Archives pour la catégorie psychiatrie

Folle par amour, Alpes-Maritimes 1885

On peut lire dans Le Petit Niçois du 17 mars 1885 un bien triste fait divers qui illustre à nouveau la facilité avec laquelle on pratique en ce temps-là l’enfermement psychiatrique :

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Une pauvre folle, Nice 1884

Le 6 décembre 1884 on peut lire dans Le Petit Niçois un nouvel internement en hôpital psychiatrique, on serait tenté de dire une nouvelle arrestation arbitraire. En effet on n’y trouve aucune allusion à un quelconque examen médical, ni à quelque comportement de la jeune femme qui pourrait justifier son enfermement : on lui reproche seulement « d’errer », autrement dit de marcher sans but.

« Une pauvre folle. — Avant hier, la police a interné à l’hospice des aliénés de St-Pons, une jeune folle, la nommée Gastaldi Marie, qui, ayant perdu la raison, errait au quartier du Var. »

Ce blog a déjà publié des articles sur le même sujet, « Un internement abusif, Nice 1884 » et « Une folle, Nice 1884 ».

Suicide d’un fou

Un article du Petit Niçois paru le 16 octobre 1884 vient compléter la vue qu’on peut avoir de la psychiatrie dans ces années-là :

« Suicide d’un fou. — Un pensionnaire de l’hôpital de St-Pons, employé à faucher des herbes dans les dépendances de cet établissement, s’est donné la mort, avant-hier, en se tranchant la carotide à l’aide d’une faucille. »

Ce malheureux avait-il déjà manifesté des tendances au suicide ? De toute façon il n’était guère prudent de lui confier une faucille.

Une folle, Nice 1884

Dans Le Petit Niçois du 7 octobre 1884 on lit le récit d’un enfermement en hôpital psychiatrique :

« Une folle. — Avant-hier les gardes champêtres apercevaient sur le pont du Var, une femme presque nue, qui gambadait, gesticulait poussant des cris qui n’avaient rien d’humain.
S’étant approchés d’elle, ils la ramenèrent à Nice, où elle fut visitée par le docteur Arnulphy qui ordonna son internement immédiat à l’hospice de St-Pons. »

Qui est ce docteur Arnulphy ? Un coup d’œil dans l’Annuaire Commercial des Alpes-Maritimes de 1884 suffit à convaincre de ses compétences en psychiatrie :

Ce Jardin-Public est actuellement le Jardin Albert 1er. Le père et le fils – on ne sait pas lequel aura signé l’ordre d’internement – se qualifient tous les deux d’homéopathe, spécialité fort utile pour pratiquer la psychiatrie. Le père, qui estimait sans doute ne pas avoir assez de titres, s’est ajouté celui de « chevalier », italianisme pour « cavaliere ». Quant à leur nom, il résulte de la francisation de « Arnulfi », indice selon lequel ces médecins chercheraient une clientèle chic et « française », tournant le dos aux Nissards.
Sur une arrestation tout à fait semblable, on pourra lire sur ce blog l’article « Un internement abusif »

Un internement abusif, Nice 1884

Le Petit Niçois du samedi 11 mai 1884 raconte comment une pauvre femme qui ne commettait pas d’autre délit que d’être « atteinte d’idiotisme » va se retrouver expédiée dans un hôpital psychiatrique parce qu’elle avait la malencontreuse habitude de prendre l’air « sur le seuil d’une maison », à une époque où, d’ailleurs, les habitants sortaient des chaises devant chez eux le soir pour prendre le frais :

« Une malheureuse, atteinte d’idiotisme, se tenait habituellement sur le seuil d’une maison dans la rue Palermo.
Cette pauvre femme a été conduite provisoirement au poste ; mais nous croyons que par les soins de la police elle sera amenée dans une maison de santé. »

Un chien fou ? Nice, 1882

On peut se le demander en lisant Le Petit Niçois du 31 janvier 1882 :

L’abbaye de Saint-Pons, à trois kilomètres de Nice, en 1864
L’hospice était situé à côté.