Des boulistes envahissants, Nice 1885

Le 29 juin 1885 le Petit Niçois fulmine contre les joueurs de boules. En effet ce jeu, qui, à Nice, se pratique volontiers « à la longue », se cherche des terrains, qu’il trouve parfois jusque sur les berges du Paillon ; il se plaît à Riquier, un quartier en train de se bâtir à l’est de Nice, ou les espaces vacants sont encore nombreux. On notera que l’acharnement des joueurs de boules niçois n’a rien à envier à celui de leurs confrères marseillais. Mais où sont les joueurs de paume qu’annonçait le titre ?

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Deux accidents, Nice 1885

Deux articles qui se suivent dans Le Petit Niçois du 25 juin 1885 et racontent chacun la même chose : une femme est tombée d’une voiture. Mais dans un cas le journaliste y va de sa leçon de morale car il s’agit d’une femme sans doute indépendante qui a la possibilité de boire seule ; une expression est d’ailleurs à noter :  » son liquide favori « , alors que pour un homme on aurait probablement précisé la nature du breuvage, cognac ou autre. Le récit du deuxième accident est bien différent, alors qu’il relate un événement identique ; toute possibilité d’une responsabilité quelconque de la femme est écartée et elle est réduite à la passivité d’un objet.

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Négligences, Alpes-Maritimes 1885

Les accidents survenant à de petits enfants composent une rubrique régulière et presque quotidienne du journal. Force est de constater qu’en ce temps-là les parents se comportent avec une certaine désinvolture. En témoignent deux articles parus le 17 et le 18 juin 1885 dans Le Petit Niçois.

« Un enfant écrasé. — Un accident malheureux est arrivé hier dans l’avenue Pauliani, près de la place d’Armes. Un enfant de quinze mois environ que ses parents laissaient jouer tout seul au milieu du chemin, a été renversé par une charrette dont une des roues lui a passé sur le bras. On pense que le lourd chariot à brisé facilement le bras délicat du pauvre petit. Il a été transporté à la pharmacie Faraut où les premiers :oins lui ont été donnés.
L’état du petit blessé est grave ; nous souhaitons qu’on puisse le sauver.
Nous voudrions que ce déplorable accident servît au moins d’exemple aux parents imprudents qui laissent leurs enfants sans surveillance dans les rues. »

« GRASSE
Un terrible accident, dû encore à l’imprudence des parents, est arrivé à Grasse.
La dame Pastorelli, dont le mari, boucher est absent pour les besoins de son commerce, après avoir habillé son enfant, âgé de 26 mois, avait allumé le feu pour préparer le café, puis était descendue au rez-de-chaussée pour ouvrir le magasin et prendre un peu de lait. Lorsqu’elle rentra dans son appartement au bout de quelques minutes, un spectacle épouvantable s’offrit à ses yeux. Son enfant gisait à terre, entouré de flammes et se tordant dans d’horribles souffrances. Le pauvre petit, pendant l’absence si courte de sa mère, s’était approché du feu; un charbon, une étincelle l’a sans doute atteint et a mis le feu à ses légers vêtements. La mère, étreignant son enfant, réussit à éteindre les flammes; mais il était trop tard ! Le corps du petit être est couvert d’affreuses brûlures qui font craindre un dénouement fatal. La famille est dans le désespoir. »

Mœurs conjugales, Alpes-Maritimes 1885

Pas toujours facile d’être marié en ce temps-là. Deux articles du Petit Niçois parus coup sur coup le 15 et le 16 juin 1885 montrent comment il est dur d’évoluer entre violences domestiques et rigueur des lois. Le premier se déroule à Nice, tandis que le second évoque le proche « arrière-pays ».

« Entre beau-père et gendre. — Un drame de famille s’est passé hier soir dans une maison des environs de la rue Centrale.
Durant le dîner, une discussion survint entre le mari et la femme. Des paroles fort vives furent échangées, et le mari, un nommé Toussaint, irrité, donna un soufflet à sa moitié.
Le père de celle-ci, qui se trouvait là, prit parti pour sa fille, et la dispute s’éleva alors entre les deux hommes. Le beau-père, qui est fort et robuste, s’arma d’un lourd bâton et en assena un coup violent sur la tête de son gendre qui tomba baigné dans son sang.
La blessure de Toussaint est grave : il a été transporté à l’hôpital où tous les soins nécessaires lui sont donnés. »

« Adultère. — On a amené hier, à 1 heure, à la prison de Nice an couple qui a été arrêté à Roquebillière en flagrant délit d’adultère. L’homme s’appelle Cornillon et la femme Otto. Ils comparaîtront sous peu devant notre Tribunal. »

Relâche

Au 18e siècle Nice  à été épargnée  par la peste.

Au 19e elle a résisté au choléra .

Au 21e ce modeste blog est victime

Une mauvaise farce, Nice 1885

Comment expliquer le geste absurde que rapporte Le Petit Niçois du 10 juin 1885? Est-ce que la qualité de courtisane de son auteur l’affranchit de toutes les règles? L’alcool, que l’article n’évoque pas, contribue-t-il à la libérer de toute inhibition?

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Pénurie, Alpes-Maritimes 1885

On nous annonce de possibles pénuries d’électricité l’hiver prochain. Au XIXe siècle sévissent déjà des pénuries, bien plus modestes certes, mais tout aussi pénibles, comme le raconte Le Petit Niçois du 4 juin 1885 :

«                       SOSPEL
On nous écrit de Sospel :
Un fait singulier est arrivé à Sospel.
Il y a quelques jours, on a fait le tour de la ville et on est resté plus de 3 heures sans pouvoir trouver des allumettes.
Débitants de tabacs, épiciers, tout le monde en était dépourvu.
Ce fait a eu ses conséquences : Bichette est morte parce que faute d’allumettes on n’a pu lui faire à temps l’infusion qui pouvait la sauver.
Pauvre chienne, va ! »

Des sauveteurs pas très malins, Alpes-Maritimes 1885

Le Petit Niçois du 29 mai 1885 raconte l’ingénieuse tentative de sauvetage d’un malheureux en train de se noyer :

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Les institutrices mariées n’ont pas à le cacher, 1885

Un article paru le 26 mai 1885 dans Le Petit Niçois qui ne concerne pas une réalité spécifiquement niçoise, mais qui peut être lourd de signification sur les mentalités de la fin du XIXe siècle : Continue la lecture

Trois suicides, Alpes-Maritimes 1885

Avec plus de 5000 suicides annuels, la France des années 1880 connaît pour ce triste phénomène un taux de fréquence tout à fait comparable aux 9000 suicides annuels de la France contemporaine. Mais, alors que les médias actuels font à peine allusion quand un train est retardé parce qu’il a écrasé un malheureux, les quotidiens de la fin du XIXe siècle détaillent chaque suicide avec un luxe de détails. Le Petit Niçois du 22 mai 1885 raconte ainsi par le menu comment trois de ces tragédies se sont déroulées :

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