Il s’endort en conduisant, Alpes-Maritimes 1884

Le Petit Niçois du mercredi 13 février 1884 rapporte un accident peu banal :

« Accidents. — Un très grave accident s’est produit lundi soir sur la route du Var.
M. Robert, commissaire de police du 4me arrondissement, était prévenu le soir vers 5 heures, par un garde-champêtre, qu’un cadavre gisait au milieu de la route du Var. Le docteur Guillabert, immédiatement mandé, se rendit sur les lieux avec M. Robert pour procéder aux constatations médico-légales.
L’identité du cadavre fut bientôt établie. C’est le nommé Pietro Bona, âgé d’environ 40 ans, sujet italien, au service de M. Honoré Teisseire, fabricant à La Colle, canton de Vence. déplacer
On eut bientôt la preuve que Bona avait été victime d’une imprudence. Quelques instants auparavant il avait été vu sur la route assis sur la charrette qu’il avait l’habitude de conduire. Il se laissait aller à la somnolence. Il s’était sans doute endormi et était tombé de son véhicule. Une des roues lui a passé sur le corps au- dessus des reins, broyé les côtes et la colonne vertébrale.
Le cheval qui traînait la charrette, connaissant parfaitement son chemin, a continué sa marche et il est rentré tout seul à la Colle.
Après les constatations d’usage, le cadavre a été transporté à la Morgue. »

La Colle-sur-Loup

Encore des pubs, Nice 1884

Tout au long du mois de janvier 1884, Le Petit Niçois publie sur sa quatrième et dernière page des publicités pour un magasin de confection – on ne disait pas encore prêt à porter – à succursales multiples, La Belle Jardinière, dont la première boutique avait ouvert à Paris en 1824 et dont les dernières ont fermé au début des années 1970.

Continue la lecture

En ballon au-dessus de Nice en 1884

Sans doute à l’occasion de l’exposition universelle qui se tient alors à Nice et pas très loin de celle-ci puisque les départs ont lieu boulevard Gambetta, des ascensions en ballon dirigeable sont proposées à un public friand d’émotions. Sous le titre « Impressions de voyage » un journaliste raconte dans Le Petit Niçois du jeudi 24 janvier 1884 ce qu’il a vu une fois monté à 250 m au-dessus de la ville. La vue grandiose de Nice entre les Alpes et la Méditerranée ne l’a pas empêché d’ailleurs de remarquer sa jolie voisine de nacelle.

« EN BALLON
IMPRESSIONS de VOYAGE
Voilà quarante-huit heures à peine que le ballon captif de MM. E. Godard et Cie est installé dans l’enclos du boulevard Gambetta, et déjà le succès de l’entreprise ne fait plus de doute pour personne. Le ballon a-t-il à peine entrepris sa première ascension qu’une deuxième fournée de voyageurs est prête pour en opérer la deuxième et ainsi de suite, et les personnes qui ont monté une première fois ont un plus grand
désir encore d’accomplir un deuxième voyage. C’est qu’en effet rien n’est pins merveilleux que le ravissant spectacle qui s’offre an voyageur dès qu’il arrive à l’altitude de deux cent cinquante mètres. J’ai eu le plaisir de jouir de ce beau panorama et je me fais un devoir d’en faire part aux lecteurs du Petit Niçois.
Or donc, hier à deux heures et demie, M, Eugène Godard m’offrit fort gracieusement de faire partie du premier voyage, j’acceptai. J’avais pour compagnons de route six étrangers, dont une dame jeune et charmante et mes confrères H. Béon, administrateur du journal l’Exposition internationale de Nice et Albert Leroy, directeur du Monde Elégant.
L’ascension se faisait sous la direction de M. Louis Godard neveu, jeune aéronaute aussi intelligent que sympathique. Lorsque tous les préparatifs furent faits, M. Louis Godard donna le signal du dé¬part et nous nous élevâmes aussitôt dans les airs.
L’ascension se fit au son de la musique, sans la moindre secousse et si ce n’était le rapetissement graduel des objets, on ne s’apercevrait pas qu’on s’élève. Peu à peu, le panorama de la ville de Nice tout entière, avec ses rues, ses magnifiques boulevards, ses jardins d’une luxuriante végétation nous apparaît dans son ensemble. A mesure que le ballon s’élève, l’horizon s’agrandit ; au premier plan ce sont les mamelons du Château, de Cimiez, de la Mantega, de Gairaut, de Saint-Philippe, qui apparaissent; ensuite le Mont-Boron, le Mont-Gros et Palicon ; plus loiu les Alpes aux cimes couvertes de neige, au nord-ouest, comme un immense mastodonte, le roc de Saint-Jeannet paraît sortir du flanc des Alpes ; au sud l’immense nap¬pe de la Méditerranée reflétant les rayons du soleil.
Si nous regardons perpendiculairement sous nos pieds, le spectacle est étrange. Les maisons ressemblent à ces petits joujoux eu bois que nous livre la Suisse ; la gare à une serre de jardin, la voie ferrée à un ruban d’acier et les Arènes à un petit gâteau de Savoie; les arbres paraissent des brins d’herbe et les hommes des habitants de Lilliput.
Après une station de vingt minutes à une hauteur de 250 mètres, M. Louis Godard donne le signal de départ et la descente commence. Pas plus qu’en montant les voyageurs n’éprouvent la moindre secousse ni le moindre malaise. Cinq minutes après nous touchions le sol et M. Godard nous distribuait une médaille commémorative. Je ne saurais mieux décrire la satisfaction que j’ai éprouvée pendant ce voyage qu’en affirmant que je ferais bientôt une nouvelle ascension et j’engage mes chers lecteurs à suivre mon exemple.
H.-G. BON. »

