Accident du travail, Nice 1883

Quoi de plus banal qu’un ouvrier qui tombe d’un échafaudage ? Ce genre d’accident est malheureusement très fréquent. Mais ce qui est étonnant et significatif d’une époque est l’âge de la victime du fait divers que rapporte Le Petit Niçois du 9 septembre 1883 :

« Chute. – Vendredi, à 6 heures du matin, le nommé Joseph Rulfo, âgé de 78 ans, maçon, qui était occupé à crépir la cage de l’escalier d’une maison du quartier de Saint-Etienne, a perdu l’équilibre et est tombé du deuxième étage dans le vide.
Il a reçu, dans sa chute, une assez grave blessure à la tête ; on a dû le transporter à l’hôpital. »

Deux enragés, Nice 1883

Deux articles qui se suivent dans le Petit Niçois du 30 août 1883. Est-ce le fruit du hasard ou de l’humour d’un maquettiste facétieux ? On ne saurait le dire, mais ils évoquent tous les deux des cas de rage, le premier au figuré, le second au sens propre car l’hydrophobie est l’ancien nom de cette maladie contre laquelle Pasteur créera son vaccin deux ans plus tard.

« Un mendiant ivrogne. — Hier matin, un chiffonnier nommé Simon Jérôme, causait un véritable scandale dans la rue Colona d’Istria. Cet homme, ivre, était à moitié nu, et entrait de porte en porte pour demander l’aumône. L’agent de police Seylier vint pour l’arrêter, mais le chiffonnier se révolta, prit la chaîne et la montre de l’agent qu’il brisa et chercha à fuir.
Quelques personnes aidèrent l’agent à contenir ce furieux. Un autre agent de police étant survenu, on se mit en devoir de conduire l’ivrogne au violon. Pendant le trajet, Simon Jérôme, repris d’une furie de résistance, se jeta sur l’agent Roussel, le mordit à la main droite, lui déchira le gilet et chercha à briser sa montre comme il l’avait fait de celle de son camarade.
On eut toutes les peines du monde à coffrer cet individu, mais enfin on y parvint »

« Un chien abattu. — Hier matin, à 10 heures, un chien qui errait aux environs de ia Gare donnait quelques signes d’hydrophobie. Par précaution on appela des ouvriers qui travaillaient dans la cour de la Gare, qui eurent bientôt fait d’abattre la bête menaçante. »

On peut se poser des questions sur la façon dont le chien a été abattu, car ces ouvriers qu’on mobilise en plein travail n’avaient sûrement pas d’armes : on imagine l’acharnement des pelles et des pioches sur l’animal.

Débuts automobiles, Alpes-Maritimes 1883

Bien avant que le moteur à explosion ne multiplie les automobiles, des engins à vapeur parcourent les routes, comme on peut le lire dans Le Petit Niçois du 6 juillet 1883 et ne mettent que dix heures pour franchir la vingtaine de kilomètres qui séparent Menton de Sospel :

« Locomotives routières – Le service des fortifications a affecté deux locomotives routières aux travaux des forteresses en cours de construction sur la frontière. L’une de ces machines fonctionne entre Menton Sospel et vice versa, l’autre entre Sospel et le fort Barbonnet.
La locomotive faisant le trajet de Sospel à 1a station dn chemin de fer, y prend des plaques de blindage qn’on charge sur un vagonet [sic] jusqu’à concurrence de 26.000 kilogr. et que remorque la machine à vapeur.
La distance entre Sospel et Menton est franchie à vide en 10 heures et en 12 heures entre Menton et Sospel, les pentes de la route étant extrêmement raides et les lacets nombreux et à très courts rayons. »

On peut voir sur YouTube certains de ces engins circuler, restaurés par des passionnés aux USA :

Le revolver du couvent, Nice 1883

Ces religieuses niçoises ont trouvé un moyen radical mais bien peu canonique de dissuader d’éventuels cambrioleurs de s’en prendre à leurs biens, c’est ce que relate Le Petit Niçois dans un article du 29 août 1883 :

« Le revolver du Couvent — Le Phare du Littoral publiait, hier matin, sous ce titre, une lettre de M. A. Togna, dans laquelle le signataire proteste contre des coups de revolver qui sont tirés, presque chaque soir, dans le jardin de la maison mi-hôtel et mi-couvent des dames Augustines, rue Notre-Dame. Il paraît que la supérieure, interrogée à ce sujet, a répondu que l’on veut ainsi prévenir les voleurs que la maison est bien gardée.
Dimanche dernier, raconte M. A. Togna, vers dix heures du soir, une balle de revolver gros calibre, partie du couvent, traversait la persienne d’une fenêtre située au troisième étage de la maison Lambert, brisait la vitre, perçait les rideaux et venait se loger dans la muraille de l’alcôve, à cinquante centimètres au-dessus du lit, effrayant fort le locataire.
On voit que si bon ordre n’est mis à cela, les bonnes sœurs effrayeront tant les voleurs, qu’elles finiront par causer quelque grave accident.
Mais nous espérons qu’une mesure sera prise pour faire cesser ce jeu. En attendant, la police a ouvert, sur ce fait, une enquête dont les résultats ne tarderont pas à nous être connus. »

