Archives pour la catégorie société

Une révolution

Huit heures et demi ou bien 20h 30 ? Nous emploierons l’une ou l’autre formule suivant le contexte ou la situation. Mais à la fin du XIXe siècle qui ne connaissait d’abord que la première expression, la deuxième apparaît comme une invention des savants contraire au sens commun, ainsi qu’en témoignent les étonnements d’un journaliste dans un article du Petit Niçois paru le 29 octobre 1884 :

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Histoire d’eau, Nice 1884

On a oublié ce que représentait, il y a un peu plus de cent ans dans le sud de la France, l’accès à de l’eau fraîche et censée pure, ainsi qu’en atteste ce quasi courrier des lecteurs paru dans Le Petit Niçois du 20 août 1884 :

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Le drapeau national piétiné, Nice 1884

Voici ce qu’on pouvait lire dans Le Petit Niçois du 14 août 1884. Toute ressemblance avec des faits contemporains serait purement fortuite.

« Respect au drapeau. — Un fait assez grave, s’il n’avait pour excuse l’état d’ivresse dans lequel se trouvaient les immondes individus qui l’ont commis, a eu lieu avant-hier en plein jour dans notre ville.
Trois ouvriers italiens, les nommés : Caliera Sébastien, âgé de 20 ans, Berga Giulio, âgé de 23 ans et Grosso Giovanni, âgé de 20 ans, ont foulé aux pieds et traîné dans le ruisseau le drapeau français, en proférant des grossières injures et des menaces contre la France et les Français.
La police a mis immédiatement en état d’arrestation ces trois malpropres qui comparaîtront bientôt devant le Tribunal correctionnel. Nous espérons qu’on leur infligera la sévère punition qu’ils méritent. Nous ne saurions permettre à des étrangers que nous hébergeons, auxquels nous donnons du travail et du pain, fussent-ils des ivrognes, d’insulter notre drapeau, l’emblème de la Patrie française. »

Apprenez à vous éclairer, PLM 1884

En 1884, certaines voitures du PLM – Paris-Lyon-Méditerranée, une des sociétés de trains qui se fondront plus tard dans la SNCF – commencent à être équipées d’un éclairage au gaz. Comme les voyageurs ne sont guère accoutumés à ce progrès, Le Petit Niçois du 16 mai reproduit en première page les conseils de la compagnie sur l’emploi du procédé :

« Voici quelques renseignements sur l’éclairage au gaz des trains de la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. :
Les nouvelles voitures aménagées pour cet éclairage vont être pourvues d’un robinet spécial, qui permettra de donner la lumière ou de la diminuer à volonté. À l’aide d’un mécanisme des plus simple, appelé « mise en veilleuse », les voyageurs, que la trop grande clarté indisposerait la nuit, pourront, comme l’indique le nom de cet appareil, réduire à l’état de veilleuse la lumière de la lampe de leur compartiment. Ce résultat s’obtiendra d’une façon automatique par la fermeture des deux moitiés du rideau dont sont munies ces lampes, c’est-à-dire qu’une seule partie du rideau abaissée laissera la flamme à son état normal, éclairant un des côtés du compartiment, tandis que l’autre se trouvera dans l’ombre, mais les deux côtés rabattus ensemble donneront la mise en veilleuse, soit une diminution totale dans la somme de lumière.
Par ce système, les lampes des trains éclairés pendant le jour, pour le passage des tunnels, ou celles des compartiments inoccupés pendant la nuit seront mises en veilleuses, et il y aura de ce fait une économie notable de consommation du gaz. »

Un percepteur grincheux, Nice 1884

À l’époque de Courteline, la critique d’une administration publique et des petits tracas qu’elle impose au citoyen n’a rien d’insolite. Mais Le Petit Niçois dans un article du 15 mai 1884 va plus loin et assigne à d’obscures intentions antirépublicaines le comportement d’un fonctionnaire qui souhaiterait ainsi rendre impopulaire le régime qu’il représente :