Une vue aérienne de Nice.

Extorsion de signature, Nice 1884

En ce mois de janvier 1884 la Cour d’Assises de Nice juge une affaire qui rappelle davantage le vaudeville que les crimes habituels devant cette instance. Le Petit Niçois du 9 janvier en donne un récir complet :

Continue la lecture

Une image en première page, Nice 1884

Pour la première fois de son histoire, qui a commencé en 1881, Le Petit Niçois paraît, le mardi 8 janvier 1884, avec une image en première page. Jusqu’alors les seules illustrations qu’on trouvait dans le quotidien étaient, sur la quatrième et dernière page, celle des publicités présentant des vêtements masculins à la mode. Il faut dire que l’événement est de taille : on vient d’inaugurer « l’Exposition internationale, agricole, industrielle, et artistique » de Nice. Continue la lecture

Vol à l’américaine, Alpes-Maritimes 1884

Il s’avère que le « vol à l’américaine » raconté dans cet article du Petit Niçois le 6 janvier 1884 rappelle davantage Rabelais qu’Al Capone : Continue la lecture

Accident de chasse, Grasse 1883

On peut lire dans Le Petit Niçois du 24 décembre 1883 le récit d’une partie de chasse qui est un défi à toutes les règles de prudence :

« GRASSE
Accident de chasse. – Un accident de chasse dont, fort heureusement, les suites ont été des plus anodines, est arrivé jeudi, dans l’après-midi, dans la forêt de M. de Pontevès, au-dessus de Magagnosc, raconte le Commerce. Deux de nos concitoyens allaient faire l’affût du soir aux grives lorsque, arrivés à un point abrupt delà forêt, ils virent dans un buisson s’agiter quelque chose qui leur parut une grive. L’un d’eux tira : qu’on juge de son émotion quand un cri humain répondit à son coup de feu. C’était une femme de Magagnosc, la nommée Honorine Anne, épouse Hugues, que le buisson dissimulait complétement et qui de son côté n’avait pas aperçu les chasseurs. Elle a reçu de profil dans le visage quelques grains de menu plomb qui provoquèrent une hémorragie assez abondante tout en ne faisant que des blessures heureusement insignifiantes. L’auteur involontaire de cet accident aidé de son compagnon aussi ému que lui, s’empressa de prodiguer ses soins à la victime : il la conduisit chez elle, tandis que l’autre chasseur venait en tou¬te hâte à Grasse chercher un médecin. Ainsi que nous l’avons dit, les blessures de la femme Hugues sont sans gravité. »

Magagnosc sur une carte postale de 1924.

Tir manqué, mais suicide réussi, Cannes 1883

Les lecteurs du Petit Niçois ont dû réfléchir à la fatalité en découvrant cet article dans leur journal du 17 décembre 1883 : Continue la lecture

Des pubs, Nice 1883

En 1883 la publicité est déjà envahissante et investit tout espace disponible : affiches sur les murs, hommes-sandwiches sur les trottoirs, jusqu’à la rubrique des faits divers dans les journaux quotidiens, où des « publicités rédactionnelles », comme on appelle pudiquement les pubs qui se camouflent en articles rédigés, envahissent la rubrique des faits divers. Continue la lecture

Erreur de train, Monaco 1883

Dans le Petit Niçois du 8 décembre 1883 on découvre que tout le monde n’est pas encore familier avec les voyages en train : Continue la lecture