Mort d’un cheval, Alpes-Maritimes 1883

Dans les nombreux accidents de voiture, les animaux qui servent à la traction sont souvent les victimes, on l’a vu par exemple avec « Un accident de voiture en 1883, Alpes-Maritimes ». Le Petit Niçois du mercredi 22 août 1883 relate encore la triste fin d’un cheval de trait : Continue la lecture

Le trouble-fête est un âne, Alpes-Maritimes 1883

Une scène de rodéo où un brave gendarme maîtrise le trublion qui manque d’empêcher un bal populaire dans un petit village montagnard au-dessus de Nice, c’est ce que raconte un article paru le 20 août 1883 dans le Petit Niçois : Continue la lecture

Un accident de voiture en 1883, Alpes-Maritimes

Le 31 juillet 1883, les lecteurs du Petit Niçois peuvent lire le récit d’un accident qu’on aurait certainement pu éviter :

« Un grave accident est arrivé hier sur la route de Nice à Monaco.
M. Charles Kellermann et Mme C. A. avaient pris à Monaco la voiture n° 43 pour venir à Nice. Arrivés près de la gare de la Turbie, ils rencontrèrent une autre voiture qui suivait la même direction. Comme cela arrive trop souvent, les deux conducteurs cherchaient à se dépasser et une sorte de course s’engagea. Ce jeu devait avoir une triste issue !
Les chevaux de la voiture où se trouvaient M: Kellermann et Mme C. A. s’emballèrent et vinrent se jeter sur le parapet du pont Saint-Laurent.
Un des chevaux fut précipité au fond de l’escarpement ; il s’est tué sur le coup. L’autre cheval a été retenu par le parapet, mais le choc a été si violent qu’il a une épaule enfoncée.
Le cocher a été blessé assez gravement à la jambe. Quant aux deux voyageurs, ils en ont été quittes pour la peur. La voiture est en pièces.
Ce que nous ne devons pas passer sous silence, c’est la conduite blâmable du conducteur de l’autre voiture, lequel a continué sa route vers Nice, sans donner aucun secours aux malheureuses victimes de cet accident. M. Kellermann et sa compagne ont dû regagner Monaco à pied. »

La Turbie sur une carte postale ancienne.

Un étrange visiteur, Nice 1883

Un article paru dans Le Petit Niçois du mardi 17 juillet 1883 nous rappelle qu’en ce temps-là les bouchers abattent eux-mêmes les bêtes dont ils proposent des morceaux à leurs clients. Ils continuent ainsi la tradition déjà vue au XVIIIe siècle dans « Un ancêtre, Pierre Alles,1750-1811 ». Cet article montre aussi que, sous le nom de bœuf, c’est bien cet animal qui est vendu et non pas de la vieille vache laitière. De plus rencontrer un bœuf échappé dans la rue n’est pas un phénomène si rare, puisque on l’a déjà raconté dans « Un bœuf sur le trottoir ». Enfin, on est en été et les portes sont partout laissées ouvertes, ce qui explique la facilité avec laquelle le bovin entre dans les différents commerces. Continue la lecture

Un miracle, Nice 1883

Le Petit Niçois se proclame républicain. Il s’ensuit qu’il est aussi antichrétien et participe à la propagande antireligieuse de la fin du XIXe siècle, mais en employant un ton modéré et en se moquant plutôt qu’en attaquant. On l’a vu dans l’article sur « La panique du Jésus ». Aussi ne manque-t-il pas l’occasion de ridiculiser ces femmes qui reviennent d’un pélerinage à Notre-Dame de Laghet dans un article du 10 juillet 1883 ; ce pélerinage – nous le savons de source directe et familiale – était l’occasion d’une promenade estivale à quatorze kilomètres de Nice et d’un pique-nique : Continue la lecture

Un troisième téléphone à Nice en 1883

On n’arrête pas le progrès : en 1876 Alexander Graham Bell dépose le brevet qui crée officiellement le téléphone ; en 1879 l’invention se répand en France ; et le jeudi 14 juin 1883 Le Petit Niçois nous apprend qu’une entreprise de la ville vient de se doter de ce système, qui serait le troisième à Nice. À noter qu’il s’agit encore de liaisons point à point et que, d’un poste d’appel, on ne peut joindre que le seul correspondant auquel le câble vous relie.

« Téléphones. – Un troisième téléphone a été établi hier à. Nice.
C’est la Société générale de transports qui l’a fait établir pour mettre en communication ses bureaux de la rue Gubernatis avec ses remises situées au quartier Riquier.
On sait qu’il existait déjà deux téléphones dans notre ville : l’un entre la Caisse de Crédit et la Villa de M. Sicard à Saint-Jean ; l’autre entre le Théâtre Français et le café de la Maison Dorée. »