire tant elle est proche du vaudeville, mais la seule solution que les protagonistes trouvent à leur problème de couple est le pugilat. Le plus étonnant est d’ailleurs que la femme s’habille en homme pour exercer des violences sur une autre femme.

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Horrible imprudence, Menton 1887

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La poix est utilisée depuis la préhistoire. Au XIXe siècle elle sert surtout à assurer l’étanchéité des navires en bois. Mais qu’est-ce que comptait faire cet imprudent avec sa casserole de poix ? L’article du Petit Niçois qui l’évoque le 22 juillet 1887 ne le précise pas.

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Tel est pris… Alpes-Maritimes 1887

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« Tel est pris qui croyait prendre » : cette morale d’une fable de La Fontaine pourrait convenir à l’insolite histoire survenue au village de Moulinet dans les Alpes-Maritimes et que rapporte Le Petit Niçois du 19 juillet 1887.

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Brutalité, Nice 1887

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Une agression bien insolite, dont le journaliste qui la raconte dans Le Petit Niçois du 12 juillet 1887 ne cherche pas la cause :

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Massacre au milieu des faïences

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Trois gardiens de la paix qui poursuivent un chien et s’acharnent sur lui à coups de sabre et de revolver dans un magasin de faïence, telle est la scène surréaliste avant la lettre évoquée dans Le Petit Niçois du 2 juillet 1887. Cela fait pourtant deux ans que Pasteur a vaincu la rage, mais la maladie continue à effrayer.

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Un joli ménage, Nice 1887

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C’est la trame d’un roman à la Francis Carco que l’on découvre dans un article du Petit Niçois le 28 mai 1887 :

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Asperges au phosphore

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Bien naïf et audacieux le maraîcher ou le marchand des quatre saisons qui s’est livré à la fraude révélée par un article du Petit Niçois le 22 mai 1887 :

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Horrible découverte à Nice en 1887

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On pourrait s’étonner de ce que la vidange de ces latrines soit assurée par un paysan d’après Le Petit Niçois du 12 mai 1887. Aussi nous renvoyons à un article paru sur ce blog, « Agriculture bio à Nice au XIXe siècle » qui montre comment on pouvait enrichir les sols en ce temps-là. En tout cas ici la recherche d’engrais débouche sur une trouvaille qui renvoie à une autre thématique de cette fin du XIXe siècle, à savoir la fréquence de l’infanticide et des avortements clandestins.

« Découverte d’un fœtus dans une fosse d’aisance. – Avant-hier dans la soirée, le nommé Martin, cultivateur des environs de Nice opérait la vidange de la fosse d’aisance de la maison n° 4, rue Molonat, Il se servait pour cette opération des petits barils odorants que l’on sait. Pendant qu’il accomplissait ce travail, il trouva parmi les matières fécales un paquet assez volumineux, il le mit de côté et ne s’en occupa pas davantage.
Au matin, le locataire de la maison, un nommé Debardi, descendit dans le petit local où Martin avait travaillé la nuit, pour faire un nettoyage ; il trouva le paquet mis de côté par le paysan, l’examina au grand jour et reconnut l’objet qui n’était autre qu’un fœtus en décomposition. Il prévint aussitôt la police et celle-ci commença une enquête
Ce fœtus est celui d’un mort-né mis au jour avant terme ; il a dû séjourner un mois environ clans la fosse. On l’a transporté au dépositoire du Château où M. Guillabert, médecin-légiste, a dû l’examiner hier pour établir si c’était un accouchement naturel avant terme qui a causé la mort de l’enfant, ou bien si ce n’étaient pas des manœuvres abortives pratiquées sur la mère, qui auraient produit ce résultat.
La mère est une Italienne qui occupait avec son mari le logement actuellement habité par M. Debardi dans la maison où l’on a découvert le fœtus. Elle a été longtemps malade pendant sa grossesse et est partie, il y a un mois environ, pour l’Italie où elle est morte.
L’enquête dont nous parlions plus haut nous fera connaître s’il y a eu crime, ou faute. Selon le cas, des poursuites pourront être exercées contre l’auteur et les complices de la mort de l’enfant. En admettant même que cette mort soit naturelle, c’est une grave faute que de l’avoir jeté dans une fosse d’aisance ; une punition est nécessaire. »