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Alerte au phylloxéra, Grasse 1884

Dans les années 1870- 1880 le phylloxéra, redoutable parasite de la vigne, investit la majeure partie du vignoble français, provoquant la ruine de nombreux viticulteurs ainsi parfois que leur révolte. Le Petit Niçois du 5 mai 1884 dénonce l’arrivée de l’insecte dans les Alpes-Maritimes :

« Phylloxéra. – Le Commerce de Grasse donne une mauvaise nouvelle pour nos vignobles. La présence du phylloxéra a été constatée au quartier des Aspres, près de Grasse dans les plantiers de divers propriétaires. Les taches y sont très étendues et invasion a pris un caractère de gravité des plus fâcheux. Il est à craindre, en outre, que de ce point le maudit puceron ne gagne bientôt les riches vignobles de la plaine de Saint-Antoine. Aux propriétaires de redoubler de vigilance. »

Encore des pubs, Nice 1884

Tout au long du mois de janvier 1884, Le Petit Niçois publie sur sa quatrième et dernière page des publicités pour un magasin de confection – on ne disait pas encore prêt à porter – à succursales multiples, La Belle Jardinière, dont la première boutique avait ouvert à Paris en 1824 et dont les dernières ont fermé au début des années 1970.

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Des pubs, Nice 1883

En 1883 la publicité est déjà envahissante et investit tout espace disponible : affiches sur les murs, hommes-sandwiches sur les trottoirs, jusqu’à la rubrique des faits divers dans les journaux quotidiens, où des « publicités rédactionnelles », comme on appelle pudiquement les pubs qui se camouflent en articles rédigés, envahissent la rubrique des faits divers. Continue la lecture

Accident du travail, Nice 1883

Quoi de plus banal qu’un ouvrier qui tombe d’un échafaudage ? Ce genre d’accident est malheureusement très fréquent. Mais ce qui est étonnant et significatif d’une époque est l’âge de la victime du fait divers que rapporte Le Petit Niçois du 9 septembre 1883 :

« Chute. – Vendredi, à 6 heures du matin, le nommé Joseph Rulfo, âgé de 78 ans, maçon, qui était occupé à crépir la cage de l’escalier d’une maison du quartier de Saint-Etienne, a perdu l’équilibre et est tombé du deuxième étage dans le vide.
Il a reçu, dans sa chute, une assez grave blessure à la tête ; on a dû le transporter à l’hôpital. »

Objets trouvés, Nice 1882

On épargnera au lecteur le lieu commun de l’« inventaire à la Prévert » que n’est vraiment pas la liste suivante publiée dans le Petit Niçois du 31 décembre 1882, car elle donne un aperçu très cohérent de ce que les gens transportaient sur eux, bien différent de ce qu’on trouverait aujourd’hui :

« Objets trouvés. – Liste des objets trouvés et déposés au commissariat central de police, du 1er au 31 décembre inclusivement, et non encore réclamés :
Un carnet contenant différentes notes.
Un fichu en soie noire.
Une boîte renfermant une médaille italienne.
Un canif.
Une épingle en or.
Deux parapluies en soie.
Trois camisoles de femme.
Un couvert en argent portant des initiales.
Une tabatière en argent.
Un grand éventail.
Une boucle d’oreille en or.
Trois couvertures de cheval.
Un sac de voyage contenant divers objets.
Trois porte-monnaie.
Une canne première en argent.
Un paquet contenant un canevas pour pantoufles.
Trois mouchoirs blancs.
Un portefeuille contenant différentes notes.
Plusieurs déclarations de chiens trouvés.
Plusieurs clés.
Une ombrelle en soie paquet de bonbons.
Une montre en or. »

Une remarque s’impose d’ailleurs : la plupart de ces objets dénotent le fait d’avoir été perdus par des personnes plutôt aisées, voire bourgeoises ; les pauvres quant à eux n’ont rien à perdre.